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Abbaye de Tamié

La réforme liturgique à Tamié

Introduction à l'étude de dom Victor

Vingt ans après le Concile Vatican II
ou vingt années de vie liturgique à Tamié (1965-1985)

Par dom Victor Bourdeau

Le Concile demandait la rénovation de la Liturgie. A Tamié la réforme se mit progressivement en place avec la participation active de Frères compétents et l'acceptation de l'ensemble de la communauté consultée régulièrement sur le sujet.


Voici les principales étapes

19 décembre 1964 :
Première concélébration avec Mgr de Bazelaire et préparée par P. Michel-Jean, prédicateur de la retraite. Elle se célèbre dans la cadre du réfectoire transformé en chapelle provisoire tant que duraient les travaux à l’église. Je suis [Père Victor] alors à Rome pour ma dernière année pour mes études. J’ai timidement commencé de communier à la messe conventuelle avant de partir, en août 1964. Lorsque je reviens en juillet 1965 je trouve l’église transformée et la concélébration devenue quotidienne depuis plus d’un mois. A partir de ce moment, la liturgie n’a cessé d’évoluer. Le fixisme qui avait duré des siècles était définitivement rompu et surtout la liturgie devenait vraiment l’expression de la prière de chaque communauté.

Durant l’année 1965 :
La Règle est lue en français au réfectoire ;
Le Psautier du Vendredi Saint est récité en français ;
En juin, on introduit des chants en français pour le Salut du St Sacrement ;
Un nouveau martyrologe est composé en français ;
14 nov. le psaume de communion est en français avec les premiers tons de P. Aelred (1A+1B) ;
30 nov. on supprime l’office de Prime, ce qui permet de dissocier les Laudes des Vigiles et de chanter les Laudes ;
On supprime le port de la coule au réfectoire et la tonsure en forme de couronne ;
Des enquêtes sont organisées auprès des monastères en juillet 1965 et janvier 1966, en particulier à propos des évolutions et des attentes dans la liturgie.

Le Concile demandait dans le Décret sur la Rénovation et l’Adaptation de la Vie Religieuse (Perfectae caritatis) promulgué par Paul VI le 28 octobre 1965 :
« Une rénovation efficace et une juste adaptation ne peuvent s’obtenir qu’avec le concours de tous les membres de l’institut… Les Supérieurs devront, dans les questions qui intéressent tout l’Institut, consulter les membres de manière appropriée et entendre leur avis. » n° 4.
Un questionnaire fut envoyé à toutes les moniales et tous les moines de l'Ordre. Sur le plan de la liturgie, les réponses font ressortir le désir d’une liturgie qui soit une prière vraie.

Année 1966 :

Prières de la table en français ;
Constitution d’une commission de liturgie ;
Création d’un Office du matin de Pâques entièrement en français et avec une structure très particulière ; on le conservera inchangé durant des années. L’Ordo prévoyait en effet que les prêtres qui avaient participé à la Vigile pascale étaient dispensés de l’Office de Vigiles et de Laudes. Cette absence d’office le matin de Pâques avait été ressenti comme un manque. Nous avions donc toute liberté d’organiser une Prière de communauté et ce fut notre premier Office entièrement composé par nous avec les premières mélodies de P. Aelred et l’antienne : Alléluia, le Seigneur aujourd’hui est vainqueur de la mort, alléluia !
230 livrets jaunes sont polycopiés à l’alcool pour les célébrations de la Semaine Sainte ;
Fin juin : Congrès de liturgie monastique à Taizé : j’y participe avec P. Anthelme;
En juillet nous recevons des suppléments latins pour nos bréviaires !
L’accueil à Tamié augmente et devient important : 15/20 retraitants par jour.

Année 1967 :
Lectures de vigiles en français à partir de février ;
15 août : on utilise le français aux Vêpres après le capitule ;
On s’initie à la psalmodie en français avec Mlle Goumard

Année 1968 :
Canon de la messe en français à partir de janvier. Je serai ordonné le 24 août.
Après l’indult du 14 déc. 1967, 20 monastères, dont Tamié, sont désignés dans l’Ordre pour expérimenter les nouveaux schémas de répartition des psaumes. Un premier test est tenté avec l’office de Complies que l’on chante en français à la mi-janvier avant de prendre un vote le 3 mars. Le résultat du vote donne pour 24 bulletins rendus 18 favorables à l’expérience, 5 non et 1 nul. Un comité restreint composé de P. Aelred, P. Jean-Marie et F. Victor se consacre toute l’année à ce nouveau chantier. Il faut composer des antiennes que P. Aelred met en musique. Je suis plutôt chargé de copier les stencils et P. Jean-Marie devient expert pour les tirages à l’alcool. La mise en place du schéma B (Psautier réparti sur deux semaines) est achevée le 28 oct. 1968. A la question posée en communauté le 23 juin alors que les Laudes ne sont pas encore en français : Êtes-vous satisfaits ? : 20 oui 0 non
Montage audiovisuel à St-Lambert = environ 4 000 visiteurs

Année 1969 :
En janvier, premier disque enregistré et édité par le sudio SM en 45 tours ;
Mai 69 à juin 73 : absence de P. Aelred.

Année 1970 :
L’accueil à l’hôtellerie s’ouvre à la mixité.

Année 1971 :
Refonte de l’Office, en particulier les Vigiles ;
A l’Épiphanie on chante le premier Tropaire Ville au sommet des montagnes ;
Premier Ordo stamédien ;
Feuilles pour les messes du dimanche ;
Évangile lu aux premières vêpres du dimanche.

Année 1972 :
Refonte des Laudes ;
Introduction de la cithare ;
Assemblée de 400 personnes pour Noël puis certains dimanches d’été.

Année 1973 :
On nous demande d’expérimenter la nouvelle traduction PLO des Psaumes. Nous n’acceptons que pour les Petites Heures afin de ne pas fatiguer la communauté avec du provisoire.

Année 1974 :
Mention des bouquets de Fr. Didier ;
Cassette Joie sur mes lèvres. Nous vendons 5 000 ex. du livret ;
Centenaire de St Pierre de Tarentaise et Office entièrement composé par la communauté : plus de 10 frères y participent pour trouver des lectures, écrire des antiennes, deux hymnes, un tropaire…

Année 1976 :
Disque de Tropaires : Amour qui nous attend, 15 000 exemplaires du disque et 18.500 de la cassette.

Année 1978 :
Il y a dix ans que nous utilisons le Psautier de la Bible de Jérusalem.
Le nouveau Psautier liturgique version oecuménique vient le remplacer et nécessite de nouvelles adaptations.