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Abbaye de Tamié

Homélie Carême 1

Par Frère Marco
croix d’anne teissé   Croix d’Anne Teissé


1ère lecture : Alliance de Dieu avec Noé qui a échappé au déluge (Gn 9, 8-15)
Lecture du livre de la Genèse
Dieu dit à Noé et à ses fils : « Voici que moi, j’établis mon alliance avec vous, avec votre descendance après vous, et avec tous les êtres vivants qui sont avec vous : les oiseaux, le bétail, toutes les bêtes de la terre, tout ce qui est sorti de l’arche. Oui, j’établis mon alliance avec vous : aucun être de chair ne sera plus détruit par les eaux du déluge, il n’y aura plus de déluge pour ravager la terre. » Dieu dit encore : « Voici le signe de l’alliance que j’établis entre moi et vous, et avec tous les êtres vivants qui sont avec vous, pour les générations à jamais : je mets mon arc au milieu des nuages, pour qu’il soit le signe de l’alliance entre moi et la terre. Lorsque je rassemblerai les nuages au-dessus de la terre, et que l’arc apparaîtra au milieu des nuages, je me souviendrai de mon alliance qui est entre moi et vous et tous les êtres vivants : les eaux ne se changeront plus en déluge pour détruire tout être de chair. »

Psaume : 24 (25)

R/ Tes chemins, Seigneur, sont amour et vérité pour qui garde ton alliance.

Seigneur, enseigne-moi tes voies,
fais-moi connaître ta route.
Dirige-moi par ta vérité, enseigne-moi,
car tu es le Dieu qui me sauve.

Rappelle-toi, Seigneur, ta tendresse,
ton amour qui est de toujours.
Dans ton amour, ne m’oublie pas,
en raison de ta bonté, Seigneur.


Il est droit, il est bon, le Seigneur,
lui qui montre aux pécheurs le chemin.
Sa justice dirige les humbles,
il enseigne aux humbles son chemin.

 

2ème lecture : Le baptême vous sauve maintenant (1 P 3, 18-22)
Lecture de la première lettre de saint Pierre apôtre
Bien-aimés, le Christ, lui aussi, a souffert pour les péchés, une seule fois, lui, le juste, pour les injustes, afin de vous introduire devant Dieu ; il a été mis à mort dans la chair, mais vivifié dans l’Esprit. C’est en lui qu’il est parti proclamer son message aux esprits qui étaient en captivité.
Ceux-ci, jadis, avaient refusé d’obéir, au temps où se prolongeait la patience de Dieu, quand Noé construisit l’arche, dans laquelle un petit nombre, en tout huit personnes, furent sauvées à travers l’eau. C’était une figure du baptême qui vous sauve maintenant : le baptême ne purifie pas de souillures extérieures, mais il est l’engagement envers Dieu d’une conscience droite et il sauve par la résurrection de Jésus Christ, lui qui est à la droite de Dieu, après s’en être allé au ciel, lui à qui sont soumis les anges, ainsi que les Souverainetés et les Puissances.

« Jésus fut tenté par Satan, et les anges le servaient » (Mc 1, 12-15)
Acclamation :
Ta Parole, Seigneur, est vérité, et ta loi, délivrance. L’homme ne vit pas seulement de pain, mais de toute parole qui sort de la bouche de Dieu. Ta Parole, Seigneur, est vérité, et ta loi, délivrance.

Évangile de Jésus Christ selon saint Marc
Jésus venait d’être baptisé. Aussitôt l’Esprit le pousse au désert et, dans le désert, il resta quarante jours, tenté par Satan. Il vivait parmi les bêtes sauvages et les anges le servaient.

Après l’arrestation de Jean, Jésus partit pour la Galilée proclamer l’Évangile de Dieu ; il disait : « Les temps sont accomplis : le règne de Dieu est tout proche. Convertissez-vous et croyez à l’Évangile. »

© AELF - Paris 2013

Homélie

Depuis mercredi, le mercredi des cendres nous sommes entrés dans le temps liturgique du Carême qui peut être comparé à un itinéraire, un chemin qui «consiste à accompagner Jésus qui traverse le désert pour monter vers Jérusalem, où il va accomplir son mystère d'amour à travers sa passion, sa mort et sa résurrection.

