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Homélie - 5ème TO

Par Père François de Sales

Homélie pour le 5ème dimanche du temps ordinaire

Is 6, 1-8 - 1 Co 15, 1-11   - Luc 5, 1-11

C'est aujourd'hui la journée chrétienne de la communication et les textes de la liturgie nous donnent aussi des passages de la Bible qui parlent de l'appel de Dieu : dimanche de la communication !

Pour communiquer, il faut avoir reçu un message.
- Nous avons reçu le message de Dieu, l'Évangile, la bonne Nouvelle, ce que dit saint Paul dans la seconde lecture : "C'est le Christ, envoyé par Dieu, mort pour nos péchés, ressuscité le troisième jour, apparu aux Apôtres pour les envoyer en mission."
-Tous, nous qui avons reçu l'annonce de l'Évangile, nous sommes appelés à le communiquer par la vie, souvent plus que par la parole. Et Jésus nous donne une belle illustration de cette mission dans l'appel de Pierre, le premier apôtre. Jésus est allé rencontrer les hommes de son temps dans leur lieu de travail, la pêche, il monte même dans la barque et il enseigne. Quand il a fini d'enseigner, il envoie Pierre à la pêche alors qu'il avait travaillé toute la nuit sans rien prendre.
Pierre pas mal déconcerté qui a passé une nuit éreintante d'une pêche infructueuse pose bien son objection en artisan compétent : "Nous avons travaillé en vain toute la nuit ! Mais sur ton ordre je veux essayer". Et c'est une pêche miraculeuse : il y a tellement de poissons qu'ils ne peuvent plus s'en tirer seuls, ils appellent leurs compagnons d'infortune : "Venez nous aider !" Sans le savoir, ils sont messagers.
Mais la suite est encore plus étonnante. Pierre est subjugué par la personne de Jésus : "Éloigne toi de moi car je suis un homme pécheur !" Mais Jésus le rassure : "Sois sans crainte !" Et tout de go, lui dit ce qu'il attend de lui : finie la pêche sur le lac, "désormais ce sont des hommes que tu prendras."
Ils ont fait une belle pêche mais qu'en font-ils ? On ne sait pas. "Laissant tout ils le suivirent" pas seulement Pierre, mais ses compagnons. Voilà ce qui arrive quand on est subjugué par Jésus.

Comme le dit très bien le poète Péguy :
Si Dieu t'appelle, si Dieu travaille une âme,
On a beau faire, il faut se rendre, il faut marcher.
On ne peut pas y échapper, on ne peut pas en réchapper.
La main de Dieu est lourde.
Le travail de Dieu, l'opération secrète est un feu qui consume.

Mais voilà nous sommes tous appelés par le Seigneur dans la vocation, l'appel qui nous est propre. Il y a de la place et du travail pour tous.

Une femme vertueuse, mariée qui en 48 ans avait donné toutes les marques d'une vie parfaite dans l'intérieur et dans l'extérieur a profondément édifiée saint François de Sales. Il écrit : "Elle a été une Monique dans son ménage (la mère de saint Augustin), une Madeleine dans l'oraison (assise aux pieds de Jésus à l'écouter). A qui tient-il que nous soyons saints parmi tant d'exemples domestiques (à la maison) et étrangers (ailleurs) en la ville et au champ ? Tout nous prêche en faveur de la sainteté et nous n'y allons que fort lentement. Les ignorants et les gens sans culture se lèvent et se levant devant nous, ils ravissent les cieux et nous, nous croupissons dans notre négligence. Au moins, parmi cette misère, soyons humbles et Dieu nous bénira et relèvera notre bassesse par sa sainte miséricorde. " (St François de Sales, lettre 360)

Aujourd'hui qui aurait l'audace de Jésus d'envoyer un pêcheur, un homme sans culture religieuse pour en faire le chef des Apôtres ? Bien sûr, nous n'avons plus la présence visible de Jésus pour nous subjuguer par ses miracles, mais Jésus est tout autant présent, agissant la plupart du temps dans le secret des coeurs, mais parfois en étonnant tout le monde par le surgissement de personnes touchées par lui.
Il y aurait tant d'exemples à donner et si nous faisions attention, nous trouverions dans nos vies tant de cas où le Seigneur nous a touchés, il nous a brûlé le coeur et nous sommes retombés dans l'ordinaire de nos vies.
Si je puis vous donner une exemple dans ma propre vie : Je devais avoir 7 ou 8 ans. Mon saint curé qu'on appelait Jean du Bon Dieu, m'appelle et me dit : "Je vais t'apprendre à servir la messe". Nous commençons par nous mettre à genoux devant le tabernacle et il reste là pendant 5 minutes en silence et moi à genoux à ses côtés, je le regarde, émerveillé de son visage fixé sur le tabernacle et je me suis rendu compte alors qu'il y avait quelqu'un devant nous, que je ne voyais pas, sinon par la présence priante de cet homme. Il regardait Dieu, moi je regardais le visage de mon curé et Dieu a fait son oeuvre.

- Journée de la communication. Nous avons reçu, il nous faut communiquer là où nous sommes, la plupart du temps, nous aussi le Seigneur peut nous dire : « Viens suis-moi ! » et nous pouvons chanter ! « Christ est ressuscité, toujours parmi nous ! Alléluia ! »