Aller au contenu. | Aller à la navigation

Outils personnels

Abbaye de Tamié

Unité des chrétiens

Homélie par Frère Antoine
   
             
 
Prière pour l'Unité des Chrétiens

1ère lecture : Dans la Galilée des nations le peuple a vu se lever une grande lumière (Is 8, 23b – 9, 3)
Lecture du livre du prophète Isaïe
Dans un premier temps, le Seigneur a couvert de honte le pays de Zabulon et le pays de Nephtali ; mais ensuite, il a couvert de gloire la route de la mer, le pays au-delà du Jourdain et la Galilée des nations. Le peuple qui marchait dans les ténèbres a vu se lever une grande lumière ; et sur les habitants du pays de l’ombre, une lumière a resplendi. Tu as prodigué la joie, tu as fait grandir l’allégresse : ils se réjouissent devant toi, comme on se réjouit de la moisson, comme on exulte au partage du butin. Car le joug qui pesait sur lui, la barre qui meurtrissait son épaule, le bâton du tyran, tu les as brisés comme au jour de Madiane.

Psaume 26 (27)

R/ Le Seigneur est ma lumière et mon salut.

Le Seigneur est ma lumière et mon salut ;
de qui aurais-je crainte ?
Le Seigneur est le rempart de ma vie ;
devant qui tremblerais-je ?

J’ai demandé une chose au Seigneur,
la seule que je cherche :
habiter la maison du Seigneur
tous les jours de ma vie,

Mais j’en suis sûr, je verrai les bontés du Seigneur
sur la terre des vivants.
« Espère le Seigneur, sois fort et prends courage ;
espère le Seigneur. »

2ème lecture : « Tenez tous le même langage ; qu’il n’y ait pas de division entre vous » (1 Co 1, 10-13.17)
Lecture de la première lettre de saint Paul Apôtre aux Corinthiens

Frères, Soeurs je vous exhorte au nom de notre Seigneur Jésus Christ :ayez tous un même langage ;qu’il n’y ait pas de division entre vous, soyez en parfaite harmonie de pensées et d’opinions. Il m’a été rapporté à votre sujet, mes frères, par les gens de chez Chloé, qu’il y a entre vous des rivalités. Je m’explique. Chacun de vous prend parti en disant : « Moi, j’appartiens à Paul »,ou bien :« Moi, j’appartiens à Apollos »,ou bien :« Moi, j’appartiens à Pierre »,ou bien :« Moi, j’appartiens au Christ ». Le Christ est-il donc divisé ?Est-ce Paul qui a été crucifié pour vous ?Est-ce au nom de Paul que vous avez été baptisés ? Le Christ, en effet, ne m’a pas envoyé pour baptiser, mais pour annoncer l’Évangile et cela sans avoir recours au langage de la sagesse humaine, ce qui rendrait vaine la croix du Christ.

Evangile : Il vint habiter à Capharnaüm pour que soit accomplie la parole d’Isaïe (Mt 4, 12-23).
Alléluia. Alléluia. Jésus proclamait l’Évangile du Royaume et guérissait toute maladie dans le peuple. Alléluia.
Évangile de Jésus Christ selon saint Matthieu

Quand Jésus apprit l’arrestation de Jean le Baptiste, il se retira en Galilée. Il quitta Nazareth et vint habiter à Capharnaüm, ville située au bord de la mer de Galilée, dans les territoires de Zabulon et de Nephtali. C’était pour que soit accomplie la parole prononcée par le prophète Isaïe : Pays de Zabulon et pays de Nephtali, route de la mer et pays au-delà du Jourdain, Galilée des nations ! Le peuple qui habitait dans les ténèbres a vu une grande lumière. Sur ceux qui habitaient dans le pays et l’ombre de la mort, une lumière s’est levée. À partir de ce moment, Jésus commença à proclamer : « Convertissez-vous, car le royaume des Cieux est tout proche. »

 Comme il marchait le long de la mer de Galilée, il vit deux frères, Simon, appelé Pierre et son frère André qui jetaient leurs filets dans la mer ; car c’étaient des pêcheurs. Jésus leur dit : « Venez à ma suite et je vous ferai pêcheurs d’hommes. » Aussitôt, laissant leurs filets, ils le suivirent.

De là, il avança et il vit deux autres frères, Jacques, fils de Zébédée et son frère Jean, qui étaient dans la barque avec leur père, en train de réparer leurs filets. Il les appela. Aussitôt, laissant la barque et leur père, ils le suivirent.

 Jésus parcourait toute la Galilée ; il enseignait dans leurs synagogues, proclamait l’Évangile du Royaume, guérissait toute maladie et toute infirmité dans le peuple.

