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Abbaye de Tamié

Dimanche des Rameaux

Homélie par Frère Marco

Terre cuite de Fr. A. Gélineau

Procession des Rameaux

Évangile
« Béni soit celui qui vient au nom du Seigneur ! » (Mc 11, 1-10)

Évangile de Jésus Christ selon saint Marc

Lorsqu’ils approchent de Jérusalem, vers Bethphagé et Béthanie, près du mont des Oliviers, Jésus envoie deux de ses disciples et leur dit : « Allez au village qui est en face de vous. Dès que vous y entrerez, vous trouverez un petit âne attaché, sur lequel personne ne s’est encore assis. Détachez-le et amenez-le. Si l’on vous dit : ‘Que faites-vous là ?’, répondez : ‘Le Seigneur en a besoin, mais il vous le renverra aussitôt.’ »
Ils partirent, trouvèrent un petit âne attaché près d’une porte, dehors, dans la rue, et ils le détachèrent. Des gens qui se trouvaient là leur demandaient : « Qu’avez-vous à détacher cet ânon ? » Ils répondirent ce que Jésus leur avait dit, et on les laissa faire. Ils amenèrent le petit âne à Jésus, le couvrirent de leurs manteaux, et Jésus s’assit dessus.
Alors, beaucoup de gens étendirent leurs manteaux sur le chemin, d’autres, des feuillages coupés dans les champs. Ceux qui marchaient devant et ceux qui suivaient criaient : « Hosanna ! Béni soit celui qui vient au nom du Seigneur ! Béni soit le Règne qui vient, celui de David, notre père. Hosanna au plus haut des cieux ! »

 

Messe de la Passion

 

Première lecture (Is 50, 4-7)

Le Seigneur mon Dieu m’a donné le langage des disciples, pour que je puisse, d’une parole, soutenir celui qui est épuisé. Chaque matin, il éveille, il éveille mon oreille pour qu’en disciple, j’écoute. Le Seigneur mon Dieu m’a ouvert l’oreille, et moi, je ne me suis pas révolté, je ne me suis pas dérobé. J’ai présenté mon dos à ceux qui me frappaient, et mes joues à ceux qui m’arrachaient la barbe. Je n’ai pas caché ma face devant les outrages et les crachats. Le Seigneur mon Dieu vient à mon secours ; c’est pourquoi je ne suis pas atteint par les outrages, c’est pourquoi j’ai rendu ma face dure comme pierre : je sais que je ne serai pas confondu. – Parole du Seigneur.

Psaume (21 (22)

R/ Mon Dieu, mon Dieu, pourquoi m’as-tu abandonné ?

Tous ceux qui me voient me bafouent,
ils ricanent et hochent la tête :
« Il comptait sur le Seigneur : qu’il le délivre !
Qu’il le sauve, puisqu’il est son ami ! »

Oui, des chiens me cernent,
une bande de vauriens m’entoure.
Ils me percent les mains et les pieds ;
je peux compter tous mes os.

Ils partagent entre eux mes habits
et tirent au sort mon vêtement.
Mais toi, Seigneur, ne sois pas loin :
ô ma force, viens vite à mon aide !

Tu m’as répondu !
Et je proclame ton nom devant mes frères,
je te loue en pleine assemblée.
Vous qui le craignez, louez le Seigneur.

Deuxième lecture
« Il s’est abaissé : c’est pourquoi Dieu l’a exalté » (Ph 2, 6-11)

Lecture de la lettre de Saint Paul apôtre aux Philippiens

Le Christ Jésus,
ayant la condition de Dieu,
ne retint pas jalousement
le rang qui l’égalait à Dieu.

Mais il s’est anéanti,
prenant la condition de serviteur,
devenant semblable aux hommes.

Reconnu homme à son aspect,
il s’est abaissé,
devenant obéissant jusqu’à la mort,
et la mort de la croix.

C’est pourquoi Dieu l’a exalté :
il l’a doté du Nom
qui est au-dessus de tout nom,

afin qu’au nom de Jésus
tout genou fléchisse
au ciel, sur terre et aux enfers,

et que toute langue proclame :
« Jésus Christ est Seigneur »
à la gloire de Dieu le Père.

