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Abbaye de Tamié

Tamié - Novembre 2010



Chronique de l'abbaye de Tamié
Novembre 2010
 

Lundi 1 : Comme conférencier Fr. Raffaële a participé à Troyes au colloque sur saint Bernard. Cet abbé du 12ème siècle est de plus en plus étudié en tant que philosophe. Des intervenants montrent l’influence de saint Bernard sur Descartes et sa conception de la liberté, sur Pascal, sur Fénelon et Bossuet à propos de l’amour, sur Bergson. Après ce temps d’échange, une visite de l’ancienne abbaye de Clairvaux permit de découvrir ce qu’il reste des bâtiments qu’a connus Bernard quand il y fut abbé. L’abbatiale servit de carrière de pierres du temps de la Révolution, le réfectoire et le dortoir ont été restaurés récemment. La prison actuelle recueille les condamnés aux plus graves peines.

Mercredi 3 : Père Abbé participe à Paris à la Conférence monastique de France (CMF) qui rassemble les Supérieurs des divers monastères. Au sujet de la formation des jeunes moines et moniales, le Stim (Studium inter-monastique) fonctionne de façon satisfaisante, d’autant qu’en plus des cistercien(ne)s et bénédictin(ne)s, des membres de communautés nouvelles profitent de ce service.

Un nouveau directeur pour Monastic a été trouvé en la personne de Fr. Benoît de l’abbaye de la Pierre-qui-Vire. Fr. Nathanaël lui passera le flambeau qu’il tenait provisoirement depuis plus d’un an.

Les commissions de Pastorale liturgie et sacramentelle des diocèses de Savoie et Haute-Savoie organisent à Tamié, comme les années précédentes 5 jours de session pour les laïcs désirant promouvoir la célébration de la liturgie des heures dans leur église.

Le MCC [Mouvement des Cadres et dirigeants chrétiens] organise un congrès à Lyon en janvier prochain. Deux des membres viennent solliciter la prière de notre communauté pour que le Seigneur rende féconds ces travaux. Une démarche semblable est effectuée auprès du carmel de Fourvière et de la communauté de Taizé.

Le MCC est un Mouvement d’Église. Il rassemble des cadres et dirigeants engagés dans le monde économique et social désireux de mieux vivre l’Évangile au cœur de leur vie professionnelle. Le congrès de Lyon est tourné vers l’avenir : le mode de développement actuel engendre des inégalités et des tensions dans notre monde. « Il est temps de s’aider mutuellement à rompre avec ces schémas qui conduisent à des impasses. »

Vendredi 5 : Fr. Patrice fut en retraite 15 jours à Chambarand. L’aumônier en avait profité pour prendre du repos. L’église des moniales a été bien restaurée, c’est maintenant le tour du cloître. Leur seul revenu est la fabrication de chapelets.

Dimanche 7 : A la suite de l’attentat perpétré dans la cathédrale de Bagdad, les évêques de cette Église adressent un pressant appel à leurs frères de France : « Ce dont nous avons besoin c’est de votre prière et de votre soutien fraternel et moral ». Nous nous unissons par la prière à cet élan de solidarité.

Lundi 8 : Frère Gaël participe pour la seconde fois à l’Assemblée générale annuelle de la CFC (Commission francophone cistercienne). Elle se déroule à l’abbaye bénédictine d’Ermeton en Belgique. Cette Commission se veut un lieu d’échange et de formation. 2013 sera le cinquantenaire de la Constitution sur la liturgie, c’est une occasion pour sensibiliser davantage les communautés monastiques à cet aspect essentiel de leur vie.

Samedi 13 : Fr. Amédée et Fr. Ginepro vont participer à l’abbaye d’Hauterive en Suisse à la bénédiction abbatiale de Dom Marc de Pothuau, originaire du Limousin (France) successeur de Dom Mauro-Giuseppe Lepori élu le 2 septembre dernier Abbé général de l’Ordre de Cîteaux.

mgr philippe ouédraogo.jpgLundi 15 : Mgr Philippe Ouédraogo est archevêque de Ouagadougou au Burkina-Faso depuis mai 2009. Ce diocèse est en lien avec celui de Chambéry. Mgr Philippe était à Rome pour la préparation du congrès eucharistique de 2011 à Dublin, il passe par Tamié accompagné par Mme Josette Michaud déléguée pour la Coopération missionnaire de Savoie. Le synode des évêques d’Afrique avait préconisé de bâtir une « Église famille de Dieu », par des communautés ecclésiales de base, avec quatre piliers : la parole de Dieu, la prière, la vie fraternelle, l’engagement missionnaire : « le véritable missionnaire est le saint -Soyons saints ».  Les jeunes en formation sont nombreux dans les séminaires du pays et des prêtres sont envoyés dans d’autres parties du monde, dont deux en Savoie. Mgr Philippe désire une fondation monastique dans son diocèse. Aux nombreuses lettres qu’il a envoyées, il a chaque fois reçu rapidement le même type de réponse : « Nous sommes honorés de votre démarche. Nous n’avons malheureusement pas les personnes disponibles pour une fondation. Nous prions pour la réussite de votre désir ». Alors pourquoi ne pas demander à un de ses prêtres de se former dans un ancien monastère avant de revenir au pays créer une communauté ? Le projet prend forme.

