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Abbaye de Tamié

Homélie - Pâques 2

Frère Marco
croix - arcabas
Dimanche de la Divine Miséricorde
2ème de Pâques

1ère lecture : Le partage dans la communauté des premiers chrétiens (Ac 4, 32-35) Lecture du livre des Actes des Apôtres
La multitude de ceux qui avaient adhéré à la foi avait un seul cœur et une seule âme ; et personne ne se disait propriétaire de ce qu'il possédait, mais on mettait tout en commun. C'est avec une grande force que les Apôtres portaient témoignage de la résurrection du Seigneur Jésus, et la puissance de la grâce était sur eux tous. Aucun d'entre eux n'était dans la misère, car tous ceux qui possédaient des champs ou des maisons les vendaient, et ils en apportaient le prix pour le mettre à la disposition des Apôtres. On en redistribuait une part à chacun des frères au fur et à mesure de ses besoins.

Psaume : Ps 117, 1.4, 16-17, 22-23, 24-25

R/ Éternel est son amour !

Rendez grâce au Seigneur : Il est bon !
Éternel est son amour !
Qu'ils le disent, ceux qui craignent le Seigneur :
Éternel est son amour !

Le bras du Seigneur se lève,
le bras du Seigneur est fort !
Non, je ne mourrai pas, je vivrai,
pour annoncer les actions du Seigneur.

La pierre qu'ont rejetée les bâtisseurs
est devenue la pierre d'angle ;
c'est là l'œuvre du Seigneur,
la merveille devant nos yeux.

Voici le jour que fit le Seigneur,
qu'il soit pour nous jour de fête et de joie !
Donne, Seigneur, donne le salut !
Donne, Seigneur, donne la victoire !

2ème lecture : Celui qui croit est né de Dieu (1 Jn 5, 1-6)
Lecture de la première lettre de saint Jean
Tout homme qui croit que Jésus est le Christ, celui-là est vraiment né de Dieu ; tout homme qui aime le Père aime aussi celui qui est né de lui. Nous reconnaissons que nous aimons les enfants de Dieu lorsque nous aimons Dieu et que nous accomplissons ses commandements. Car l'amour de Dieu, c'est cela : garder ses commandements. Ses commandements ne sont pas un fardeau, puisque tout être qui est né de Dieu est vainqueur du monde. Et ce qui nous a fait vaincre le monde, c'est notre foi. Qui donc est vainqueur du monde ? N'est-ce pas celui qui croit que Jésus est le Fils de Dieu ? C'est lui, Jésus Christ, qui est venu par l'eau et par le sang : pas seulement l'eau, mais l'eau et le sang. Et celui qui rend témoignage, c'est l'Esprit, car l'Esprit est la vérité.

Évangile : Apparition du Christ huit jours après Pâques (Jn 20, 19-31)
Acclamation : Alléluia. Alléluia. Thomas a vu le Seigneur : il a cru. Heureux celui qui croit sans avoir vu ! Alléluia. Alléluia. (cf. Jn 20,29)
Évangile de Jésus Christ selon saint Jean
C'était après la mort de Jésus, le soir du premier jour de la semaine. Les disciples avaient verrouillé les portes du lieu où ils étaient, car ils avaient peur des Juifs. Jésus vint, et il était là au milieu d'eux. Il leur dit : « La paix soit avec vous ! » Après cette parole, il leur montra ses mains et son côté. Les disciples furent remplis de joie en voyant le Seigneur. Jésus leur dit de nouveau : « La paix soit avec vous ! De même que le Père m'a envoyé, moi aussi, je vous envoie. » Ayant ainsi parlé, il répandit sur eux son souffle et il leur dit : « Recevez l'Esprit Saint. Tout homme à qui vous remettrez ses péchés, ils lui seront remis ; tout homme à qui vous maintiendrez ses péchés, ils lui seront maintenus. » Or, l'un des Douze, Thomas (dont le nom signifie : Jumeau) n'était pas avec eux quand Jésus était venu. Les autres disciples lui disaient : « Nous avons vu le Seigneur ! » Mais il leur déclara : « Si je ne vois pas dans ses mains la marque des clous, si je ne mets pas mon doigt à l'endroit des clous, si je ne mets pas la main dans son côté, non, je ne croirai pas ! »
Huit jours plus tard, les disciples se trouvaient de nouveau dans la maison, et Thomas était avec eux. Jésus vient, alors que les portes étaient verrouillées, et il était là au milieu d'eux. Il dit : « La paix soit avec vous ! » Puis il dit à Thomas : « Avance ton doigt ici, et vois mes mains ; avance ta main, et mets-la dans mon côté : cesse d'être incrédule, sois croyant. » Thomas lui dit alors : « Mon Seigneur et mon Dieu ! » Jésus lui dit : « Parce que tu m'as vu, tu crois. Heureux ceux qui croient sans avoir vu. »
1l y a encore beaucoup d'autres signes que Jésus a faits en présence des disciples et qui ne sont pas mis par écrit dans ce livre. Mais ceux-là y ont été mis afin que vous croyiez que Jésus est le Messie, le Fils de Dieu, et afin que, par votre foi, vous ayez la vie en son nom.

