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Abbaye de Tamié

Solennité de Pâques

Homélies par dom Ginepro
Solennité de Pâques

il est ressuscité !
Je cherchez pas parmi les morts celui qui est vivant!

Veillée pascale

« Ressuscité d’entre les morts, le Christ ne meurt plus » (Rm 6, 3b-11)
Lecture de la lettre de saint Paul apôtre aux Romains

Frères, Soeur, nous tous qui par le baptême avons été unis au Christ Jésus, c’est à sa mort que nous avons été unis par le baptême. Si donc, par le baptême qui nous unit à sa mort, nous avons été mis au tombeau avec lui, c’est pour que nous menions une vie nouvelle, nous aussi, comme le Christ qui, par la toute-puissance du Père, est ressuscité d’entre les morts. Car, si nous avons été unis à lui par une mort qui ressemble à la sienne, nous le serons aussi par une résurrection qui ressemblera à la sienne. Nous le savons : l’homme ancien qui est en nous a été fixé à la croix avec lui pour que le corps du péché soit réduit à rien, et qu’ainsi nous ne soyons plus esclaves du péché. Car celui qui est mort est affranchi du péché. Et si nous sommes passés par la mort avec le Christ, nous croyons que nous vivrons aussi avec lui. Nous le savons en effet : ressuscité d’entre les morts, le Christ ne meurt plus ; la mort n’a plus de pouvoir sur lui. Car lui qui est mort, c’est au péché qu’il est mort une fois pour toutes ; lui qui est vivant, c’est pour Dieu qu’il est vivant. De même, vous aussi, pensez que vous êtes morts au péché, mais vivants pour Dieu en Jésus Christ.

Psaume : 117 (118)
R/ Alléluia, alléluia, alléluia !
Rendez grâce au Seigneur : Il est bon !
Éternel est son amour !
Oui, que le dise Israël :
Éternel est son amour !

Le bras du Seigneur se lève, l
e bras du Seigneur est fort !
Non, je ne mourrai pas, je vivrai
pour annoncer les actions du Seigneur.

 La pierre qu’ont rejetée les bâtisseurs
est devenue la pierre d’angle :
c’est là l’œuvre du Seigneur,
la merveille devant nos yeux.

  « Jésus de Nazareth, le Crucifié, est ressuscité » (Mc 16, 1-7)
Évangile de Jésus Christ selon saint Marc
Le sabbat terminé, Marie Madeleine, Marie, mère de Jacques, et Salomé achetèrent des parfums pour aller embaumer le corps de Jésus. De grand matin, le premier jour de la semaine, elles se rendent au tombeau dès le lever du soleil. Elles se disaient entre elles : « Qui nous roulera la pierre pour dégager l’entrée du tombeau ? » Levant les yeux, elles s’aperçoivent qu’on a roulé la pierre, qui était pourtant très grande. En entrant dans le tombeau, elles virent, assis à droite, un jeune homme vêtu de blanc. Elles furent saisies de frayeur. Mais il leur dit : « Ne soyez pas effrayées ! Vous cherchez Jésus de Nazareth, le Crucifié ? Il est ressuscité : il n’est pas ici. Voici l’endroit où on l’avait déposé. Et maintenant, allez dire à ses disciples et à Pierre : “Il vous précède en Galilée. Là vous le verrez, comme il vous l’a dit.” »

Homélie

Donner la mort - donner la vie.

Donner la mort. C'est le cas du jeune homme, pilote d'avion qui, déprimé (à ce que l'on sait aujourd'hui), conçoit l'atroce dessein de se donner la mort et d'entraîner dans son gouffre les 149 autres personnes de son avion qui, elles, ont envie de vivre...

Donner la vie. Un autre cas de figure : celui de Jésus qui, lui, accepte librement de donner sa propre vie... Oui, de la perdre, pour sauver celle des autres...

Je ne sais pas si ce rapprochement a pu vous venir à l'esprit en cette fête de Pâques... quant à moi, cela a traversé ma pensée.

Il est vrai qu'il y a une disproportion certaine en ce que j'affirme là ; je suis d'accord avec vous : ces deux évènements ne sont pas du même ordre. Mais de toute façon, impossible de le nier, nous en prenons une conscience encore plus aiguë : chacun de nous ne vit pas uniquement pour soi-même (Saint Paul, dans sa lettre aux Romains, nous le rappelle clairement) : nos gestes, nos choix ont nécessairement un impact sur la vie des autres.

Et tandis que les gestes de mort, bien que terribles, se situent, tous, dans une triste logique de « déjà vu », la Résurrection de Jésus est un évènement radicalement nouveau, unique et inouï !

