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Abbaye de Tamié

Chronique d'Août

Il y eut un soir, il y eut un matin... et d'autres encore.

Chronique de l'Abbaye de Tamié
Août 2006


Père Abbé commente pendant les chapitres du matin les constitutions sur l’admission des Frères : « La formation à la vie cistercienne apère abbé préside-2 pour fin de restaurer la ressemblance divine chez les frères grâce à l'action de l'Esprit Saint. Aidés par la sollicitude maternelle de la Mère de Dieu, les frères progressent dans la voie monastique en sorte qu'ils parviennent peu à peu à la taille du Christ dans sa plénitude. » Une telle démarche dépasse toutes les possibilités humaines et dure toute la vie. « La solitude, la prière incessante, le travail humble, la pauvreté volontaire, la chasteté dans le célibat et l'obéissance » sont des moyens mis en œuvre dans une communauté, mais l’œuvre de Dieu et la docilité du frère coopèrent. Dieu fait ce don et celui qui les pratique est signe de la puissance de Dieu dans notre faiblesse.

Mercredi 2 : Journée de désert avancée. Les chèvres de l’alpage de Chaurionde ont un gros chien pyrénéen pour les garder, cela impressionne les marcheurs et espérons-le le loup qui rôde dans le secteur.

Jeudi 3
: Le diocèse d’Annecy organise comme chaque année, à Tamié, une journée Vacances et Foi. 130 personnes environ y participent et les causeries du P. Voisin se font à l’église.
Le groupe des adultes Slovaques part ce matin, un autre de 31 jeunes avec un aumônier et un couple arrivera en voiture le 14 août. Ils viennent de toute la Slovaquie, alors que l’an dernier c’était surtout des environs de Bratislava. Le bouche à oreille a fonctionné, spécialement entre les étudiants. Frantiska qui avait connu Fr. Gaël à Paris et par lui Tamié, coordonne les mouvements. Son idée est une fondation monastique en Slovaquie.

Jeudi 10 : Christian Regat nous passionne en deux conférences de deux heures avec des diapositives rapportées du voyage qu’il a organisé en Éthiopie, pays riche d’une histoire ancienne, le seul a avoir utilisé l’écriture en Afrique. La culture était sémitique et le christianisme s’y est implanté très tôt (l’intendant de la reine de Candace nommée dans les Actes des Apôtres était de la région) et s’est maintenu de façon original. Des Juifs étaient arrivés avant même l’exil à Babylone. Actuellement la situation économique et politique est difficile, le tourisme se développe et les richesses culturelles de cette région sont mieux connues.

Vendredi 11 : La SNCF demande à ce que les voyageurs empruntant le TGV montent en voiture 2 minutes avant l’heure de départ. Et les moines pour l’office?

Samedi 12 : A 19 h 45, sur la chaîne de télévision régionale France 3 Grenoble présente un court reportage sur les documents de nos archives : l’antiphonaire copié sur parchemin par une moniale de l'Abbaye cistercienne de Ravensberghe près de Dunkerque de 1453 à 1456, a beaucoup de succès ! Il était passé à la Radio sur France Culture pendant l'hiver et en première page de l'hebdomadaire La Savoie au printemps.

Dimanche 13 : Le matin, Père Abbé continue la présentation de l’article de Patrick Prétot à propos de la célébration du dimanche, il est mémoire pascale et donc jour eucharistique et jour de l'assemblée chrétienne. La clef de l’édifice consiste à cultiver la mémoire hebdomadaire du mystère pascal. Si cette mémoire s'exerce au plus haut point dans la célébration de l’Eucharistie, elle s'exprime en priorité par la sanctification du dimanche, celle-ci pouvant être portée également par des célébrations de la Parole, par la prière personnelle et par une certaine manière de vivre ce jour particulier : retrouver la liturgie des Heures, développer la liturgie de la Parole ; articuler les moments et les lieux de célébration.

Lundi 14 : D’un article du Journal La Croix : Mgr Gérard Defois. En France « la pratique religieuse n’est qu’une des expressions de la foi. Il ne faut pas avoir une conception trop étroite de la pratique religieuse. […] Il faut donner la priorité à l’évangélisation par rapport aux sacrements. […] Le danger est de vouloir faire une Église qui reproduirait le passé. […] Il faut être plus attentif à l’intergénérationnel dans l’Église ce qui permettrait d’être plus à l’écoute des attentes des jeunes. […] Nous sommes passés d’un catholicisme d’appartenance et de consommation à un catholicisme de conviction et de sélection. […] Auparavant on allait de la foi à l’engagement, alors qu’aujourd’hui on découvre la foi dans sa vie. […] Il faut vivre l’Église autrement. »
Arrivée du groupe de 34 jeunes Slovaques, dont un prêtre et un couple. Une douzaine d’entre eux étaient déjà présents l’an dernier. Ils désirent découvrir la vie monastique, se renouveler spirituellement.

Mardi 15 : Assomption de Notre Dame. Grand beau temps entre deux périodes de pluie et de froid. L’assistance à l’Eucharistie est d’environ 450 personnes avec un large éventail des âges. L’assistance aux vêpres fait église comble du côté des séculiers, et ce semble en augmentation.

