Aller au contenu. | Aller à la navigation

Outils personnels

Abbaye de Tamié

La vie à Tamié au 18ème siècle

Archives de l'abbaye de Casamari
armoiries de tamié
Cisterciens réformés de Tamié en Savoie


Documents sur les monastères de La Trappe
Extraits des Archives de l'Abbaye de Casamari
Chapitre 7 concernant Tamié


Dans ce monastère on garde le silence comme il est prescrit par la Règle de saint Benoît. Les moines ne peuvent parler qu'à l'abbé ou au prieur, les convers avec le cellérier et sous-cellérier, les novices avec leur maître. Ils communiquent entre eux par signes.


Choeur - On passe au choeur le tiers des 24 heures de la journée et davantage aux jours de fêtes. La psalmodie est grave à matines, prime, none et complies. On emploie le plain-chant [grégorien]
tous les jours à sexte, à la messe conventuelle, à vêpres et au Salve après complies. On récite toujours au choeur l'office de la Sainte Vierge, ainsi que l'office des morts aux jours de férie. On dit les sept psaumes [de la pénitence] à la sépulture des religieux et tous les vendredis de carême non empêchés par quelque fête.

Sommeil - Nous nous levons à 2 heures pour l'office de la nuit et une heure plus tôt aux fêtes solennelles. L'office de la nuit dure deux heures et demie. L'oraison dure un peu moins d'une demi-heure, soit la nuit, soit le jour pour se conformer au mot de saint Benoît : in conventu brevetur orata. On laisse à ceux qui ont reçu le don d'oraison de suivre leur attrait à l'église ou dans leur cellule.

Communion - On chante la messe conventuelle tous les jours, et tous les dimanches les religieux de choeur et les convers font la sainte communion qu'ils peuvent faire plusieurs fois s'ils en ont l'attrait et la permission qu'on ne refuse jamais aux dispositions dues.

Travail - Quand ce n'est pas le temps des messes et il n'y a pas d'autre travail à la campagne, comme défoncer des terrains, ramasser des fruits, on travaille une heure et demie le matin et autant le soir. Ce travail consiste à laver ses vêtements, balayer ou remplir son emploi de sacristain, cellérier, réfectorier, infirmier. En hiver nous nous occupons à fendre le bois, ouvrir des sentiers au milieu de la neige, etc. et toutes les occupations que présente le détail d'une famille. Dans le temps des récoltes on continue le travail de l'après-midi pendant trois heures interrompues par un quart d'heure de lecture spirituelle.

Conférence - Tous les dimanches il y a conférence pour les religieux de choeur avec la faculté à chacun d'exposer ses réflexions alternativement. Pour les convers, oblats et familiers, il y a l'instruction ou catéchisme qui est fait à l'église par un religieux.

Nourriture - Outre le pain et le vin, nous  avons toute l'année, excepté le vendredi saint, la soupe de légumes ou d'herbes et deux portions également de légumes ou herbes ou racines, des oeufs, rarement du poisson, le tout assaisonné au beurre. Après pâques on a au souper deux portions d'herbe, de légumes ou de racines. Le poisson n'est jamais permis le soir. On continue le souper après la pentecôte jusqu'au 14 septembre excepté le mercredi et le vendredi pendant lesquels on fait collation avec du fromage et des fruits et l'on continue ainsi jusqu'à la quinquagésime [dimanche avant le mercredi des cendres]. Depuis la quinquagésime jusqu'à Pâques on ne donne le soir qu'un petit morceau de pain et une tasse de vin. Les dimanches depuis le 14 septembre jusqu'à la quinquagésime nous avons une salade avec une omelette. En carême il y a abstinence d'oeufs et de fromage, par conséquent le soir on donne la salade avec quelques racines ou fruits. On ne sert la viande qu'en cas de maladie.
On ne jeûne au pain et à l'eau que le vendredi saint. En ce jour on célèbre les offices pieds nus, comme le jour des cendres, mais on ne récite pas le psautier qui n'est prescrit ni par la Règle ni par nos constitutions.

Vêtements - Les souliers, les bas d'étoffe, des caleçons en laine en hiver et en toile en été, une chemise de laine, le scapulaire noir, la coule, le tout en drap ordinaire et tanné pour les convers qui au lieu de la coule portent le manteau ou la chape, voilà les vêtements religieux.