 

Évangile
Passion de notre Seigneur Jésus Christ
(Mc 15, 1-39)

La Passion de notre Seigneur Jésus Christ selon saint Marc

L. Dès le matin, les grands prêtres convoquèrent les anciens et les scribes et tout le Conseil suprême.
Puis, après avoir ligoté Jésus, ils l’emmenèrent et le livrèrent à Pilate.
 Celui-ci l’interrogea : A. « Es-tu le roi des Juifs ? »
Jésus répondit : X « C’est toi-même qui le dis. »
 L. Les grands prêtres multipliaient contre lui les accusations.
 Pilate lui demanda à nouveau : A. « Tu ne réponds rien ?
Vois toutes les accusations qu’ils portent contre toi. »
 L. Mais Jésus ne répondit plus rien, si bien que Pilate fut étonné.
 À chaque fête, il leur relâchait un prisonnier, celui qu’ils demandaient.
 Or, il y avait en prison un dénommé Barabbas, arrêté avec des émeutiers
pour un meurtre qu’ils avaient commis lors de l’émeute.
 La foule monta donc chez Pilate, et se mit à demander ce qu’il leur accordait d’habitude.
 Pilate leur répondit : A. « Voulez-vous que je vous relâche le roi des Juifs ? »
 L. Il se rendait bien compte que c’était par jalousie que les grands prêtres l’avaient livré.
 Ces derniers soulevèrent la foule pour qu’il leur relâche plutôt Barabbas.
 Et comme Pilate reprenait : A. « Que voulez-vous donc que je fasse de celui que vous appelez le roi des Juifs ? »,
 L. de nouveau ils crièrent : F. « Crucifie-le ! »
 L. Pilate leur disait : A. « Qu’a-t-il donc fait de mal ? »
L. Mais ils crièrent encore plus fort : F. « Crucifie-le ! »
 L. Pilate, voulant contenter la foule, relâcha Barabbas et, après avoir fait flageller Jésus,
il le livra pour qu’il soit crucifié.

 Les soldats l’emmenèrent à l’intérieur du palais, c’est-à-dire dans le Prétoire.
Alors ils rassemblent toute la garde,  ils le revêtent de pourpre, et lui posent sur la tête une couronne d’épines qu’ils ont tressée.
 Puis ils se mirent à lui faire des salutations, en disant : F. « Salut, roi des Juifs ! »
 L. Ils lui frappaient la tête avec un roseau, crachaient sur lui, et s’agenouillaient pour lui rendre hommage.
 Quand ils se furent bien moqués de lui, ils lui enlevèrent le manteau de pourpre et lui remirent ses vêtements.

Puis, de là, ils l’emmènent pour le crucifier et ils réquisitionnent, pour porter sa croix un passant, Simon de Cyrène, le père d’Alexandre et de Rufus qui revenait des champs.
 Et ils amènent Jésus au lieu dit Golgotha, ce qui se traduit : Lieu-du-Crâne (ou Calvaire).
 Ils lui donnaient du vin aromatisé de myrrhe ; mais il n’en prit pas.
 Alors ils le crucifient, puis se partagent ses vêtements, en tirant au sort pour savoir la part de chacun.
 C’était la troisième heure (c’est-à-dire : neuf heures du matin) lorsqu’on le crucifia.
 L’inscription indiquant le motif de sa condamnation portait ces mots : « Le roi des Juifs ».
 Avec lui ils crucifient deux bandits, l’un à sa droite, l’autre à sa gauche.
 Les passants l’injuriaient en hochant la tête ; ils disaient : F. « Hé ! toi qui détruis le Sanctuaire et le rebâtis en trois jours,
 sauve-toi toi-même, descends de la croix ! »
 L. De même, les grands prêtres se moquaient de lui avec les scribes en disant entre eux : A. « Il en a sauvé d’autres et il ne peut pas se sauver lui-même !  Qu’il descende maintenant de la croix, le Christ, le roi d’Israël ; alors nous verrons et nous croirons. »
L. Même ceux qui étaient crucifiés avec lui l’insultaient.