C'est pour cela qu'elle retient notre attention, au point que nous choisissons de la célébrer de manière particulièrement solennelle, comme le sommet du mystère chrétien. Jésus a été ressuscité par Dieu d'entre les morts. C'est pour cela que nous sommes ici en cette nuit, sainte entre toutes, car cet évènement a une relation étroite avec chacun de nous, avec chacune de nos vies, avec notre identité personnelle.

Et c'est à une résurrection telle que la sienne que le croyant, que chacun de nous se sait appelé à la suite du Christ : c'est cela qui nous a été promis, c'est cela que nous croyons qui nous rassemble et que nous célébrons maintenant.

La résurrection du Christ n'est pas la réanimation d'un cadavre, quelque chose de comparable à une prouesse de la médecine contemporaine qui transplante le coeur de quelqu'un pour permettre à une autre personne de vivre. Non. Car cela, tout en étant surprenant, n'est pas du définitif, ce n'est pas du radicalement nouveau.

Ici, c'est tout à fait autre chose. Quelqu'un a pu écrire que la résurrection du Christ est, en quelque sorte, une irruption de l'humain dans le divin. Par Jésus, ressuscité en Dieu, il y a désormais de l'humain dans la vie de Dieu et cela est totalement neuf, du jamais vu, justement.

Et bien, c'est cela que nous voulons célébrer, maintenant, par cette eucharistie : le mystère qui nous fait passer de la mort à la VIE.

 


Messe du jour de Pâques

1ère lecture : « Nous avons mangé et bu avec lui après sa résurrection d’entre les morts » (Ac 10, 34a.37-43)
Lecture du livre des Actes des Apôtres
En ces jours-là, quand Pierre arriva à Césarée chez un centurion de l’armée romaine, il prit la parole et dit : « Vous savez ce qui s’est passé à travers tout le pays des Juifs, depuis les commencements en Galilée, après le baptême proclamé par Jean : Jésus de Nazareth, Dieu lui a donné l’onction d’Esprit Saint et de puissance. Là où il passait, il faisait le bien et guérissait tous ceux qui étaient sous le pouvoir du diable, car Dieu était avec lui. Et nous, nous sommes témoins de tout ce qu’il a fait dans le pays des Juifs et à Jérusalem. Celui qu’ils ont supprimé en le suspendant au bois du supplice, Dieu l’a ressuscité le troisième jour. Il lui a donné de se manifester, non pas à tout le peuple, mais à des témoins que Dieu avait choisis d’avance, à nous qui avons mangé et bu avec lui après sa résurrection d’entre les morts. Dieu nous a chargés d’annoncer au peuple et de témoigner que lui-même l’a établi Juge des vivants et des morts. C’est à Jésus que tous les prophètes rendent ce témoignage : Quiconque croit en lui reçoit par son nom le pardon de ses péchés. »

Psaume : 117 (118)

R/ Voici le jour que fit le Seigneur, qu’il soit pour nous jour de fête et de joie ! (117, 24)

Rendez grâce au Seigneur : Il est bon !
Éternel est son amour !
Oui, que le dise Israël :
Éternel est son amour !

Le bras du Seigneur se lève, l
e bras du Seigneur est fort !
Non, je ne mourrai pas, je vivrai
pour annoncer les actions du Seigneur.

La pierre qu’ont rejetée les bâtisseurs
est devenue la pierre d’angle :
c’est là l’œuvre du Seigneur,
la merveille devant nos yeux.

2ème lecture : « Recherchez les réalités d’en haut, là où est le Christ » (Col 3, 1-4)
Lecture de la lettre de saint Paul apôtre aux Colossiens
Frères, Soeurs si vous êtes ressuscités avec le Christ, recherchez les réalités d’en haut : c’est là qu’est le Christ, assis à la droite de Dieu. Pensez aux réalités d’en haut, non à celles de la terre. En effet, vous êtes passés par la mort, et votre vie reste cachée avec le Christ en Dieu. Quand paraîtra le Christ, votre vie, alors vous aussi, vous paraîtrez avec lui dans la gloire.