© AELF

Homélie

Ce deuxième dimanche de Pâque est pour toute l'Église celui de la Divine Miséricorde. Cette fête a été instituée par le pape Jean-Paul II le 30 avril 2000 à l'occasion de la canonisation de Soeur Faustine qui a été un témoin privilégié de la Miséricorde de Dieu.

Ce thème de la miséricorde traverse comme un fil rouge qui traverse la liturgie de la Parole de ce dimanche. Je pense en particulier au psaume 117 que nous avons chanté. Ce psaume nous invite précisément à rendre grâce au Seigneur pour cette miséricorde :
« Rendrez grâce au Seigneur, il est bon ! Éternel est son amour. » Si Dieu s'est manifesté comme libérateur et sauveur, c'est parce qu'il nous aime. Il nous a tant aimés qu'il nous a donné son Fils unique. Jésus se présente à nous comme celui qui est venu chercher et sauver
ceux qui étaient perdus. Il veut que notre destin soit divin. C'est cette miséricorde du Seigneur que nous fêtons en ce temps de Pâques.

Je pense aussi à la lettre de Saint Jean. En raison de sa grande miséricorde, le Christ nous a libérés de nos péchés ; il nous a fait entrer dans une vie nouvelle, la vie de Dieu.

Avec l'Évangile, nous sommes plus que jamais au coeur de la miséricorde de Jésus, Jésus montre aux disciples ses mains et son côté. C'est-à-dire il leur montre les blessures de sa Passion, en particulier la blessure du coeur, source d'où jaillit la vague de la miséricorde qui se déverse sur l'humanité.

« On pourrait dire que la miséricorde est comme le second nom de l'amour, saisi dans son aspect le plus profond, le plus tendre, saisi dans son aptitude à se charger de chaque besoin en particulier, dans son immense capacité d' amour et de pardon. »

Oui, c'est de cet amour riche en miséricorde que nous devons vivre, c'est de cet amour miséricordieux dont nous devons chercher à être les témoins, en particulier auprès des personnes touchées par l'épreuve, souffrantes, meurtries, blessées ou écrasés par le poids de la culpabilité.

Les marques de la Passion, que Jésus Ressuscité montre à ses disciples, et qu'il nous montre à nous aussi, sont le signe que « chaque personne est précieuse aux yeux de Dieu. Jésus a donné sa vie pour chacun (Jean-Paul II).

Frères et soeurs en ce dimanche de la Divine Miséricorde, rappelons-nous que la miséricorde n'est pas simplement un bon sentiment, mais une action, une décision, un amour, un acte vis-à-vis de personnes avec leur petites ou grandes misères.

« Face au mal qui sème dans le coeur humain tant de désolation, c'est une tâche urgente d'être les témoins de la miséricorde de Dieu » (Benoît XVI).

À nous d'agir, selon nos moyens et nos capacités, pour que le pardon soit plus fort que la vengeance, pour que la joie du don soit plus forte que la tristesse, pour que l'espérance soit plus forte que le désespoir.

Je pense en particulier aux événements tragiques qui ont bouleversé notre pays, il y a quelques semaines je veux parler de ce qui s'est passé à Toulouse ou à Montauban et me revienne à la mémoire ces mot du cardinal Barbarin archevêque de Lyon, à l'occasion d'une prière commune avec chrétiens, juifs et musulmans . «À présent nous chrétiens, juifs et musulmans, nous devons témoigner de ce qui fait le coeur de notre Foi : la miséricorde de Dieu, qui est source de Paix dans le monde et de rappeler que le mot miséricorde est partout présent dans la Bible ou dans le Coran. Les juifs savent qu'ils sont un peuple élu pour témoigner de la miséricorde de Dieu devant les nations. Les musulmans appellent Dieu, « le Tout miséricordieux, le Très miséricordieux ». Et nous chrétiens, qui entendons la Vierge Marie s'écrier dans le Magnificat : « Sa miséricorde s'étend d'âge en âge », nous savons qu'elle résume toute la Bible en quelques mots !

Il faudrait lire tout le discours du recteur de la mosquée de Villeurbanne, M. Azzedine dans lequel il dit que « l'homme n'est pas sur terre pour haïr, mais pour aimer, il n'est pas sur terre pour détruire la vie, mais pour la donner. Il n'est pas sur terre pour prêcher la violence, semer la peur, mais pour propager la paix, la miséricorde.

En ce dimanche de la Divine Miséricorde, regardons Jésus nous montrer les plaies de sa Passion et avec Thomas disons : « Mon Seigneur et mon Dieu ! » Seigneur Jésus nous avons confiance en Toi.