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Abbaye de Tamié

Homélie - 27ème dimanche

Par Frère Marco

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Homélie pour le 27ème dimanche ordinaire

Ha 1, 2-3 ; 2, 2-3 - 2 Tm 1, 6-8 ; 13-14 - Luc 17, 5-10


Le thème qui traverse et unifie la liturgie de la Parole de ce dimanche est celui de la Foi.
La première lecture tirée du prophète Habacuc, nous l'avons entendue s'est terminée par ce cri d'espérance repris par la lettre aux Hébreux : « Le juste à cause de sa Foi vivra" (Hé 2, 4).
Dans la seconde lecture, saint Paul invite son disciple bien-aimé Timothée à témoigner de sa foi en Jésus Christ.
Enfin dans l'évangile les apôtres demandent à Jésus : « Seigneur augmente en nous la Foi !"
À cette demande nous avons entendu Jésus répondre : « Si vous en aviez gros comme une graine de moutarde, vous direz au grand arbre que voici : "Déracine-toi et va te planter dans la mer", il vous obéirait » (v. 6).
L'évangile se termine sur la parabole du serviteur. « Quand vous aurez fait tout ce que Dieu vous a commandé, dites-vous : "Nous sommes des serviteurs inutiles, nous n'avons fait que notre devoir". »
 
Essayons de comprendre.
Le thème de la foi est donc le thème qui parcourt les trois lectures de la messe de ce dimanche.
La Foi… Mais au juste, qu'est-ce que la Foi?
Sommes-nous certains d'avoir la foi en Dieu et en son Fils, Jésus Christ ?
Oui, nous sommes évidemment croyants !
Si nous n'étions pas croyants, nous ne serions pas ici ce matin, en train de célébrer l'Eucharistie.
Mais "être croyant" signifie avoir des croyances ; et le fait de « posséder des croyances » n'est pas la même chose que "d'avoir la foi".
Alors qu'est-ce que la Foi?
 
Je vais vous raconter une histoire, l'histoire d'Alexandre. C’est un jeune garçon d'une dizaine d'années qui habite Lyon. Cet été il a pris l'avion à St-Exupéry pour se rendre auprès de ses grands -parents qui habitent aux États-Unis. À un certain moment, l'avion se met à tanguer terriblement... Les hôtesses qui se veulent rassurantes, invitent les passagers à mettre leur ceinture de sécurité. Tout le monde s'exécute, mais une certaine panique commence à s'installer...
Seul Alexandre reste imperturbable, il continue à lire une bande dessinée. Une dame assise à côté de lui est très inquiète car l'avion continue de tanguer. La dame de plus en plus paniquée demande au jeune garçon : « Mais tu n'as pas peur ? Peut-être nous allons nous écraser au fond de l'océan... » Et Alexandre de répondre : « Non, Madame, je n'ai pas peur car le pilote de l'avion c'est mon papa ! »
Voilà la foi. Croire en Jésus, c'est se fier à Lui, se confier à Lui, avoir confiance, comme Alexandre qui avait une absolue confiance dans son papa malgré le danger...
 
Dans la Bible un psaume chante cette confiance. « Le Seigneur est mon berger je ne manque de rien. Si je traverse la vallée de la mort, je ne crains aucun mal, car tu es avec moi. » (Ps 22)
 
La foi loin d'être une démission, est une énergie fantastique capable de réaliser ce que l'homme par ses seules forces ne peut réaliser.
Avoir la foi en Jésus Christ c'est avoir confiance en lui, c'est accepter, consentir d'être guidé par lui, portés par lui, souvent sans savoir exactement où il nous conduit. Mais lui sait, comme le papa d'Alexandre, il sait et il peut. Il nous demande de lui faire confiance.
 
« La Foi... Si vous en aviez gros comme une graine de moutarde, vous direz au grand arbre que voici : "Déracine-toi et va te planter dans la mer", il vous obéirait » (v. 6).
 
"Dans la Bible, l'image de l'arbre solidement enraciné en terre signifie la vie ; la mer est toujours symbole de la mort. Ce que veut nous dire Jésus c'est que si nous avions de la foi gros comme la plus petite des graines potagères, nous pourrions faire fleurir la vie au coeur même des situations les plus désespérées." (A. Veilleux)
 
Être chrétien, c'est avoir confiance en Jésus, avoir une relation personnelle avec lui, relation qui se nourrit de la Parole de Dieu, de la prière, d'ailleurs pour moi, pour nous moines c'est la même chose. Toute notre vie n'a de raison d'être que cette relation personnelle avec le Seigneur Jésus, dont le célibat en est le signe le plus visible...
 
Enfin l'évangile se termine par la parabole du serviteur, serviteur inutile.
« Quand vous aurez fait tout ce qui vous était ordonné, dites : "Nous sommes des serviteurs inutiles, nous avons fait seulement ce que nous devions faire". »
"Le caractère inutile du serviteur ne vise pas la nature du service rendu, mais la récompense espérée. Jésus par là bannit toute attitude de revendication et il nous rappelle une dimension essentielle du service, la gratuité. Le disciple qui a fait l'expérience de l'amour gratuit de Dieu, révélé par Jésus et en Jésus le serviteur de tous ne saurait avoir des droits sur Dieu, ou invoquer le service rendu pour réclamer récompense, avantage, privilège... " (A. Grün)
Voilà la leçon essentielle: nous n'avons aucun droit à faire valoir devant Dieu...
Tout est grâce, tout est don.
Thérèse de Lisieux avait bien compris cela, elle qui disait : « Au soir de ma vie je me présenterai devant le Seigneur les mains vides » vide de toutes prétentions, mais lourdes d'une immense Confiance !