  « Il fallait que Jésus ressuscite d’entre les morts » (Jn 20, 1-9)
Acclamation :
Alléluia. Alléluia. Notre Pâque immolée, c’est le Christ ! Célébrons la Fête dans le Seigneur ! Alléluia.
Évangile de Jésus Christ selon saint Jean
Le premier jour de la semaine, Marie Madeleine se rend au tombeau de grand matin ; c’était encore les ténèbres. Elle s’aperçoit que la pierre a été enlevée du tombeau. Elle court donc trouver Simon-Pierre et l’autre disciple, celui que Jésus aimait, et elle leur dit : « On a enlevé le Seigneur de son tombeau, et nous ne savons pas où on l’a déposé. » Pierre partit donc avec l’autre disciple pour se rendre au tombeau. Ils couraient tous les deux ensemble, mais l’autre disciple courut plus vite que Pierre et arriva le premier au tombeau. En se penchant, il s’aperçoit que les linges sont posés à plat ; cependant il n’entre pas. Simon-Pierre, qui le suivait, arrive à son tour. Il entre dans le tombeau ; il aperçoit les linges, posés à plat, ainsi que le suaire qui avait entouré la tête de Jésus, non pas posé avec les linges, mais roulé à part à sa place. C’est alors qu’entra l’autre disciple, lui qui était arrivé le premier au tombeau. Il vit, et il crut. Jusque-là, en effet, les disciples n’avaient pas compris que, selon l’Écriture, il fallait que Jésus ressuscite d’entre les morts.

© AELF - Pars 2013

 Homélie


« Et nous, nous sommes témoins de ce qu’il [Jésus] a fait dans le pays des Juifs et à Jérusalem. »

C’est Pierre qui parle, dans le livre des Actes. Quand il affirme cela, il se trouve dans la maison du centurion Corneille. Rempli d’Esprit Saint, il n’a plus aucune peur (lui qui, pourtant, avait succombé à l’épreuve) et il est prêt à engager sa personne (il témoigne) pour affirmer que le Christ est vivant.

Et voilà la question que je me pose, que je vous pose :

« Sommes-nous capables, nous les chrétiens d’aujourd’hui, nous, qui sommes ici en ce moment, d’être, à notre tour, les témoins du Christ ressuscité ? Car c’est bien là l’enjeu : témoigner que le Christ est ressuscité des morts. Témoigner ça ne veut pas dire porter sur les autres un regard de suffisance. Non. Il ne suffit pas non plus de porter sur nous des petites croix en or, ou bien des habits et des signes qui nous qualifient, par exemple, comme moines ou comme prêtres. Cela est secondaire ; ça signifie plutôt que nous voulons exprimer, par notre vie, d’être ses amis et exprimer notre identité sans peur, sans fausse pudeur.
Non par pour défier qui que ce soit, mais simplement pour dire qui nous sommes, en qui nous croyons, avec tout ce qui en découle…

Il n’est pas toujours si évident que ça, dans notre vie de tous les jours, dans nos milieux de vie, de trouver la juste manière de témoigner! N’est-ce pas ? Réfléchissons : à quoi reconnaissons-nous les disciples de Jésus ? A l’amour… au pardon, comme cette petite irakienne de 10 ans qui pardonne à ceux qui l’ont chassée de chez elle (tout en ne sachant pas pourquoi on l’a fait…).  

Ce qui nous conforte et qui nous secoue de notre timidité, c’est que bien de chrétiens de par le monde, aujourd’hui même, tout en étant exposés à  des situations extrêmement dangereuses, le font. Et cela est très éclairant, très fortifiant pour chacun de nous, plus privilégiés.

Oui, voilà, en ce jour de Pâques, une vraie question : dans notre milieu, entourés que nous sommes d’indifférence, de méfiance, voire d’hostilité, sommes-nous de ceux qui – pour ne pas avoir trop d’histoires – préfèrent ne pas s’engager sur ce terrain, ne pas trop s’embarrasser de ces débats (comme l’on dit) ; car on risquerait, nous semble- t- il,  d’être repérés comme des identitaires, des ridicules militants zélés. Dans cette optique (à part qu’on fausse tout) la foi risque d’être confinée à la sphère de l’intime, barricadée à l’intérieur des cercles privés. 

Témoigner, cela veut dire avoir l’honnêteté et le courage de faire des choix personnels dans notre vie. Nous le savons : on ne se met vraiment pas en jeu que pour exprimer des convictions profondes ; on ne choisit pas de témoigner, de risquer sa propre vie pour des sympathies à l’eau de roses, pour de simples tendances d’opinion. Un vrai témoignage est un test de la solidité de notre foi.

L’évangile nous dit bien qu’il ne faut être présomptueux. Il est vrai que la foi est avant tout un don de Dieu et nous sommes profondément étonnés de vérifier que des êtres fragiles nous donnent des exemples formidables de foi et de cohérence. D’où leur vient cette force ?

L’évangile donne une réponse à cette question : le Christ nous précède dans la vie ; il est là avec nous pour nous soutenir et pour nous donner la force de témoigner de lui !

Seigneur, donne-nous de savoir témoigner de toi, Vivant, Ressuscité !