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Saints fondateurs de Cîteaux

26 janvier

Les saints fondateurs de Cîteaux
Robert, Albéric, Étienne

Évangile Marc 10, 23-30

Jésus dit à ses disciples : « Comme il sera difficile à ceux qui possèdent des richesses d’entrer dans le royaume de Dieu ! »
Les disciples étaient stupéfaits de ces paroles. Jésus reprenant la parole leur dit : « Mes enfants, comme il est difficile d’entrer dans le royaume de Dieu !Il est plus facile à un chameau de passer par le trou d’une aiguille qu’à un riche d’entrer dans le royaume de Dieu. »
De plus en plus déconcertés, les disciples se demandaient entre eux : « Mais alors, qui peut être sauvé ? »
27 Jésus les regarde et dit : « Pour les hommes, c’est impossible, mais pas pour Dieu ; car tout est possible à Dieu. »
 Pierre se mit à dire à Jésus : « Voici que nous avons tout quitté pour te suivre. »
  Jésus déclara : « Amen, je vous le dis : nul n’aura quitté, à cause de moi et de l’Évangile, une maison, des frères, des sœurs, une mère, un père, des enfants ou une terre sans qu’il reçoive, en ce temps déjà, le centuple : maisons, frères, sœurs, mères, enfants et terres, avec des persécutions, et, dans le monde à venir, la vie éternelle.

Par Frère Patrice

Fêter les Saints Fondateurs durant l’année de la vie consacrée, c’est tout un programme ! Dans sa Lettre Apostolique, notre Pape François nous rappelle que le Père nous a appelés à suivre Jésus dans la pleine adhésion à son Evangile et dans le service de l’Église et qu’il a répandu dans nos cœurs l’Esprit Saint qui nous donne la joie et nous  fait rendre témoignage  au monde entier de son amour et de sa miséricorde.

Et Jésus dans ce passage d’évangile que nous venons de lire (Mc 10, 24-30) nous le dit à sa façon !

Jésus nous parle du Royaume de Dieu, comme si on était déjà installés dans le Royaume et qu’il faudrait éviter à tout prix les fautes qui nous en feraient sortir ou qui nous permettraient alors de devenir un fil pour passer par le trou de l’aiguille !

Il ne s’agit pas de « se sauver » mais il s’agit de « se défaire » de ce qui nous empêche d’entrer. Et là notre Pape  ne nos mâche pas ses mots.  Pour entrer dans le royaume, il faut se défaire de nos critiques, de nos bavardages, envies, jalousies, antagonismes. Et se défaire c’est accepter l’intervention de l’Autre (pas de salut sans l’autre nous rappelait notre prédicateur), c’est accueillir. La communauté est un lieu d’accueil. Nous avons demandé à y entrer pour être sauvés, nous y avons promis de renoncer à notre volonté propre, nous avons fait confiance à Dieu pour qu’il intervienne dans notre vie. La pleine adhésion à l’évangile dont parle le pape, elle est là, dans la volonté de se défaire, celle-là même qui animait ceux qui décidèrent de partir de Molesmes pour Cîteaux.

Mais se défaire demande une coupure. Pierre dit à Jésus qu’il a tout laissé…et Jésus lui dit qu’il recevra au centuple. Le centuple : un langage parabolique ou métaphorique ! Couper, laisser : cela fait toujours mal sur le moment. Mais le Pape nous rappelle que comme tous les autres hommes et femmes nous connaissons des difficultés : nuits de l’esprit, déceptions, maladies , et que c’est précisément en cela que nous devrions trouver « la joie parfaite » , apprendre à reconnaître le visage du Xist qui s’est fait en tout semblable à nous, et que nous devrions donc éprouver la joie de nous savoir semblables à lui. Une suite du Christ triste est une triste suite. Là où est l’Esprit Saint, là est la joie et la paix : si nous ne trouvons ni paix ni joie c’est que nous sommes pas dans la bonne direction. Alors demandons l’aide de l’Esprit Saint.

Et n’oublions pas que si nous avons renoncé, si nous avons coupé c’est en tant que porteurs de l’heureuse annonce du Royaume, et qu’au terme de cette coupure nous retrouverons le don que nous avons laissé. Mais nous le retrouverons avec le centuple.  Il y a donc une valeur dans ce que nous avons abandonné, que nous retrouverons au centuple. Mais il nous fallait passer par la coupure pour en reconnaître la valeur ! Notre vie a une qualité impérissable, celle-là même qu’on veut sauver.

Cette coupure c’est peut-être « sortir de soi-même pour aller aux périphéries existentielles ». Ces périphéries qui nous obligent à sortir de notre monde, à en affronter un autre qui nous révèlera les limites exiguës du monde dans lequel nous vivons et nous enfermons et qui nous empêchent d’être des êtres de communion. Le centuple c’est précisément  cette nouvelle vie qui nous est alors donné de vivre.