Mardi 16 : M. Philippe Broillet prépare une thèse sur l’ancienne abbaye cistercienne de Bellerive, proche de Genève, fondée avant 1184, détruite par les bernois en 1536. Au fil de ses découvertes dans différents fonds d’archives il élargit ses investigations aux autres abbayes de moniales en Savoie : Le Lieu près de Perrignier, Bonlieu près de Sallenôves, Ste-Catherine près d’Annecy, Le Betton pas très loin de Tamié, toutes fondées aux 12ème, 13ème siècles. Il découvre de nouveaux documents qui éclairent nos connaissances, jusque là très limitées sur les premiers temps de ces maisons. Il nous signale l’existence de trois chartes de Tamié, originales et inconnues, de 1220, 1225, 1226. Ces indices permettent de supposer qu’il existe d’autres pièces dormant particulièrement dans les Archives d’État à Turin.

Mercredi 17 : Organisés par l’Esdac, une seconde fois cette année, trois jours sont consacrés à la prière, à des échanges par petits groupes et ensemble, sur notre vie en communauté.

Samedi 20 : L’après-midi, Père abbé et Fr. Christian se rendent à Boschi (Italie) pour les 50 ans de profession et ses 80 ans d’âge de Padre Bernardo, fondateur et ancien supérieur de cette communauté fille de Tamié. Ils reviennent le lendemain soir avec une cargaison de 1 500 kiwis, du miel, des grenades, tous produits inconnus des jardins de Tamié.

Frère Jean se rend à Paris, à la rencontre de prêtres et de laïcs autour de la pastorale des divorcés et divorcés remariés. Pour les pasteurs qui préparent des jeunes au mariage, il semble que certains couples reçoivent le sacrement sans une maturité affective et humaine suffisantes, sans une liberté exempte de pressions et on peut se demander si leur démarche est valide. Le divorce pour les « blessés de l’alliance, de l’amour » peut devenir une étape pour un nouveau départ. L’Église se doit d’être attentive au travail du Seigneur dans ces personnes pour les soutenir et les accompagner.

Dimanche 21 : En retraite à l’hôtellerie, Père Jean-Marie est prêtre du diocèse de Tournai en Belgique, il travaille avec les émigrés, surtout maghrébins et turcs. La région subit une crise très importante après la liquidation d’une grande partie de l’industrie basée jusqu’alors sur les charbonnages et la sidérurgie. Il a lancé une association pour aider les jeunes, pour leur permettre de canaliser leur propre violence et parvenir à une prise de responsabilité de leurs actes. Il reconnaît avec humour qu’en 50 ans de sacerdoce, il a participé à plus de manifestations que de processions, l’Irak, la Palestine, l’austérité, les sans-papiers, les sans-emploi sont quelques-uns des motifs. Depuis 30 ans il y avait une forte sécularisation, maintenant la foi est redécouverte parmi les musulmans et devient parfois identitaire. L’islamisme est rare. L’islam n’est pas une religion menaçante. La formation humaine des jeunes passe par le travail, mais il y en a 28 % au chômage.

Lundi 22 : Père abbé part pour Lourdes pour la première assemblée de travail la Corref (Conférence des religieux et religieuses de France) le programme comprenait des exposés suivis d’échanges sur le thème : « Il marche avec nous » (allusion à l’épisode d’Emmaüs). Les temps de crise sont pour l’Église et la vie religieuse des temps de création. Déjà des initiatives sont lancées en direction des migrants, des expulsés, des marginaux, envers les jeunes sans travail, sans formation, auprès des personnes en fin de vie… « Être des passeurs pour traverser les frontières, des guetteurs et se laisser surprendre par la nouveauté, créer des lieux de présence pour les personnes qui souffrent de la solitude. »

Mercredi 24 : Le Préfet de la Haute-Savoie, le Maire d’Annecy invitent à une remise de diplôme aux « Sauveteurs de l’Ombre », les personnes ou les institutions qui ont participé au sauvetage de Juifs pendant la guerre entre 1940 et 1944. 250 ont pu être identifiées en Haute-Savoie, la communauté de Tamié est du nombre. Cette distinction a reçu l’accord de Yad Vashem de Jérusalem. « Au 1er janvier 2006, le titre de « Justes des Nations » avait été décerné à 21 308 personnes à travers le monde, dont 2 646 en France. Mais le livre des Justes ne sera jamais fermé car nombreux sont ceux qui resteront anonymes faute de témoignages. Reconnus ou non, ils incarnent le meilleur de l’humanité. Tous considèrent n’avoir rien fait d’autre que leur métier d’homme. Ils doivent servir de phares aux nouvelles générations. »

