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Blason Bellevaux 150
Les débuts à Bellevaux
- 1817-1831

Les fondateurs de la communauté étaient P. Eugène Huvelin (75 ans), Fr. Sabas Coquard (74 ans), Fr. Hippolyte Minet (52 ans). Ils se trouvaient tous trois dans la communauté du Val-des-Choux, annexe de Sept-Fons, à 60 km au nord de Dijon.
Le genre de vie menée par ces moines est connue par un mémoire de Fr. Théotime et une publication de 1784. Malgré l'austérité qui contrastait avec celle de bien d'autres monastères de France avant la Révolution, le recrutement était très important et Sept-Fons était  peuplé de plus de 100 moines et convers. Il fallut une émeute populaire pour chasser les habitants du Val-des-Choux en juin 1792.


Les fondateurs achetèrent les bâtiments de l'ancienne abbaye de Bellevaux en Franche-Comté, à une trentaine de km au nord de Besançon, le 28 juillet 1817. Il ne restait qu'une partie des cloîtres et l'église abbatiale avait été démolie.


Bellevaux

Pour obtenir une existence juridique, les moines adressèrent au Pape une supplique en vue d'une approbation de leur communauté, en date du 28 octobre 1817.
Cette démarche n'ayant pas eu de suite, ils en firent une semblable directement auprès de l'Ordinaire de Besançon ; le siège étant vacant, c'est le vicaire général capitulaire du diocèse de Besançon qui approuva le communauté établie à Bellevaux, en date du 20 mai 1818, de droit diocésain. Dom Eugène Huvelin, le supérieur ne put quitter sa paroisse qu'en 1819 pour rejoindre les deux autres.

Dom Eugène fut un homme remarquable, entré à l'abbaye de Sept-Fons en 1762, il y fut économe et remplit cette fonction à l'annexe du Val-des-Choux rebaptisé Val-St-Lieu. certaines de ses lettres sont conservées (1778-1788 - 1790-1819 - 1813-1825 et l'abbé Clerc composa sa biographie qui resta inédite (au format doc 1 - doc 2 et pdf).

Les novices se présentent rapidement mais dom Eugène, âgé et malade se désespérait qu'il n'y ait pas de prêtre dans la communauté pour le remplacer. 
Le Registre des prises d'habit à Bellevaux précise les entrées, les sorties et les décès entre 1817 et 1835. Il y eut 38 entrées pour être choristes et 23 comme convers.  Des biographies de moines sont détaillées.
La communauté était reconnu par le diocèse mais ne faisait pas partie de  l'Ordre de Cîteaux qui recommençait à fonder en France depuis 1815. Le supérieur, dom Augustin de Lestrange rencontra dom Eugène à Bellevaux et proposa ses service puisque l'abbé de La Trappe avait ses entrées à Rome. Les relations entre les deux supérieurs furent fraternelles mais n'aboutirent pas à un lien juridique : Bellevaux suivait les règlements de dom Eustache de Beaufort, datant de 1664, proches de ceux de Rancé réformateur de La Trappe à la même période, alors que dom Augustin avait entraîné ses confrères à instaurer un régime encore plus austère à l'abbaye de la Valsainte.

Un Précis de la vie à Bellevaux fut imprimé en 1820 pour faire connaître la communauté et favoriser la venue de novices.

À cause de difficultés survenant dans les autres monastères pratiquant les règlements très austères de la Valsainte, le Saint-Siège fit réaliser une enquête par les évêques ayant une communauté dans son diocèse. Pour Bellevaux elle eut lieu le 28 juillet 1826.


Dom Eugène Huvelin mourut le 28 mars 1828 et c'est un moine de La Trappe qui devint supérieur : Fr. Joseph-Marie Dunand. Il signa les procès-verbaux de sept prises d'habit entre le 10 septembre 1828 et le 27 mai 18301830.


L'état moral de la communauté se détériorant, les moines firent appel à l'abbaye du Gard près d'Amiens pour qu'elle lui envoie du renfort: trois moines et trois convers. Le 7 juillet 1830 sous la présidence de Mgr de Rohan, la communauté fut incorporée à l'Ordre de Cîteaux, alors qu'elle était alors de droit diocésain.



La Révolution de Juillet éclata à la fin du mois avec une orientation profondément anticléricale. Les moines de Bellevaux ne se sentant pas en sécurité, ils projetèrent de se rendre dans le canton de Fribourg en Suisse toute proche pour demander asile dans l'ancienne abbaye de la Valsainte. Ils furent obligés de vendre leur propriété à Sorin Dulongprés, personnage "plus à plaindre qu'à blâmé", mais qui grugea la communauté d'une partie de ses biens.
Les moines demandèrent aux autorités cantonales l'autorisation de s'installer à la Valsainte. En attendant ils furent hébergés à Lentigny et Posat, sans pouvoir porter l'habit monastique. Les démarchent traînèrent une année avant que la réponse négative n'arrivât.
Ils se tournèrent alors vers le canton du Valais et obtinrent de s'établir dans le couvent désaffecté de Géronde. Ils y arrivèrent le 7 juillet 1831.

Des documents subsistent de cette période, malgré les déménagements successifs peu propices aux papiers d'archives.


Suite de l'histoire de la communauté :

La communauté à Géronde Blason Valais



 
 

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