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Abbaye de Tamié

Homélie TO 19

Homélie de Frère Patrice

19ème dimanche du temps ordinaire

 

1ère lecture : « En même temps que tu frappais nos adversaires, tu nous appelais à la gloire » (Sg 18, 6-9)
Lecture du livre de la Sagesse
La nuit de la délivrance pascale avait été connue d’avance par nos Pères ; assurés des promesses auxquelles ils avaient cru, ils étaient dans la joie. Et ton peuple accueillit à la fois le salut des justes et la ruine de leurs ennemis. En même temps que tu frappais nos adversaires, tu nous appelais à la gloire. Dans le secret de leurs maisons, les fidèles descendants des justes offraient un sacrifice, et ils consacrèrent d’un commun accord cette loi divine : que les saints partageraient aussi bien le meilleur que le pire ; et déjà ils entonnaient les chants de louange des Pères.

 

Psaume : Ps 32 (33)

Criez de joie pour le Seigneur, hommes justes !
Hommes droits, à vous la louange !
Heureux le peuple dont le Seigneur est le Dieu,
heureuse la nation qu’il s’est choisie pour domaine !

Dieu veille sur ceux qui le craignent,
qui mettent leur espoir en son amour,
pour les délivrer de la mort,
les garder en vie aux jours de famine.

Nous attendons notre vie du Seigneur :
il est pour nous un appui, un bouclier.
Que ton amour, Seigneur, soit sur nous
comme notre espoir est en toi !

 

R/ Heureux le peuple dont le Seigneur est le Dieu.

2ème lecture : « Abraham attendait la ville dont le Seigneur lui-même est le bâtisseur et l’architecte » (He 11, 1-2.8-19)
Lecture de la lettre aux Hébreux
Frères, Soeurs la foi est une façon de posséder ce que l’on espère, un moyen de connaître des réalités qu’on ne voit pas. Et quand l’Écriture rend témoignage aux anciens, c’est à cause de leur foi.

 Grâce à la foi, Abraham obéit à l’appel de Dieu : il partit vers un pays qu’il devait recevoir en héritage, et il partit sans savoir où il allait. Grâce à la foi, il vint séjourner en immigré dans la Terre promise, comme en terre étrangère ; il vivait sous la tente, ainsi qu’Isaac et Jacob, héritiers de la même promesse, car il attendait la ville qui aurait de vraies fondations, la ville dont Dieu lui-même est le bâtisseur et l’architecte.

 Grâce à la foi, Sara, elle aussi, malgré son âge, fut rendue capable d’être à l’origine d’une descendance parce qu’elle pensait que Dieu est fidèle à ses promesses. C’est pourquoi, d’un seul homme, déjà marqué par la mort, a pu naître une descendance aussi nombreuse que les étoiles du ciel et que le sable au bord de la mer, une multitude innombrable.

 C’est dans la foi, sans avoir connu la réalisation des promesses, qu’ils sont tous morts ; mais ils l’avaient vue et saluée de loin, affirmant que, sur la terre, ils étaient des étrangers et des voyageurs. Or, parler ainsi, c’est montrer clairement qu’on est à la recherche d’une patrie. S’ils avaient songé à celle qu’ils avaient quittée, ils auraient eu la possibilité d’y revenir. En fait, ils aspiraient à une patrie meilleure, celle des cieux. Aussi Dieu n’a pas honte d’être appelé leur Dieu, puisqu’il leur a préparé une ville.

 Grâce à la foi, quand il fut soumis à l’épreuve, Abraham offrit Isaac en sacrifice. Et il offrait le fils unique, alors qu’il avait reçu les promesses et entendu cette parole : C’est par Isaac qu’une descendance portera ton nom. Il pensait en effet que Dieu est capable même de ressusciter les morts ; c’est pourquoi son fils lui fut rendu : il y a là une préfiguration.

 

« Vous aussi, tenez-vous prêts » (Lc 12, 32-48)

Alléluia. Alléluia. Veillez, tenez-vous prêts : c’est à l’heure où vous n’y pensez pas que le Fils de l’homme viendra. Alléluia.

Évangile de Jésus Christ selon saint Luc
En ce temps-là, Jésus disait à ses disciples : « Sois sans crainte, petit troupeau : votre Père a trouvé bon de vous donner le Royaume. Vendez ce que vous possédez et donnez-le en aumône. Faites-vous des bourses qui ne s’usent pas, un trésor inépuisable dans les cieux, là où le voleur n’approche pas, où la mite ne détruit pas. Car là où est votre trésor, là aussi sera votre cœur.

Restez en tenue de service, votre ceinture autour des reins, et vos lampes allumées. Soyez comme des gens qui attendent leur maître à son retour des noces, pour lui ouvrir dès qu’il arrivera et frappera à la porte. Heureux ces serviteurs-là que le maître, à son arrivée, trouvera en train de veiller. Amen, je vous le dis : c’est lui qui, la ceinture autour des reins, les fera prendre place à table et passera pour les servir. S’il revient vers minuit ou vers trois heures du matin et qu’il les trouve ainsi, heureux sont-ils ! Vous le savez bien : si le maître de maison avait su à quelle heure le voleur viendrait, il n’aurait pas laissé percer le mur de sa maison. Vous aussi, tenez-vous prêts : c’est à l’heure où vous n’y penserez pas que le Fils de l’homme viendra. »