Cette manifestation est due à l’initiative de l’Association cultuelle israélite d’Annecy, après les années de recherches entreprises par Roger Moos. Cependant de nombreux sauveteurs restent ignorés, faute d’avoir pu collecter des informations alors qu’il était encore temps.
Nos archives ne contiennent aucune mention de la participation des moines au sauvetage de juifs pendant la Guerre. C’est de l’extérieur qu’elle a été connue. De nombreux réseaux s’étaient mis en place pour cacher des personnes recherchées ou aider des fugitifs à fuir vers la Suisse. L’abbaye de Tamié servit de relais. La communauté a aussi accueilli plusieurs mois des hommes pourchassés et par la suite deux ont donné leur témoignage, c’est ainsi que ces faits sont connus.
La communauté des moines de Tamié se sent très honorée de cette reconnaissance du dévouement de leurs Frères pendant la Guerre et remercie tous ceux et celles qui ont oeuvré pour retrouver la trace des nombreux "Sauveteurs de l'ombre", regrettant que beaucoup soient restés anonymes, faute de preuves suffisantes ou simplement parce que ces personnes n'ont rien fait pour faire valoir leurs actes.
Ce Diplôme était remis aux hommes, aux femmes, aux institutions de Haute-Savoie. Une exception a été faite pour l'abbaye de Tamié qui se trouve en Savoie. Nous ne pouvons que regretter qu'un tel travail n'ait pas encore été effectué sur notre département.

Jeudi 25 : Fr. Jean-Pierre se souvient de la session du DIM (Dialogue inter-monastique) à Landévennec fin octobre. Le thème profitait du centenaire de la naissance de P. Henri Le Saux (1910-1973). Breton d’origine, prêtre, moine, ermite, écrivain, correspondant, conférencier, voyageur, il devint indien dans la seconde moitié de sa vie. En 1950, il s’établit dans le sud de l’Inde et fonde un ashram chrétien très fréquenté. Par ce lien qu’il incarna entre la sagesse hindoue et la mystique chrétienne, par la profondeur de ses intuitions, Swami Abhishiktananda (son nom local) a ouvert avec les audaces du défricheur la voie au dialogue inter-religieux. Avec Jules Monchanin (1895-1957) ils furent des pionniers.

le prix à payer.jpgVendredi 26 : Le livre du réfectoire Le prix à payer, de Joseph Fadelle, L’Oeuvre Éditions, 2010, nous amène dans l’actualité vécue par des chrétiens vivant en minorité dans des pays musulmans et les situations que les convertis ont à affronter. Jeune irakien d’une famille musulmane, Mohammed se lie d’amitié avec un chrétien et rencontre Jésus dans l’Évangile selon saint Jean. Pour vivre sa foi il est obligé de se cacher de sa famille qui finit par le savoir. Elle met tout en oeuvre pour le convaincre de renoncer. Emprisonné, battu, rejeté par les siens, Mohammed échappe de justesse à un attentat et s’exile pour suivre le Christ qui l’a séduit. L’auteur est critique par rapport au Coran et à son ancienne religion.

Fr. Marco se rend à Sallanches rencontrer des groupes de jeunes (15-18 ans) qui ont vu le film Des hommes et des dieux.


Plus par moins

Par Frère Didier

 

Début Novembre, quel beau temps !

automne à tamié


Le camion laitier en profite pour se sécher au soleil.

camio laitier           


 

Feuillages d'automne    Nov-04.jpg

Et quelles merveilleuses couleurs ! Elles viennent chanter dans la symphonie des signes liturgiques.

               

m et mme danglard

Rémi Danglard, notre nouveau gérant du magasin
est accueilli avec son épouse lors d’un repas fraternel.


premières neiges

Les premières neiges donnent un petit air de Noël.

cartes au magasin

Au magasin aussi, un bel air de Noël.


Notre nouveau CD, un hommage à nos frères de Tibhirine
et aux acteurs du film, Des hommes et des dieux.

cd tibhirine            


 


hortensia

Il neige, mais Frère Didier à dénicher un ultime hortensia !



orgue réaccordé           

Pascal Quoirin, notre facteur d’orgue, dépoussière et réaccorde.


Fr. Ginepro   Aspirateur     
Au réfectoire
À l’abbaye, il y a toujours des lectures à préparer,…

de la poussière à aspirer…
et des couverts à placer.


vallon en hiver

Et nous commençons la nouvelle année liturgique par le recueillement de l’Avent.


nov-16.jpg

 « Marie d’Automne,
Marie de toutes les attentes,
Mère de toutes les gestations,
Terre de toutes les espérances,
devance en nous le Printemps !