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Abbaye de Tamié
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Nativité de Marie

Par dom Victor
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Homélie pour la fête de la Nativité de Marie

 

            Cette fête de Marie veut réaffirmer l’humanité de Jésus. La vocation de Marie, mère de Dieu, est si exceptionnelle qu’elle paraît échapper à notre condition charnelle. La longue généalogie que je viens de lire nous montre les racines profondes de l’humanité de Dieu. Né de Marie, il est fils de David, fils d’Abraham et s. Luc ajoutera fils d’Adam, fils de Dieu. Sa filiation divine est comme indissociable de sa filiation humaine. Et dans cette filiation humaine figurent des justes : Abraham modèle de foi en Dieu, maître de l’impossible ; avec Moïse, instruit de la sagesse égyptienne, il y a David, simple berger, mais tous deux également humbles devant Dieu. Mais aux côtés de rois pieux se trouve le roi impie Manassé. En remontant à Adam, s. Luc situe parmi les ancêtres du Christ des témoins des religions païennes antérieures à la Révélation biblique. Cette généalogie englobe toute l’humanité pour la conduire au Christ. Pour croire en l’universalité du Salut, il suffit de regarder cette enfant, Marie, fruit de cette lignée de justice et de péché, de foi et d’infidélités, de gloire et d’humiliations…Marie est préservée de toute complicité avec le péché mais non de cette solidarité avec les pécheurs.

            Aujourd’hui, le dessein de Dieu s’accomplit dans la naissance de cette enfant au beau nom de Marie. Dieu ne pourra toutefois mener ce dessein à son terme qu’avec le oui de cette jeune fille le jour où elle pourra décider de sa vie. Lié dans son humanité à toute cette lignée d’hommes et de femmes, Dieu est lié aussi à la libre volonté de Marie, comme il le sera plus tard à la libre volonté de ses disciples, et aujourd’hui à la libre réponse de chacun de nous.

            Fêter Marie, c’est bien, mais il est mieux de savoir, comme elle, dire oui à Dieu. Comme me l’écrivait un vieux moine de 94 ans qui vient de célébrer ses 70 ans de profession : Maintenant j’attends en rendant grâce à cette Providence qui ne m’a demandé que d’obéir et de me laisser faire. A chacun de nous, comme à Marie, Dieu ne demande pas autre chose. Oui, Père, que ta volonté soit faite en moi et en toutes tes créatures, je ne désire rien d’autre ô mon Dieu. Vous reconnaissez la prière de Charles de Foucauld. Qu’elle soit nôtre aujourd’hui !