Dimanche 20 : Chapitre de Père Abbé : Accueillir l’autre dans sa vie. Il est facile de dénoncer les guerres, les génocides, mais comment je vis mes relations avec les autres les plus proches, trop proches ? Quelle conception nous nous faisons de la charité ? Il est plus facile de rendre un service que d’accueillir celui qu’on me propose. Comment être plein de générosité, de tendresse, pour imiter Dieu ? Au regard de l’amour, l’autre est l’égal de Dieu, car il est le lieu de l’altérité absolue, l’image du Tout-Autre qu’on ne rencontre nulle part si on ne va pas au-devant de n’importe qui. Comment manifester une tendresse qui sait demeurer virile ? Chacun de nous a un besoin fondamental de se sentir reconnu, apprécié, aimé. C’est dans le regard que je porte sur lui qu’il percevra cette tendresse. Mais plus encore dans le oui avec lequel j’accueille sa demande. Qui se fâche se donne toujours tort, même si ce qu’il dit est juste et fondé. Jean Paul II soulignait « l’importance ecclésiale du témoignage donné par une communauté unie et fraternelle ». Le plus grave n’est pas quand l’autre me dérange et entre dans ma vie, mais bien lorsqu’il m’ignore ou m’exclut de son champ visuel ou d’action.
La communauté invite de façon tout à fait exceptionnelle le groupe des jeunes Slovaques, à un repas échange le soir dans le jardin sud. Les dialogues sont un peu laborieux, du fait de la langue, mais les yeux savent dire le message du coeur.
slovaques à tamié 1

Lundi 21 : Fin du livre de Maggy, la femme aux 10 000 enfants : « Rayonnante de grâce et d’humour, subversive aussi bien vis-à-vis de certaines pratiques humanitaires que des puissants ou de son Église, Marguerite Barankitse face au malheur nous donne une immense leçon de vie. »
Chapitre du soir : Propos libres de Benoît XVI à la télévision bavaroise. « Le catholicisme n’est pas une somme d’interdits, mais une option positive. Et il est très important que cela soit à nouveau visible, car aujourd’hui cette conscience a presque totalement disparu. […] La question fondamentale si nous voulons faire des pas en avant dans le domaine [du sida, de la surpopulation] c’est l’éducation, la formation. Le progrès ne peut être authentique que s’il rend service à la personne humaine et si la personne humaine elle-même grandit, non seulement au niveau de son potentiel technique, mais aussi de ses capacités morales […]. Il faut former non seulement intelligence, mais aussi les cœurs. Les femmes avec leur puissance spirituelle sauront déblayer le terrain pour découvrir leur place dans l’Église.

Mercredi 23 : Nouveau livre au réfectoire : Pour la jeunesse du christianisme, le concile Vatican II, 1959-1965, par Guiseppe Alberigo.

Dimanche 27 : Chapitre du matin par Père Abbé – L’Échelle de l’Humilité, un chemin vers la relation – Le chapitre 7 de la RB peut se lire comme un apprentissage de la relation à l’autre. St Bernard l’a relue comme une échelle de la vérité. Pour lui le premier degré de vérité est la connaissance de soi ; il conduit à la miséricorde pour autrui qui est le second degré de vérité ; le troisième degré de vérité est la contemplation de Dieu lui-même. Comment grandir dans l’amour sans grandir en même temps dans la relation ? Découvrir que Dieu est amour et garder sans cesse devant les yeux cette certitude nous fait prendre le chemin de la vraie relation aux autres.

Lundi 28 : P. Michel de Gigord, des Missions étrangères de Paris dont nous avions lu le livre : Le choc du dialogue, nous communique son enthousiasme pour la vie, les gens qu’il rencontre, le Seigneur qui nous envoie là où nous ne nous y attendons pas et fait toujours des merveilles. Actuellement il est curé de paroisse en France et il est convaincu de la nécessité de la vie contemplative pour les pasteurs de l’Église et les fidèles. Qu’est-ce qu’être missionnaire ? C’est un homme ou une femme qui est passionné de la vie de Dieu, de Jésus Christ et ne peut pas le garder pour lui, qu’il parte ou qu’il reste dans son pays. Sa plus grande surprise a été la rencontre avec l’Islam. Plus on est en contact avec l’autre, plus on approfondit ses racines. En France nous avons une relation problématique avec les musulmans, la violence psychologique est très forte, les jugements sur l’autre sont très négatifs. Jésus avait une grande attitude l’écoute, d’ouverture, ainsi que de pardon et d’humilité, quatre qualités indispensables pour une relation enrichissante dans les différences. L’effort de rencontre est au cœur de la foi. Dieu est allé à la rencontre de l’autre.

Mardi 29 : 70 ans de notre Père Abbé. La décollation de saint Jean-Baptiste est l’occasion d’inaugurer le jeu d’étoles rouges avec la chasuble assortie, travail des sœurs de La Merci-Dieu.
Dom Giacomo arrive d’Aiguebelle, nous dit toute son admiration pour l’œuvre de P. François Pfanner qu’il a vue en Afrique du Sud et pour sa personnalité ; sa congrégation des Missionnaires de Mariannhill voudrait profiter du centenaire de la mort de son fondateur, en 2009 pour introduire sa cause à Rome. C’était un homme de Dieu, il a fondé une congrégation de religieuses du Précieux sang, avec une spiritualité du progrès du Royaume de Dieu, engagé dans l’enseignement, les soins médicaux, sans ségrégation. Lui-même avait un charisme pour susciter des vocations.
P. Henri Coudray, vicaire apostolique à Mongo dans l’est du Tchad nous signale dans sa chronique la grande détresse des populations de la frontière avec le Soudan, chassés du Darfour, guerre et misère, camps de réfugiés, de déplacés, difficultés de tous ordres pour vivre et survivre, et dans tout cela, des hommes et des femmes assoiffés de la Parole, se mobilisant pour organiser la vie de l’Église et améliorer leurs conditions de vie.

Jeudi 31 : P. Gilles Chaillot, sulpicien nous parle de sa Société, elle était spécialisée dans l’encadrement des séminaires, comme partout, le personnel diminue, mais l'oeuvre du Royaume se poursuit.