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Abbaye de Tamié

Homélie TO 17

Par Frère Raffaele
croix - arcabas
17ème dimanche du temps ordinaire

1ère lecture : Salomon demande à Dieu le véritable trésor (1R 3, 5.7-12)
Lecture du premier livre des Rois  
À Gabaon, pendant la nuit, le Seigneur apparut en songe à Salomon.
Il lui dit : « Demande-moi ce que tu veux, et je te le donnerai. » Salomon répondit : « Seigneur mon Dieu, c'est toi qui m'as fait roi à la place de David mon père ; or, je suis un tout jeune homme, incapable de se diriger, et me voilà au centre du peuple que tu as élu ; c'est un peuple nombreux, si nombreux qu'on ne peut ni l'évaluer ni le compter. Donne à ton serviteur un cœur attentif pour qu'il sache gouverner ton peuple et discerner le bien et le mal ; comment sans cela gouverner ton peuple, qui est si important ? »
Cette demande de Salomon plut au Seigneur, qui lui dit : « Puisque c'est cela que tu as demandé, et non pas de longs jours, ni la richesse, ni la mort de tes ennemis ; mais puisque tu as demandé le discernement, l'art d'être attentif et de gouverner, je fais ce que tu as demandé : je te donne un cœur intelligent et sage, tel que personne n'en a eu avant toi et que personne n'en aura après toi.»

Évangile - Les paraboles du Royaume. Le trésor caché et la perle - Le filet (Mt 13, 44-52)
Jésus disait à la foule cette parabole : « Le Royaume des cieux est comparable à un trésor caché dans un champ ; l'homme qui l'a découvert le cache de nouveau. Dans sa joie, il va vendre tout ce qu'il possède, et il achète ce champ.
Ou encore : Le Royaume des cieux est comparable à un négociant qui recherche des perles fines. Ayant trouvé une perle de grande valeur, il va vendre tout ce qu'il possède, et il achète la perle.
Le Royaume des cieux est encore comparable à un filet qu'on jette dans la mer, et qui ramène toutes sortes de poissons. Quand il est plein, on le tire sur le rivage, on s'assied, on ramasse dans des paniers ce qui est bon, et on rejette ce qui ne vaut rien. Ainsi en sera-t-il à la fin du monde : les anges viendront séparer les méchants des justes et les jetteront dans la fournaise : là il y aura des pleurs et des grincements de dents.
Avez-vous compris tout cela ? - Oui », lui répondent-ils. Jésus ajouta : « C'est ainsi que tout scribe devenu disciple du Royaume des cieux est comparable à un maître de maison qui tire de son trésor du neuf et de l'ancien. »

 Homélie

- Frères et soeurs, la dernière fois que nous avons lu cet évangile à la messe du dimanche c'était moi qui présidais et qui ai fait l'homélie. A l'époque, j'avais prêché sur les deux premières paraboles de ce texte : celle du trésor caché et celle de la perle fine. Puisque je n'ai aucune envie de me répéter, cette fois je vais plutôt m'arrêter sur le verset final, que j'aime beaucoup d'ailleurs : « Tout scribe devenu disciple du Royaume des cieux est comparable à un maître de maison qui tire de son trésor du neuf et de l'ancien. »

Plusieurs commentateurs ont reconnu dans ces paroles la signature discrète de l'évangéliste lui-même, qui dessine ici son propre portrait. Car Matthieu, plus que les autres évangélistes, a su mettre en lumière l'harmonie, les correspondances secrètes entre l'Ancien et le Nouveau Testament. Mais je pense qu'il y a dans ces mots un programme valable aussi pour nous, chrétiens d'aujourd'hui. Tout d'abord, je ne puis m'empêcher de constater que nous, hommes et femmes du XXIe siècle, chrétiens ou non, nous vivons une étrange contradiction. D'un coté, nous sommes hyper technologiques et futuristes : il suffit de dire qu'une chose est moderne et nouvelle pour que nous la regardions aussitôt comme bonne et désirable. D'un autre côté, cependant, nous sommes aussi passéistes : le gâteau est bon s'il a été préparé selon la recette de la grand-mère ; nous idéalisons le monde préscientifique et pré technologique, celui des bonnes moeurs et de la vie en harmonie avec la nature. Mais nous ne sommes nullement prêts, pour autant, à renoncer à l'ordinateur, au portable ou aux antibiotiques.

Vous me direz : qu'est-ce que cela a à voir avec l'évangile ? Beaucoup des choses. Tout d'abord, ce monde-ci est le monde où nous vivons, et c'est dans ce monde que nous avons à témoigner de notre foi. Il nous faut donc en tenir compte. Ensuite, le rapport entre le passé et le présent, autrement dit, la question de la tradition, n'est pas réductible aux termes purs et simples d'un rejet ou d'une restauration. La figure du scribe ici esquissée par Matthieu peut nous inspirer dans notre réflexion, notre recherche.