Tout cela nous rappelle que la vie chrétienne est un chemin, un pèlerinage à parcourir, chemin qui consiste moins en une loi à observer que dans une personne à rencontrer, accueillir, suivre... » (Benoît XVI) et cette personne c'est Jésus Christ. N'oublions jamais cela : au coeur du carême il y a Jésus.

C'est pour cela que l'oraison de la messe de ce jour, nous invite « à progresser dans la connaissance de Jésus pour nous ouvrir à sa lumière et le suivre par une vie de plus en plus fidèle ».

Ce dimanche qu'on appelle aussi dimanche de la tentation ou de la mise à l'épreuve de Jésus revêt pour nous importance toute particulière car il donne le « la » à tout ce qui va suivre. Le récit évangélique que nous avons entendu est très bref, quatre versets, mais quatre versets d'une très grande densité. Saint Marc en quelques lignes nous donne comme un résumé de toute l'Histoire du salut en Jésus Christ, il y résume toute l'aventure humaine, notre propre aventure spirituelle.

Jésus vient d'être baptisé par Jean, en sortant de l'eau il voit les cieux se déchirer, l'Esprit Saint descendre sur lui, une voix (la voix du Père) venant du ciel : « Tu es mon Fils bien-aimé en toi j’ai toute ma joie ! » Aussitôt l'Esprit pousse Jésus au désert où il reste là quarante jours tenté par le Satan.

Je voudrais attirer votre attention sur le lien entre la mise à l'épreuve de Jésus, la descente sur lui de l'Esprit, la voix du Père et l'Esprit qui le pousse au désert.

Saint Basile le Grand dit que c'est à partir de ce moment que l'Esprit Saint est devenu le compagnon inséparable de Jésus. Oui, toute la Trinité est là au coeur de l'épreuve, toute la Trinité traverse avec nous le désert de la vie.

À travers l'image du désert saint Marc ne pense pas tellement à un lieu géographique, mais plutôt à une expérience spirituelle, davantage encore le désert c'est le chemin de la vie de tout homme, dans sa double signification biblique : expérience de la Présence aimante du Seigneur : « Je vais te conduire au désert  et là je parlerai à ton coeur... » mais aussi expérience de l'épreuve, du combat où nous sommes provoqués au choix, à choisir un chemin de vie, ou un chemin de mort et de malheur.

Ce lien entre le baptême et la mise à l'épreuve de Jésus nous invite pendant ce temps de carême à faire mémoire de ce jour où nous-mêmes nous avons été baptisés. Sur nous aussi l'Esprit est descendu au plus profond de notre coeur, la voix du Père a aussi retenti : «Tu es mon enfant bien-aimé... » Comme Jésus nous ne sommes pas seuls, toute la Trinité nous accompagne à travers notre Exode, jusque dans la Terre Promise.

Oui, nous entrons dans ce carême dans l'action de grâce, dans l'émerveillement, dans la confiance. Faire mémoire de notre baptême, c'est aussi nous rappeler qu'il est important de prendre soin de notre vie spirituelle. C'est l'invitation que le pape François adressait récemment à un groupe de fidèles et que nous pouvons faire nôtre :

Soignez votre vie spirituelle, disait-il, c'est soigner votre rapport avec Dieu, c'est là la colonne vertébrale de tout ce que vous faisons, de ce que nous sommes.
Tout chrétien qui ne se nourrit pas par la prière, par les sacrements, par la Parole de Dieu dépérit, il se dessèche...
Soigner vos relations avec les autres ;
Soigneur votre façon de parler, en purifiant votre langue des paroles offensantes ;
Soigner la blessure du coeur par l'huile du pardon ;
Se soigner de la jalousie, des sentiments négatifs ;
Se soigneur de la rancoeur, cette façon de pointer le doigt qui conduit à l'arrogance ;
Soigneur les personnes les plus faibles, les personnes âgées, les sans abris, les étrangers...
Comme il y avait des familles et des enfants le pape François disait : « il faut prendre soin de la famille, elle est un trésor, les enfants sont un trésor, les époux un trésor l'un pour l'autre...

Et puis chacun de nous peut se demander : «  Quelle est l'altitude, la personne que je veux soigner aujourd'hui, pendant ce carême ?

 

 


Homélie