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Abbaye de Tamié

Homélie de Père Anthelme

Pour son 80ème anniversaire
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8ème Dimanche ordinaire - 2 mars 2003

80ème anniversaire de Père Anthelme

 



Qu’est-ce que Dieu veut nous dire, maintenant ? Eh bien, qu’il nous aime. Et c’est le seul message que nous avons vraiment besoin d’entendre !

« L’amour de Dieu pour nous, disait saint Bernard est la pensée la plus merveilleuse à savourer, la moins risquée à scruter, la plus utile à exposer » et ajoutons : la plus joyeuse à méditer.

Pour dire qu’il est Amour, Dieu, dans la Bible ramasse comme à pleines mains, tout ce qui aime : * L’amour d’un père (‘Père’, c’est pour Jésus le nom propre de Dieu.)

* L’amour d’un frère, d’un ami : « Je ne vous appelle plus serviteur, mais mes amis, mes frères. »

* Moins visiblement comme celui d’une mère. « Une femme oublie-t-elle l’enfant qu’elle nourrit ? Cesse-t-elle de chérir l’enfant de ses entrailles. Eh bien, même s’il s’en trouvait une pour l’oublier, moi, jamais, je ne t’oublierai ! »

Cependant, on dirait que, par égard pour Marie, Dieu hésite à se déclarer ‘notre mère’, car c’est le nom propre de Marie.

Dieu a inventé tous les amours de la terre comme autant d’échelons pour une compréhension moins incomplète de son amour. Mais à cette échelle-là, il manquera éternellement bien des barreaux !

Dans les lectures de la messe d’aujourd’hui, Dieu présente son amour comme celui d’un amoureux, ou d’une amoureuse, selon le ou la partenaire : Dieu étant Esprit, n’est pas plus masculin que féminin.

Et j’ai entendu dire qu’en Inde, quand on parle de Dieu en tant que transcendant et absolu, on utilise le neutre, quand on le considère dans on aspect relationnel, par rapport à nous, il est ou féminin ou masculin, selon le cas. (Cf. Guy Deleury dans Jésus Caritas, n° 177, janv. 75, p. 53)

Aussi dans le Cantique des cantiques et les Prophètes, Dieu est plutôt masculin, dans les livres de Sagesse, plutôt féminin. Il importe que les deux moitiés de l’humanité se sentent concernées.

Dans l’Évangile de ce dimanche, Jésus présente Dieu et se présente lui-même comme Époux : « Les invités de la noce pourraient-ils jeûner tant que l’Époux est avec eux ? Tant qu’ils ont l’Époux avec eux, ils ne peuvent pas jeûner. Mais un temps viendra où l’Époux leur sera enlevé. »

Trois fois et avec insistance revient le mot Époux. Une parole de Dieu, c’est important ; quand Dieu se répète, c’est très important ; alors, quand trois fois Il se répète, c’est non seulement capital, mais aussi très difficile à admettre.

Notons aussi, comme vous l’avez fait, frères et sœurs, que Jésus nous présente, nous autres, comme les invités de la noce et ailleurs, comme les dix jeunes filles de la parabole. Il ne s’agit pas seulement des garçons d’honneur, des demoiselles d’honneur, mais des candidats aux noces, et Jésus nous dit que c’est nous.

Déjà, dans la première lecture de cette messe, le prophète Osée présentait l’Amour de Dieu pour nous comme l’amour de fiancé(e) (fiancé c’est bien plus pathétique qu’époux !) « Tu seras ma fiancée et ce sera pour toujours ! »

Là encore, en deux lignes, trois fois revient le mot fiancée. « Tu seras ma fiancée. » Cette traduction n’est pas tout à fait exacte, elle évacue une nuance importante de cette parole de Dieu, pour la rendre plus intelligible, on l’appauvrit. Le texte exacte est : « Je te fiancerai à moi ». C’est Dieu qui crée celui, celle dont Il est amoureux et c’est lui qui crée l’Amour. A lui l’initiative ! L’amour divin n’est pas comme le nôtre, il ne dépend pas de son objet. Il le crée et c’est maintenant, à cette messe.

Dieu amoureux : ce n’est pas rêverie de jeune fille sentimentale - ou de vieillard déclinant - mais la parole même de Dieu et le thème central de la Bible.