©AELF - Paris 2013

Évangile : "Que tous soient un !" (Jn 17 20-26)

Jésus priait ainsi son Père : Je ne prie pas seulement pour ceux qui sont là, mais encore pour ceux qui, grâce à leur parole, croiront en moi. Que tous soient un, comme toi, Père, tu es en moi, et moi en toi. Qu’ils soient un en nous, eux aussi, pour que le monde croie que tu m’as envoyé. Et moi, je leur ai donné la gloire que tu m’as donnée, pour qu’ils soient un comme nous sommes UN : moi en eux, et toi en moi. Qu’ils deviennent ainsi parfaitement un, afin que le monde sache que tu m’as envoyé, et que tu les as aimés comme tu m’as aimé. Père, ceux que tu m’as donnés, je veux que là où je suis, ils soient eux aussi avec moi, et qu’ils contemplent ma gloire, celle que tu m’as donnée parce que tu m’as aimé avant la fondation du monde. Père juste, le monde ne t’a pas connu, mais moi je t’ai connu, et ceux-ci ont reconnu que tu m’as envoyé. Je leur ai fait connaître ton nom, et je le ferai connaître, pour que l’amour dont tu m’as aimé soit en eux, et que moi aussi, je sois en eux. »
 

Homélie

 Jésus prie pour l’unité non seulement de ses apôtres et des disciples de son temps mais pour l’Eglise à venir.

« Que tous soient un ». Pourtant, quand on regarde l’histoire de l’Église, on voit plutôt l’histoire des divisions des chrétiens au cours des siècles plutôt qu’une marche vers l’unité. En 20 siècles d’histoire 21 conciles œcuméniques ont été réunis pour combattre les hérésies (ariens, nestoriens, monophysites… avec les deux grands schismes celui d’Orient au XI° siècle et celui de la Réforme protestante au XVI° …). Seul Vatican II n’a pas prononcé d’anathème, mais il a provoqué le schisme de Mgr Lefèvre. De quelle unité s’agit-il ? D’une unité qui n’est ni sociologique ni uniformité puisqu’elle doit nous introduire dans la vie même de Dieu qui est Père, Fils et Esprit, personnes distinctes. Nous sommes dans la foi. C’est l’Esprit Saint qui nous unifie. L’unité des chrétiens ne se fait pas parce que nous nous mettons d’accord entre nous mais parce que nous cheminons à la suite de Jésus connu dans les Écritures et grâce à l’Esprit qui agit dans le monde. « Ce n’est pas vous qui m’avez choisi, c’est moi qui vous ai choisis ». Il y a donc une unité invisible qui échappe aux statistiques parce qu’elle concerne le lien personnel de chacun de nous avec la Trinité qui nous rend fils et frères. Voir la récente enquête de « La Croix et du Pèlerin » (12 .01.2017)

« Afin que le monde croie ». L’unité invisible de la famille de Jésus ne suffit pas. Le but de la prière de Jésus pour l’unité c’est : « afin que le monde croie ». En régime chrétien, le divin s’incarne dans l’humain et doit donc laisser des traces repérables dans notre histoire terrestre. Le pape François indique trois chemins concrets pour rendre visibles aux hommes de bonne volonté les traces divines de cette unité.

1) Lutter ensemble contre le mal qui afflige l’humanité (guerres, migrants, pollution, pauvreté…) Il met en premier non pas d’abord «l’orthodoxie», c’est-à-dire la juste doctrine (dont il ne nie pas l’importance), mais «l’orthopraxis» c’est-à-dire la pratique chrétienne fidèle à l’Évangile. Il y a des gens qui peuvent se dire chrétiens mais qui, en fait ne le sont pas («Je ne vous connais pas » Mt 7,23) et d’autres qui ne sont pas officiellement dans l’Église mais que Jésus reconnait comme disciples («C’est à moi que vous l’avez fait » Mt 25,40).

2) Prier ensemble. Prier ce n’est pas demander à Dieu de faire notre volonté mais bien de l’écouter pour que nous, nous fassions sa volonté, c’est manifester visiblement que l’unité des chrétiens n’est pas une affaire d’accord entre nous mais reconnaître le «C’est moi qui vous ai choisis». Il s’agit d’une autre unité que celle mondaine et politique où il n’y a pas de victoire possible de la gauche ou de la droite si on ne s’unit pas pour gagner les élections.

3) «L’œcuménisme de sang» c’est à dire la confession commune de foi exprimée dans le martyre (les moines de Tibhirine ont versé leur sang par fidélité à l’Évangile mais il y a aussi d’autres chrétiens (coptes en particulier) et même des musulmans comme Mohamed chauffeur de Mgr Claverie , évêque d’Oran et d’autres

En résumé : l’unité dont parle Jésus n’est pas mondaine, sociologique, elle est liée à l’accueil de son Esprit. Mais les hommes de bonne volonté peuvent reconnaître «une force d’en haut» dans les trois critères que nous donne le pape François. Et maintenant, chacun de nous est invité, en proclamant le Credo, à vivre les paroles de la prière de Jésus : «Père, tu es en moi et je suis en toi, qu’ils soient en nous eux aussi afin que le monde croie que tu m’as envoyé».