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Abbaye de Tamié
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Homélie - 26ème dimanche

Par Frère Jean

Homélie pour le 26ème dimanche
du temps ordinaire
Nb 11, 25-29 - Jc 5, 1-6 - Mc 9, 38-48


Introduction

«Ce n’est pas vous qui m’avez choisi, c’est moi qui vous ai choisis».
Cette parole de Jésus nous atteint à travers les Apôtres.
Sommes-nous suffisamment conscients de cet appel personnel de Dieu ? Et de la gratuité de cet appel ?
C’est ainsi qu’en ce dimanche, Il nous rassemble pour le rencontrer dans sa parole et dans son corps livré.
Ouvrons-nous à sa miséricorde.

Homélie
Jésus vient de nous dire « Celui qui donnera simplement un verre d’eau à l’un de vous parce qu’il appartient au Christ, il aura une récompense ».
Avons-nous vraiment conscience que le fait d’appartenir au Christ est un don de Dieu, un don gratuit de Dieu, un don inouï ?

- Comme nous venons de l’entendre, l'apôtre Jean est aussi heureux d’appartenir au Christ, mais il rencontre une première tentation, celle de vouloir se faire « propriétaire » du Christ et de son Esprit, comme s’il était l’ami exclusif de Jésus. Jean limite aux membres de leur groupe le pouvoir de faire des miracles au nom de Jésus.
La première lecture de ce dimanche nous a montré comment Josué avait rencontré cette même tentation, il était fier d’appartenir à Moïse et d’avoir part au don de l’Esprit, mais il n’admettait pas que l’Esprit du Seigneur puisse être aussi donné aux deux Anciens qui n’étaient pas venus au rassemblement et étaient restés dans le camp.
Comme Josué, Jean est tenté de s’approprier l’autorité de Jésus et de vouloir régenter ceux qui lui « appartiennent ». Ne sommes-nous pas parfois de la même pâte humaine ?

- Mais de nos jours il y a une deuxième tentation, que beaucoup rencontrent, et peut-être, nous aussi.
Puisque Dieu peut donner son Esprit à d’autres gens que ceux qui marchent avec nous à la suite du Christ, cela conduit certains à la tentation de penser que « toutes les religions se valent » et au lieu de chercher à mieux connaître Jésus Christ et de vivre davantage de la Foi en sa Parole, nous sommes tentés de papillonner à tous vents de doctrines, touchant à tout superficiellement et nous faisant une petite religion à la carte.
Les uns tombent alors, peu à peu dans une sorte de tiédeur et même une indifférence, que la moindre épreuve de la vie transforme en révolte contre Dieu ou en désespoir, ou en un matérialisme pratique sans espérance.
D’autres essaient de se raccrocher, tant bien que mal à des superstitions, des croyances ou des idées à la mode, qui sont plus un opium devant l’épreuve qu’une force pour se relever et se tenir debout.
De tels croyants devenus si fragiles dans leur foi au Christ sont ces «petits» dont nous a parlé l’évangile de ce jour, ces «petits» qui peuvent être scandalisés par la vie de leurs frères chrétiens devenus si peu évangéliques, qu’ils deviennent sans saveur.
En effet, si nous nous disons appartenir au Christ et que notre vie ne se laisse pas imprégner et transformer par son Amour, notre vie peut devenir cause de scandale pour les «petits» dont parle Jésus.
Devant un tel danger, Jésus nous appelle à une conversion radicale, avec des expressions particulièrement tranchantes, pour en souligner la nécessité et l’urgence :
« Si ta main ou tes pieds t’entraînent au péché, coupe-les… »
Les mains et les pieds désignent ce par quoi l’homme tente de posséder les autres ou le monde.
Dans la même ligne, souvenons-nous des paroles très rudes de saint Jacques dans la deuxième lecture :
«Vous les gens riches, vous avez amassé de l’argent, alors que nous sommes dans les derniers temps… Des travailleurs ont moissonné vos terres et vous ne les avez pas payés, leurs salaires crient vengeance!»
Combien de «petits» de ce monde se sont éloignés du Christ parce qu’ils voyaient des chrétiens «appartenir» davantage aux richesses qu’ils possédaient, plutôt qu’au Christ. Et cela est terriblement présent de nos jours entre pays riches étiquetés «chrétiens» et pays pauvres.
« Si ton œil t’entraîne au péché, arrache-le… »
L’œil indique l’objet des désirs.
Combien de «petits» de ce monde se sont éloignés du Christ parce qu’ils voyaient des chrétiens, étiquetés tels,  désirer davantage prendre les premières places en écrasant les autres, au lieu «d’appartenir» au Christ en étant serviteurs de leurs frères humains, comme le Christ.
 
Quand Jésus parle de la Géhenne, il fait allusion à la vallée de ce nom qui est située au sud de Jérusalem. C’est dans cette vallée que des sacrifices d’enfants avaient été offerts aux divinités païennes dans des périodes de totale infidélité du Peuple de Dieu à son alliance avec Dieu. La Géhenne était devenue synonyme de malédiction et donc symbole de séparation totale d’avec Dieu et par suite symbole de l’enfer.
C’est par tous nos refus répétés de cet Amour dont Dieu nous aime et dont il veut aimer les autres par nous, que nous construisons nous-mêmes notre enfer et celui de nos frères.
Dieu veut nous donner la Vie en plénitude par son Fils Jésus-Christ, allons-nous accepter d’appartenir au Christ ? Pour que notre vie et celle de nos frères s’en trouve transformée ?

Ainsi l’évangile d’aujourd’hui nous appelle à faire le point sur nos vies. Sommes-nous de ces «petits» dont la foi est fragile parce que nous ne prenons pas les moyens de la nourrir ! Mais en même temps nous sommes aussi appelés par le Christ à être ses témoins. Et le Christ veut par chacun de nous manifester son amour et sa présence à ceux qui nous entourent. Il veut qu’ils découvrent eux aussi qu’il les appelle à lui appartenir et à vivre de sa vie.
Faisons la vérité sur nos vies.