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Abbaye de Tamié

Billet du jour, jeudi 26 juillet

Jr 2, 1-13

La parole du Seigneur me fut adressée : Va proclamer aux oreilles de Jérusalem « Ainsi parle le Seigneur, Je me souviens de la tendresse de tes jeunes années, ton amour de jeune mariée, lorsque tu me suivais au désert, dans une terre inculte. Israël était consacré au Seigneur, première gerbe de sa récolte ; celui qui en mangeait était coupable : il lui arrivait malheur, – oracle du Seigneur. »

Écoutez la parole du Seigneur, maison de Jacob et toutes les familles de la maison d’Israël. Ainsi parle le Seigneur : En quoi vos pères m’ont-ils trouvé injuste, eux qui se sont éloignés de moi, qui ont suivi des dieux de néant pour devenir eux-mêmes néant ?

Ils n’ont pas dit : « Où est-il, le Seigneur, lui qui nous a fait monter de la terre d’Égypte et marcher dans le désert, terre aride et ravinée, terre sèche et sinistre, terre où personne n’est jamais passé, où aucun homme n’a jamais habité ? »

Je vous ai fait entrer dans une terre plantureuse pour vous nourrir de tous ses fruits. Mais à peine entrés, vous avez profané ma terre, changé mon héritage en abomination.

Les prêtres n’ont pas dit : « Où est-il, le Seigneur ? »

Les dépositaires de la Loi ne m’ont pas connu, les pasteurs se sont révoltés contre moi ; les prophètes ont prophétisé au nom du dieu Baal, ils ont suivi des dieux qui ne servent à rien.

C’est pourquoi, de nouveau, je vais faire un procès contre vous, – oracle du Seigneur un procès contre les fils de vos fils. Passez jusqu’aux rivages de l’Occident, et regardez ; envoyez faire des recherches en Orient, et regardez si pareille chose est arrivée ! Une nation a-t-elle jamais changé de dieux ? – Et ce ne sont même pas des dieux ! Or mon peuple a échangé sa gloire contre ce qui ne sert à rien. Cieux, soyez-en consternés, horrifiés, épouvantés ! – oracle du Seigneur.

Oui, mon peuple a commis un double méfait : ils m’ont abandonné, moi, la source d’eau vive, et ils se sont creusé des citernes, des citernes fissurées qui ne retiennent pas l’eau !

 

 

Comme ses homologues du royaume du Nord, Jérémie, prophète de Jérusalem, assiste lui aussi à une débâcle : la force d’Israël est dans la mémoire de l’exode, quand Dieu a libéré son peuple et l’a établi sur sa terre. Son identité tient toute entière dans le souvenir d’un passage.

Si ce peuple est attaché à un lieu, c’est comme par une greffe. En négligeant d’organiser sa vie en référence à cet événement, il se condamne lui-même. Ce n’est pas la terre qui pourra réclamer sa présence.

Mais en symétrie, et paradoxalement, sa vulnérabilité confère à cette identité une grande intensité : il pourrait même ne plus être sur cette terre, son histoire serait toujours là pour attester son existence.

Au lieu de vivre de thésaurisation, il vit du jaillissement permanent de l’amour de Dieu pour lui, comme une source vive. Et cette source-là ne tarit pas.