Aujourd'hui, plusieurs traditions vénérables de notre foi, surtout celles liées au monde rural, sont tombées en désuétude. Du coup, nous sommes affrontés à un grand défi. Il nous faut sortir de l'illusion d'être encore en chrétienté, dans un monde où la foi était un patrimoine commun et partagé au niveau social, culturel, symbolique ; il nous faut créer à nouveau frais un langage, des symboles, des rites, un art. Cela ne signifie nullement jeter par-dessus bord le passé, mais bien plutôt le redécouvrir et lui rendre un sens pour aujourd'hui, sans se borner à le répéter purement et simplement. Voilà le scribe de Matthieu comparable à un maître de maison qui tire de son trésor du neuf et de l'ancien. Le scribe a à sa disposition de l'ancien, ce qui ne signifie pas des choses vieilles, inutilisables et inutiles. Et il dispose aussi du neuf : des stimulations, des questions, des expériences, des découvertes. Le scribe réactive l'ancien avec le neuf, et il féconde le neuf grâce à l'ancien. Tout cela demande une certaine liberté, beaucoup de sagesse, de goût, de travail aussi.

Est-ce que ce travail vaut la peine ? Oui, si nous croyons que le Royaume des cieux est une valeur qui mérite notre investissement, à l'exemple de l'homme qui découvre un trésor dans le champ ou du négociant qui trouve une perle fine. Mais, comme pour eux, il faut que nous aussi, nous sachions reconnaître la valeur de cette découverte et surtout expérimenter la joie, le bonheur que cette découverte nous donne et qui motive notre engagement.

Cet engagement pour le Royaume ne peut se déployer que dans le présent. C'est aujourd'hui qu'on fait le choix du Royaume. Le futur, comme nous le montre la parabole du filet, est le temps où le choix que nous faisons aujourd'hui sera évalué et entériné. Celui qui, aujourd'hui, a choisi le Royaume sera reconnu comme un bon poisson ; celui qui l'a refusé sera regardé comme un poisson mauvais.

Frères et soeurs, nous sommes au temps des vacances, le temps où l'on part à la mer ou à la montagne. On peut choisir de passer tout ce temps sur la plage à regarder les vagues ou sur une terrasse à regarder les sommets, en écoutant de la musique et en se prélassant au soleil. Mais on peut aussi choisir d'avancer au large ou de grimper vers les sommets. Les deux choix sont possibles, mais non équivalents. Hors d'image, nous avons à choisir entre deux différents styles de vie. Le choix du Royaume nous mènera-t-il à préférer les vastes horizons, la pleine mer, les sommets ? Nous mènera-t-il à nous engager, ou nous laissera-t-il passifs et indifférents ? A chacun de répondre, dans la vérité de son coeur.


Une prière universelle pour la paix au Proche Orient

La conférence des évêques de France propose pour ce dimanche 27 juillet 2014 une prière universelle commune pour la paix au Proche Orient, à lire dans les paroisses françaises. Traduite en arabe elle a aussi été envoyée aux paroisses de Terre sainte qui devaient accueillir les étudiants français pour leur pèlerinage, annulé à cause de la situation à Gaza.

Frères et sœur, l’actualité nous parle de nombreux conflits dans le monde. Avec plus de deux mille étudiants de toute la France qui ont dû renoncer à partir cet été en Terre sainte, prions plus particulièrement pour la paix en ce dimanche. Prions notamment pour cette terre qui a vu vivre le « Prince de la Paix » Présentons à Dieu notre Père, nos prières confiantes.

1. Nous te prions pour les belligérants de ces conflits; que les responsables politiques demandent un coeur intelligent et sage, un coeur qui sache discerner le bien et le mal comme le faisait Salomon, que des hommes et des femmes de paix se lèvent et soient entendus.

2- Nous te recommandons les enfants, les jeunes et les étudiants, victimes de ces guerres: qu'ils trouvent des frères et des soeurs pour guérir de leurs blessures, qu'ils cherchent la Paix et la Justice comme leur vrai trésor, qu'ils enracinent leur espérance dans un avenir de paix,.

3- Nous te confions les chrétiens de Terre sainte, de Syrie, d’Irak, du Proche Orient : qu’ils soient soutenus par la prière de toutes les communautés chrétiennes, qu’ils gardent courage dans l’adversité et puisent leur force dans la Pâque du Christ.

4- Pour la rencontre les croyants juifs, chrétiens et musulmans: qu'ils invoquent chacun le don de la paix, comme l'a vécu le pape François en juin au Vatican, et se découvrent davantage frères et soeurs, Seigneur, nous te prions.

5- Enfin Seigneur Tourne vers nous ton visage que nous cherchions inlassablement la Paix et la Justice, en nous-mêmes, avec nos proches, dans nos paroisses, nos communautés et dans notre Église