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Ste Thérèse d'Avila et St Joseph

Fête de saint Joseph 15 mars 2008

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Sainte Thérèse d'Avila avait une grande dévotion
envers saint Joseph.

 

Elle est née en 1515. En 1538 elle est très malade et elle suit un traitement. Elle parle dans sa Vie, chapitre 6 comment elle fut guérie.

          J'y souffris de grandes tortures car le traitement était trop rude pour mon tempérament. Au bout de deux mois on m'avait, à force de médecines, ôté presque la vie elle-même, j'étais épuisée car je ne prenais aucune nourriture, je me contentais d'un peu de liquide. J'étais dégoûtée de tout. Ô mon Dieu ! Je désirais la santé pour mieux vous servir et c'est d'elle qu'est venu tout le dommage a causé à mon âme. Me voyant si percluse à un âge si tendre encore et considérant l'état où m'avaient réduite les médecins de la terre, je résolus de recourir à ceux du ciel, pour obtenir ma guérison. Si je désirais revenir encore à la santé, je supportais cependant mon mal avec beaucoup de joie. Je pensais que si avec la santé je devais me damner, mieux valait rester ainsi. Néanmoins, je m'imaginais qu'une fois rétablie, je servirais Dieu d'une manière bien plus ficèle. C'est là notre illusion. Nous ne nous abandonnons pas entièrement à la volonté de Dieu. Il sait pourtant mieux que nous ce qui nous convient.

          Je commençai donc mes dévotions qui consistaient à faire dire des messes et à réciter des prières très approuvées. Je pris pour avocat et patron le glorieux saint Joseph et je me recommandai instamment à lui. J'ai vu bien clairement que c'est lui, mon père et mon protecteur, qui m'a guérie de cette infirmité, comme il m'a tirée également de dangers très grands où il s'agissait de mon honneur et du salut de mon âme. Son assistance m'a procuré plus de bien que je ne savais lui en demander. Je ne me souviens pas de lui avoir jamais adressé une supplique qu'il ne l'ait exaucée. C'est une chose merveilleuse que les grâces insignes dont Dieu m'a favorisée et les dangers tant du corps que de l'âme dont il m'a délivrée par la médiation de ce bienheureux saint. Les autres semblent avoir reçu de Dieu le pouvoir de nous assister dans une nécessité spéciale. Mais ce glorieux saint, je le sais par expérience, nous assiste dans tous nos besoins. Notre Seigneur veut nous faire comprendre que, s'il a été soumis sur la terre à celui qu'il appelait son père, parce que c'était son gouverneur qui pouvait lui commander, il défère également au ciel à toutes ses suppliques. C'est ce qu'ont reconnu par expérience plusieurs personnes qui, d'après mes conseils, se sont recommandées à lui. À l'heure actuelle, elles sont nombreuses les âmes qui l'honorent et constatent de nouveau la vérité de ce que j'avance.

          Je m'appliquais à faire célébrer sa fête avec toute la solennité possible. Je voudrais persuader à toutes les âmes qu'elles doivent porter de la dévotion à ce glorieux saint. Une longue expérience, en effet, m'a montré les grâces qu'il nous obtient de Dieu. Je n'ai pas connu une seule personne, ayant pour lui une dévotion vraie et l'honorant d'un culte particulier, que je ne l'aie vue plus avancée dans la vertu. Il fait progresser d'une manière admirable les âmes qui se recommandent à lui. Depuis plusieurs années, ce me semble, je lui demande une grâce le jour de sa fête et je l'ai toujours obtenue et lorsque ma supplique est quelque peu de travers, il la redresse pour le plus grand bien de mon âme.

          Si j'avais autorité pour écrire, je m'appliquerais très volontiers à raconter dans tous leurs détails les faveurs dont ce glorieux saint m'a favorisée, ainsi que d'autres personnes. Je demande seulement pour l'amour de Dieu à celui qui ne me croirait pas, d'en faire l'expérience. Il verrait par son expérience combien il est avantageux de se recommander à ce glorieux patriarche et d'avoir pour lui une dévotion spéciale. Les âmes d'oraison, en particulier, lui doivent un culte tout filial. Je ne sais d'ailleurs comment on pourrait penser à la Reine des Anges et à toutes les souffrances qu'elle a endurées en compagnie de l'Enfant Jésus, sans remercier saint Joseph de les avoir si bien aidés alors l'un et l'autre. Que celui qui n'aura pas de maître pour lui enseigner l'oraison prenne ce glorieux saint pour guide et il ne risquera point de s'égarer. Plaise à Dieu que je ne me sois égarée moi-même en osant parler de lui ! Il m'a bien montré ce qu'il est, puisque, grâce à lui, j'ai pu enfin me lever, marcher et être délivrée de ma paralysie.