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Homélie - Marie Mère de Dieu

Par dom Victor

 

Maternité de Marie -1er janvier 2007

Introduction

 Au nom de la communauté j'adresse à chacun en ce début d'année ! Mais avec la liturgie c'est Dieu lui-même qui nous adresse ses voeux. Ce sera la première lecture tirée du Livre des Nombres : Que Dieu vous bénisse ! Que Dieu se penche vers vous et fasse briller sur vous son visage !

Le visage de Dieu est un visage de tendresse et de pardon. Mettons-nous sous ce regard de Dieu et demandons sa bénédiction.

 

Homélie

Nous célébrons aujourd'hui à la fois le Nouvel An, la Maternité de Marie, la Journée mondiale pour la Paix, la Circoncision et l'imposition du nom de Jésus. Le mystère de la Maternité de Marie unit admirablement ces divers aspects.

1 - Par sa maternité, Marie donne un visage humain à la paix de Dieu. Quand on pense à des hommes de paix, spontanément on évoque Gandhi, Martin Luther King, Mandela, ou certains prix Nobel de la paix. Jésus est bien au-dessus de tous les prix de la paix ; il est la paix de Dieu donnée à notre terre. Il est venu rassembler les enfants de Dieu dispersés, les réconcilier avec Dieu et entre eux. En son corps livré il a détruit la haine et il en est mort. Mais son sang répandu est un sang donné pour le pardon et pour la paix. (cf Ep 2,14-16) Ceci est mon corps livré, ceci est mon sang versé pour le pardon de la multitude. Étant mère de Jésus, Marie est mère de la Paix. Elle a enfanté la paix sur notre terre.

2 — A la Croix, la maternité de Marie prend une dimension nouvelle, elle devient mère des disciples de Jésus. Aussi, quand les disciples attendent le don de l'Esprit les Actes des Apôtres précisent qu'ils étaient réunis en prière et que la mère de Jésus était avec eux. Toute mère ne peut que souhaiter et prêcher la paix à ses enfants. Comment une mère pourrait-elle admettre que ses fils s'entretuent ? Sans vouloir donner aux apparitions la même importance qu'à la Parole de Dieu, on ne peut que constater que plusieurs des apparitions mariales se sont produites pour tenter d'éviter des conflits et des bains de sang. Ce fut le cas au Rwanda à Kibeho où Marie, par des visions qui terrifiaient les voyantes, avait mis en garde la population contre ce bain de sang inimaginable que fut 10 ans plus tard le génocide.

3 - Marie et Joseph donnent aujourd'hui à l'enfant le nom de Jésus. Par cet acte, devant la Loi, Joseph est reconnu comme père de cet enfant. Par ce nom donné publiquement, Jésus devient fils du peuple juif, issu de la tribu de David. Pour Marie, sa mère, donner elle-même son nom à l'enfant et l'appeler par ce nom est aussi un moment important de sa maternité. On peut facilement imaginer le premier dialogue qui s'établira entre la mère et l'enfant à partir de ces deux mots «maman» et «Jésus». Lentement Marie va apprendre au Verbe de Dieu à parler le langage des hommes, la langue de son peuple. Jésus ne connaîtra guère que l'araméen ; il saura lire l'hébreu de la Bible mais aura besoin d'interprète, Philippe ou André, quand on s'adresse à lui en parlant grec. Le langage de Jésus, avec les mots appris de sa mère et de son père, lui permet de nous parler du Royaume et de nous révéler qui est le Père. C'est aussi avec ces mots qu'il nous dit avant de mourir. Je vous laisse la paix, je vous donne ma paix. Ce n'est pas comme le monde la donne que je vous la donne...

4. En donnant à l'enfant ce nom de Jésus Marie et Joseph lui indiquent déjà sa mission de salut. Peu à peu Jésus prendra conscience de sa vocation de messie. Il devra chercher comment le Père veut qu'il soit sauveur : Jésus signifie «Dieu sauve ». Doit-il répondre à l'attente du peuple en libérant le pays de l'occupation romaine ? Doit-il accepter d'exercer la royauté ? Ou doit-il être sauveur dans la perspective du serviteur souffrant entrevu par Isaïe ? Les grandes tentations auxquelles Jésus devra s'affronter durant toute sa vie se situent à ce niveau profond de sa vocation, de sa mission et de son nom de Jésus.

Ce nom donné aujourd'hui par Marie et par Joseph sera inscrit en caractères hébreu, grec et latin au sommet de la croix et sera tourné en dérision : qu'il se sauve lui-même et nous avec ! Par la résurrection Dieu l'a souverainement élevé et lui a conféré le Nom qui est au-dessus de tout nom afin qu'au nom de Jésus tout genou fléchisse dans les cieux, sur la terre et sous la terre... ( Ph 2, 9) A Pentecôte, Pierre proclame avec assurance : Quiconque invoque le nom du Seigneur sera sauvé (Act. 2, 21) Il le redira devant le sanhédrin : il n'y a sous le ciel aucun autre nom offert aux hommes qui soit nécessaire à notre salut: (Ac 4, 12) L'apôtre Jacques parlera du beau nom qu'on invoque sur nous (Jc 2, 7) et dans la présentation que nous donne l'Apocalypse de la cité céleste, il est dit : Le trône de Dieu et de l'Agneau sera dans la cité et ses serviteurs lui rendront un culte, ils verront son visage et son nom sera sur leurs fronts. (Ap 22, 3-4)

Que Marie nous aide à découvrir toujours mieux la puissance et la douceur du Nom de Jésus, ce nom qu'elle a donné à son enfant et dont nous avons été marqués au front le jour de notre baptême. Cette onction du Nom nous fortifie, nous instruit de tout, nous dit st Jean (cf. 1 Jn 2, 27). Elle est le gage de notre Salut; elle fait surtout de nous des fils pour le Père en devenant d'abord, comme. Jésus, des fils de Marie.