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Homélie - Rameaux

Par Père Abbé
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Homélie pour le dimanche des Rameaux

            Vraiment celui-là était le fils de Dieu ! Qui a prononcé cette parole ? Le centurion et ceux qui gardaient Jésus avec lui. Ce récit de la Passion que nous venons d’écouter nous rappelle la mort cruelle de Jésus pour nous conduire à cette confession de foi. Tout l’évangile lu au cours de la liturgie veut nous faire discerner dans l’humanité de Jésus, dans sa vie, ses paroles, ses gestes et surtout sa mort et sa résurrection, la présence de Dieu en cet homme Jésus. Le récit de saint Marc débute ainsi : Commencement de l’évangile de Jésus-Christ, Fils de Dieu. (Mc 1, 1) Saint Jean parle de gloire : et le Verbe s’est fait chair, et il a habité parmi nous et nous avons vu sa gloire, cette gloire que Fils unique il tient de son Père. Et dès le premier signe à Cana de Galilée, Jean nous dit que Jésus manifesta sa gloire et ses disciples crurent en lui. (Jn 2,11) Lors de la transfiguration, après l’annonce de la Passion, les trois témoins, qui seront ceux de son agonie virent la gloire de Jésus. (Lc 9, 32). Où est cette gloire dans ce récit de la Passion ? Il ne s’agit pas d’une gloire de puissance, le dialogue avec Pilate l’a bien montré. Quelle est la gloire qui peut se manifester dans l’impuissance, la faiblesse, la souffrance et même la mort ?  Ce ne peut être que la gloire de l’amour. Il n’y a pas de plus grand amour que de donner sa vie pour ceux qu’on aime. Ce qui a le plus bouleversé l’opinion mondiale après le martyre des sept Frères de Tibhirine n’est-ce pas cet amour qui transparaît dans le testament de Christian ? Peut-on percevoir cette gloire sans s’ouvrir à la foi ? Comment parler de gloire s’il n’y a pas un au-delà de la mort, si la mort ne s’ouvre pas sur la vie ?  

            Avant de ressusciter son ami Lazare, Jésus dit à Marthe : Ne t’ai-je pas dit : si tu crois, tu verras la gloire de Dieu ? (Jn 11, 40) C’est ce qui nous est demandé aujourd’hui en entendant et méditant ce récit de la mort de Jésus. Oui, si nous croyons, nous verrons la gloire de Dieu.

            Quand Jésus évoquait sa mort il parlait de son heure, l’heure de passer du monde à son Père. A la perspective de cette heure, comme tout homme, il a ressenti une grande angoisse. Maintenant mon âme est troublée et que dirai-je ? Père sauve-moi de cette heure ? Mais c’est précisément pour cette heure que je suis venu. Père, glorifie ton nom. Jésus humilié et mourant sur la croix est donc le cœur de la gloire de Dieu ! Ce qui est scandale pour les Juifs, folie pour les païens, est pour nous qui croyons le cœur de la gloire de Dieu.

            Étienne, avant de mourir vit la gloire de Dieu et Jésus debout à la droite de Dieu (Ac 7, 55) La liturgie, par la célébration du repas que Jésus nous a laissé en mémorial : Prenez et mangez, ceci est mon corps ; prenez et buvez, ceci est mon sang, nous permet d’entrevoir dans la foi cette gloire cachée, humiliée, cette gloire d’un Dieu qui aime les hommes d’un amour fou et qui a soif de notre amour : J’ai soif ! Donne-moi à boire ! Pierre m’aimes-tu, m’aimes-tu plus que ceux-ci ? Saurons-nous répondre, aujourd’hui et durant cette Semaine Sainte : Oui, Seigneur, tu sais tout, tu sais bien que je t’aime ? Telle est la réponse silencieuse de Marie, de Jean et des quelques femmes demeurées fidèles au pied de la Croix.