Pierre dit alors : « Seigneur, est-ce pour nous que tu dis cette parabole, ou bien pour tous ? » Le Seigneur répondit : « Que dire de l’intendant fidèle et sensé à qui le maître confiera la charge de son personnel pour distribuer, en temps voulu, la ration de nourriture ? Heureux ce serviteur que son maître, en arrivant, trouvera en train d’agir ainsi ! Vraiment, je vous le déclare : il l’établira sur tous ses biens. Mais si le serviteur se dit en lui-même : ‘Mon maître tarde à venir’, et s’il se met à frapper les serviteurs et les servantes, à manger, à boire et à s’enivrer, alors quand le maître viendra, le jour où son serviteur ne s’y attend pas et à l’heure qu’il ne connaît pas, il l’écartera et lui fera partager le sort des infidèles. Le serviteur qui, connaissant la volonté de son maître, n’a rien préparé et n’a pas accompli cette volonté, recevra un grand nombre de coups. Mais celui qui ne la connaissait pas, et qui a mérité des coups pour sa conduite, celui-là n’en recevra qu’un petit nombre. À qui l’on a beaucoup donné, on demandera beaucoup ; à qui l’on a beaucoup confié, on réclamera davantage. »

© AELF - Paris 2013

Homélie

Frère Patrice

Attendre, veiller : un leitmotiv qui revient dans l'évangile de ce jour !

Notre monde n'aime pas attendre, mais vraiment pas attendre ! Et pourtant c'est un peu le fil directeur de l'évangile que nous venons de lire.

Vous appelez une grande administration et vous entendez « votre délai d'attente est estimé à x minutes ». C'est gentil, mais qu'est-ce que ça change. Le médecin a du retard dans sa consultation : ça me dérange moi ; mais sans penser que celui ou ceux qui étaient avant moi étaient des cas complexes ou graves....

Mais attendre est parfois extrêmement douloureux. Je pense à tous ceux qui ont fait la queue devant les hôpitaux de Paris ou de Nice pour savoir si l'un de leurs proches était là. Alors se vérifie ce chant que nous entonnons souvent « l'attente est longue dans la nuit » !

La Bible foisonne de récits où il est question d'attendre et de veiller. Je pense à ce passage où le père de l'enfant prodigue attend et espère le retour de son fils parti avec sa part d'héritage, ou le vieux Tobie qui attend son fils parti au loin rechercher un trésor, ou encore la veuve de Sarepta au premier livre des rois qui attend la mort imminente lorsqu'elle aura mangé le peu de farine qui lui reste, ou enfin les dix vierges qui attendent dans la nuit l'arrivée de l'époux pour commencer la fête. Et toutes ces attentes exaucées se terminent par un repas qui marque la joie du retour tant attendu.

Mais parfois l'attente est beaucoup plus longue et ingrate, comme pour ce paralysé au bord de la piscine et qui attend quelqu'un qui le mettra à l'eau au moment où elle bouillonne ce qui lui permettrait d'être guéri sur le champ. Et en fait c'est peut-être lui qui peut le mieux nous faire saisir toute la portée de la parabole de ce matin. Comme ce paralysé, il nous est demandé tout comme à ces serviteurs, d'attendre jour et nuit, jour après jour, sans relâche. Attendre c'est alors là nous mettre en position de guetter et recevoir Jésus afin d'être plongés dans son amour et d'être guéris.

Et il y a ceux qui n'attendent plus rien ni personne ! Et ceux-là, s'ils vivaient dans la foi pourraient gouter la joie de l'attente durant tout le temps de l'Avent, ou la joie mêlée de crainte du temps de Carême qui nous prépare à la mort du Christ et nous fait désirer son retour dans la gloire.

Mais si l'on prenait le problème dans l'autre sens ? Je veux dire : sommes-nous conscients que nous sommes attendus. Oui, nous sommes attendus et pas par n'importe qui ! Il est bon parfois, comme ce matin, d'en prendre toute la dimension et de s'en réjouir : oui, je suis attendu par quelqu'un et de surcroit par celui-là même d'où je tiens la vie : JESUS.

Regardez d'abord Jésus qui attend les disciples sur la route d'Emmaüs : il semble avoir hâte de faire route avec eux, il leur communique son immense vitalité au point que les disciples sentent leur coeur tout brulant et qu'il les invite à partager le pain avec eux.

Mais regardez-le encore plus sur les bords du lac de Tibériade. Jésus, après sa résurrection, y attend ses disciples ; c'est lui qui les interpelle et les invite à le rejoindre. Et comme dans l'évangile de ce matin c'est lui qui leur a préparé un repas, en l'occurrence du poisson sur un feu de braises, qui les sert et qui engage un dialogue d'amitié avec eux...

Non seulement Jésus nous attend, mais il veut finaliser cette attente par un repas mais aussi par un dialogue au terme duquel ceux qui le côtoient sentent leur coeur brulant, ou comme Pierre peuvent lui dire leur amour, leur amitié.

Eh bien ce matin c'est identique : Jésus nous attend, il nous invite à partager un repas au cours duquel nous parlons avec lui et lui avec nous ! « Voici je me tiens à I a porte et je frappe, entends ma voix, j'entre chez toi pour prendre mon repas ».

 

Orthographe rectifiée : brulant, gouter, surcroit.

L'Académie française accepte toujours : brûlant, goûter, surcroît.