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Abbaye de Tamié
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Homélie Transfiguration

Par Frère Antoine

Homélie pour la fête de la Transfiguration du Seigneur

Le récit évangélique de la transfiguration de Jésus nous apprend à la fois qui est Dieu et qui est l’homme.

Qui est Dieu ? L’Ancien testament nous avait habitué à un Dieu tout puissant , jaloux et qui écrase ses ennemis. Avec Jésus cette toute puissance  est liée à une grande vulnérabilité puisque lui-même, Dieu fait homme, se présente avec humilité, se laisse crucifier et demande à ses disciples d’aimer leurs ennemis ! Quel paradoxe ! Ce faisant, jésus nous fait passer du registre de la puissance ( jupitérienne, atomique, nucléaire) à une puissance relationnelle d’amour. Dire que Dieu est amour c’est une définition suffisante pour parler de Dieu sans employer un discours théologique savant. Dieu a la toute puissance et la faiblesse de tout amour. Il est un Dieu relationnel. Nous passons du registre du « pouvoir » qui écrase  à celui de la « lumière » qui éclaire ceux qui ne la fuient pas.  C’est ce que nous professons dans le credo en citant St Jean : «  lumière né de la lumière » à la différence de Moïse dont le visage resplendissait  par reflet d’une lumière qui lui venait de l’extérieur.

Qui est l’homme ? Nos frères orientaux peuvent nous aider à répondre. Ils ont, en effet, une grande vénération pour cette fête de la transfiguration. Les artistes qui écrivent les icônes sont invités à commencer par celle de la transfiguration et de la reécrire le plus souvent possible, en commençant par les couleurs  sombres pour aller vers la luminosité du blanc et de l’or. L’  icône de la Transfiguration exprime sous forme d’image la conception chrétienne de l’homme dans sa vocation divine : « Dieu s’est fait homme pour que l’homme devienne Dieu ». Il est celui qui nous fait sortir de l’animalité pour nous faire renaître « enfants de Dieu ». Nous passons de la peur à la foi.

Notre expérience, limitée, du divin : deux lieux d’expérience ont pu nous marquer : 1) dans la divine liturgie ( ce n’est pas automatique mais n’avons-nous jamais fait cette expérience au cours de célébrations ?

2) dans la « lectio divina ». Notre cœur n’a-t-il jamais été « tout brûlant » ?

Pour bien voir avec les yeux de la foi, il faut bien soigner ses oreilles