 Quand arriva la sixième heure (c’est-à-dire : midi) l’obscurité se fit sur toute la terre jusqu’à la neuvième heure. 
 Et à la neuvième heure, Jésus cria d’une voix forte : X « Éloï, Éloï, lema sabactani ? »,
L. ce qui se traduit : X « Mon Dieu, mon Dieu, pourquoi m’as-tu abandonné ? » 
 L. L’ayant entendu quelques-uns de ceux qui étaient là disaient : F. « Voilà qu’il appelle le prophète Élie ! »
 L. L’un d’eux courut tremper une éponge dans une boisson vinaigrée il la mit au bout d’un roseau, et il lui donnait à boire, en disant :
A. « Attendez ! Nous verrons bien si Élie vient le descendre de là ! »
 L. Mais Jésus, poussant un grand cri, expira.

 Le rideau du Sanctuaire se déchira en deux, depuis le haut jusqu’en bas.
 Le centurion qui était là en face de Jésus, voyant comment il avait expiré, déclara : A. « Vraiment, cet homme était Fils de Dieu ! »

© AELF - Paris 2013

Homélie

Etrange célébration que celle  de ce jour où nous avons basculé d’une joie débordante de l’entrée triomphale de Jésus à Jérusalem au drame de son procès de sa condamnation de sa mise à mort sur le bois de la croix…En moins d’une heure nous sommes passés de la lumières aux ténèbres…des chants de joie aux cris des larmes…et nous voici, maintenant ici dans cette Eglise, face à la croix, face à Jésus crucifié…« La lumière est scellée, l’espoir s’en est allé, Voici le temps où Dieu dans l’ombre a chancelé…Voici le temps où meurt le prince de la vie, cerné d’angoisse et de peur…Le mal est-il victorieux ? »     Nous voici dans cette Eglise où résonne encore à nos oreilles ce cri … cri porteur d’un immense désarroi… mais aussi d’extrême confiance… 

« Mon Dieu mon Dieu pourquoi m’as –tu abandonné »

Dans la nuit de l’angoisse…de la solitude la plus  insoutenable Jésus continu d’appeler Dieu …ce Dieu absent, ce Dieu contre Lui…Mon Dieu…Mon Dieu…dans l’absence…dans la nuit Dieu reste pour Jésus  son Dieu chéri…Mon Dieu…mon Dieu…pourquoi l’absence dans la nuit…pourquoi le doute et la blessure…

            Désiré un jeune catéchumène de 22 ans  me posait cette question pourquoi la Croix pourquoi Jésus est mort sur la croix ? Pourquoi avoir enduré tant de souffrances ?

            Pour nous la croix,… Jésus suspendu à la croix est le plus haut témoignage que l’amour de Dieu pouvait nous donner…  Dans  le crucifié nous est dévoilé que ce n’est pas pour « rire que Dieu nous a aimé »…Car cette mort est un martyr…un témoignage…    

            Jésus, par le don de sa vie  témoignage jusqu’à l’extrême de l’amour de  la fidélité de Dieu à l’égard de l’homme… de tous les hommes, « même pour les assassins et les bourreaux, même pour ceux qui agissent dans les ténèbres, prêt à vous traiter en animal de boucherie » (P. Christian de Ch.)   Jésus sur la croix…nous dit sans parole quelques chose du mystère ce que nous appelons Dieu…A travers  le récit de la passion que nous avons entendu, Marc, l’évangéliste nous dit : Voici votre Dieu ! …il n’y a pas d’autre Dieu que Lui !

La croix nous révèle  le Secret d'amour longtemps caché,
le Mystère où Dieu se livre au monde,
où Le Fils Bien -Aimé est envoyé
Rejoindre l'homme dans la nuit.  La croix nous révèle  l’Agneau que Dieu nous promettait,
Réponse au cri de nos détresses.. La croix nous révèle, en Jésus le visage du Père encore voilé,
Visage obscur du Dieu de gloire,
Il prend sur lui notre péché,
Il nous relève par la croix.

Regardons Jésus,

Le visage incliné S'apaise aux ténèbres,
Le rideau s’est déchiré Dans le Temple désert.
La mort du Juste
A consommé la faute,
Et l'Amour a gagné
L'immense défaite :
Demain, le Jour surgira
Du tombeau.