Aller au contenu. | Aller à la navigation

Outils personnels

Abbaye de Tamié
Navigation

Homélie - 14ème TO

Par Frère Marco
logo tamié  

Homélie pour le 14ème dimanche ordinaire - C

   Is 66, 10-14 - Ga 6, 14-18 - Luc 10, 1-20

L’évangile que nous venons d'entendre fait suite à celui de dimanche dernier. Jésus avait averti ceux qui voulaient le suivre que cela impliquait des arrachements : il faudra accepter l'insécurité, laisser les morts enterrer leurs morts, faire des choix exigeants sans jamais regarder en arrière. Tout cela, lui-même l'a vécu. Il est resté fidèle à son Père jusqu'au bout. Après avoir appelé et envoyé en mission les Douze apôtres... 

Aujourd'hui, Jésus recommence à appeler, et à envoyer ! Non plus douze, mais soixante-douze disciples. Un chiffre symbolique qui désigne les peuples du monde entier, les soixante-douze peuples de la terre dont parle le livre de la Genèse.
 
Luc n'a de cesse de rappeler deux choses importantes :
1) La mission, l'annonce de la Bonne Nouvelle vise la terre entière.
2) Et que tous sont envoyés en mission.

Quand on sait que saint Luc a écrit son Évangile pour des païens convertis, on comprend que pour ces derniers c'est vraiment une bonne nouvelle.

Les 72 sont donc envoyés. Envoyés deux par deux... Pourquoi deux par deux ? Parce que leur communion fraternelle est déjà annonce du Règne. L'Évangile qui trouve dans l'amour son centre est témoigné par des personnes qui se soutiennent et s'entraident mutuellement.

Être envoyés deux par deux, c'est être appelés à faire équipe avec un autre. C’est découvrir et prendre en compte l'altérité, l'autre différent de soi. C'est faire ses premières armes avec les rudiments de la vie communautaire. C'est faire l'expérience de l’Église.

A cette marche deux à deux est liée la promesse de Jésus: «Là où deux ou trois sont réunis en mon nom, je suis au milieu d'eux».

Comme Jésus les disciples connaîtront le refus. S'ils ne sont pas accueillis dans un village, ils devront partir ailleurs. Jésus fait appel à la liberté de chacun. Il ne veut pas obliger les gens à l'accepter. Il ne s'agit pas d'endoctriner mais d'annoncer une bonne nouvelle.

Aujourd'hui, Jésus nous avertit : « La moisson est abondante et les ouvrier sont peu nombreux. Priez le Maître de la moisson d'envoyer des ouvrier pour sa moisson ».

Ce qu'il leur recommande c'est de prier le Maître de la moisson d'envoyer des ouvriers à sa moisson. Comprenons bien, le but de cette prière ce n'est pas d'avertir Dieu sur quelque chose qu'il ne saurait pas. Lui-même sait mieux que nous de quelle aide nous avons besoin. En revanche, en le priant, nous nous laissons éclairer par lui. La prière n'a pas pour but de changer le coeur de Dieu, mais de nous prépare à nous laisser Dieu changer, transformer notre coeur.

La prière est pour nous rendre plus disponibles, plus accueillants à l’action de Dieu. L'appel à la prière est invitation à ne jamais perdre de vue que la mission est celle de Jésus et que nous ne sommes que ses envoyés. C'est le Seigneur qui agit à travers ses envoyés Ces derniers doivent donc rester humbles, disponibles, et surtout confiants en sa providence : n'emportez, ni argent, ni sac, ni sandales... Le plus important c'est d'être à l'écoute de Dieu, de le laisser agir en nous et par nous.

Au coeur de la mission :la joie, le bonheur. L'appel à la joie traverse comme un fil rouge la liturgie de la Parole : "Réjouissez-vous... Exultez... Soyez plein d'allégresse..." et dans l'évangile : "Les soixante-douze disciples revinrent tout joyeux".

Jésus révèle à ses amis en quoi consiste le vrai bonheur, ce ne sont pas les "moyens" qui comptent surtout, mais le "but", ce n'est pas la bataille contre le mal qui doit les réjouir, mais la participation au Royaume de Dieu, participation à la même mission de Jésus : être les témoins de l'Amour du Père, révéler le vrai visage de Dieu, révéler à tout homme que leur nom est inscrits dans le coeur de Dieu. 

Cette mission est exaltante. Elle est aussi difficile et exigeante. Mais une chose est sûre : le Seigneur est là au coeur de nos vies il ne nous abandonne pas. Il nous assure de sa présence avec nous, tous les jours jusqu'à la fin du monde. Ce qui nous rassemble ce dimanche nous donne l'occasion de puiser à la source auprès du Christ.

Le Concile de Vatican II nous rappelle que l'Eucharistie est la source et le sommet de toute vie chrétienne et de toute évangélisation. 

Que le Seigneur nous donne force, courage et disponibilité pour cette mission qu'il nous confie !