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Blason Bellevaux
Bellevaux - Fribourg
(1820-1831)

Documents des Archives de Tamié

 

25 juillet 1820 - Lettre d’association

Lettre d’association de l’abbaye de Bellevaux de la première observance de l’Ordre de Cîteaux, de la réforme de Sept-Fons, située dans le diocèse de Besançon à une lieue de Rioz

Délivrée à Monsieur Grangé, curé de Coiffy le Chatel

Nous supérieur dudit monastère de Bellevaux, avec l’agrément de la communauté, nous reposant sur la grande miséricorde de Dieu ! qui, malgré notre indignité, voudra bien se rendre propice à nos vœux, nous appuyant encore sur la protection de la Mère de Dieu, Patronne de l’Ordre, et sur celle de tous ses Saints Protecteurs, en particulier de Saint Benoît et de Saint Bernard, nous vous rendons, Monsieur selon votre désir, participant pendant votre vie, aux bonnes œuvres et à tout le bien qui se pratique dans cette maison, en particulier à tous les exercices spirituels, offices divins, sacrifices de la Messe, communions, pénitences, oraisons communes et particulières. Notre plus ardent désir sera toujours de vous voir pendant votre vie enrichi des trésors de la grâce, et après votre mort couronné de gloire dans le Ciel : pour cet effet, lorsque la nouvelle de votre décès nous sera parvenue, nous nous empresserons de solliciter vivement auprès du Dieu des miséricordes votre entrée dans le séjour des Bienheureux : nous vous demandons de notre côté une part dans vos prières et bonnes œuvres, afin que par cet accord parfait dois soyons un jour réuni dans le Ciel.

Fait en l’abbaye de Bellevaux, le 25 juillet 1820,

Fr. Eugène Huvelin, prêtre, supérieur,

fr. Hyppolite secrétaire.

4 mars 1831 - Lettre d’association

Lettre d’association de l’abbaye de Bellevaux, de la première observance de l’Ordre de Cîteaux, de la réforme de M. de Rancé, située…

[...]

Délivrée à Monsieur de Gottreau, conseiller d’État…
Fait à Posat le 4 mars 1831 -

Signé : F. Stanislas, prieur indigne.

La famille de Gottreau informe l’association de l’abbaÿe de Bellevaux, de la mort de leur respectable Père, décédée le 15 février 1855, muni de tous les sacrements de l’Église, elle le remercie de leurs charitables prières, en s’y recommandant elle-même.

Timbre sec de l’abbaye Notre-Dame de Bellevaux

*-*-*-*-*-*-*

s.d. - Lettre d’association

Lettre d’association de l’abbaye de Bellevaux, de la première observance de l’Ordre de Cîteaux, de la réforme de M. de Rancé, située…

[...]

Délivrée à son Excellence Monseigneur l’Avoyer en charge. …
Signé : F. Stanislas prieur indigne, par mandement du très révérend père prieur, F. Martin secrétaire.

*-*-*-*-*-*-*

3 juin 1829 - Bellevaux

Testament holographe de Jean Roche

Il établit pour son héritier général et universel de tous ses biens meubles et immeubles ou argent le sieur Jean Claude Ménestret de Delain.


12 juin 1830 - Le Gard

Ordre de mission pour F. Jérôme et F. Martin de se rendre à Bellevaux

 (Original en latin)

Fr. Germain Gillon, abbé de ND du Gard

Au vénérable père et prêtre Jérôme Verniolle et au très cher frère Martin Hermsen diacre et à tous les moines du même monastère, salut et en ce monde et dans la Patrie.

Comme une évidente nécessité de notre Ordre demande que vous vous rendiez d’ici au monastère de Bellevaux au diocèse de Besançon, nous vous enjoignons de vous rendre directement au lieu susdit et nous prions tous les responsables des églises que vous aurez l’occasion de rencontrer, de vous donner les sacrements et de vous permettre de célébrer comme à des hommes religieux et éprouvés. Qu’ils sachent que vous n’êtes liés par aucun empêchement canonique connu de nous mais que vous êtes plutôt recommandables de par une sainte vie.

Donné sous notre sceau et la signature de notre secrétaire le 12 juin de l’an du Seigneur 1830, fr Germain abbé indigne.

De par le commandement du révérendissime père abbé, fr Jean secrétaire


15 décembre 1830 - Bellevaux

Lettre de Dulongpray à Monsieur Stanislas Lapierre chez M. Reyff près la poste [1] de Morat à Fribourg.

Monsieur Lapierre,

Il paraît que mes lettres sont interceptées car je vous en ai écrit trois et il n’y en [a] qu’une qui vous soit parvenue, c’est ce qui m’engage à être très conscis dans celle-ci, me réservant à vous écrire plus au long une autre fois.

Je remettrai tout ce que je vous dois à M. Fleury qui partira incessamment. Il sera déjà parti avec vos espèces suivant vos désirs si M. Barbey eusse donné la main levée des hypothèques et fait prendre les quatre mille francs ainsi que le représentant de M. Delescurenit* de Montarnot qui vient de mourir. Je ne puis donner les fonds au frère Claude avant que la radiation de ces deux hypothèques ne soit effectuée. M. Fleury travaille à cela de tout son pouvoir et désire  beaucoup vous rejoindre. M. Barbey avait bien envoyé chercher son argent mais sans procuration ni aucune des formalités voulues par la loi. Le notaire lui a refusé jusqu’à ce qu’il soit en forme.

M. Fleury a vendu le lit de plumes à un cabaretier, l’orgue à M. Dunand - la* - presse il est en marché pour un an de crédit. Il emportera vos fonds, vos nappes et vos aubes.

Cesser de craindre. Je suis toujours dans vos intérêts. Le Dieu que nous servons est un Dieu de miséricorde. Je lui dis souvent avec le saint roi pénitent «  Quoniam iniquitatem … » et avec le même prophète : « Delicta juventutis  » et dans un autre verset du même psaume « Protiaberis… »

Je vous prie de m’envoyer l’authenticité de la relique de la couverture de saint Pierre. Voulez-vous toujours votre châsse ?

J’ai l’honneur d’être, Monsieur Lapierre, avec le plus profond respect en me recommandant par vos mains à Dieu, votre très humble serviteur

Sorin Dulongpray

P.S. Mes respects à tous ces Messieurs. Toute ma maison vous offre un million de respects.

[1] - Au lieu de "poste" lire "Porte", selon la précision donnée par un 'lecteur ami, de Fribourg en Suisse', mail du 26/05/2011. Avec nos remerciements.

4 mars 1831 - Posat

Lettre d’association

Lettre d’association de l’abbaye de Bellevaux, de la première observance de l’Ordre de Cîteaux, de la réforme de M. de Rancé, située dans le diocèse de Besançon à une lieue de Rioz

[...]

Délivrée à Monsieur de Gottreau, conseiller d’État…

Fait à Posat le 4 mars 1831, F. Stanislas, prieur indigne.

La famille de Gottreau informe l’association de l’abbaÿe de Bellevaux, de la mort de leur respectable Père, décédée le 15 février 1855, muni de tous les sacrements de l’Église, elle le remercie de leurs charitables prières, en s’y recommandant elle-même.

Timbre sec de l’abbaye Notre-Dame de Bellevaux


3 avril 1831 - Vesoul

Lettre de Dulongpray à l’abbé Lapierre, prêtre, desservant la chapelle de Posat près Fribourg

[Orthographe conservée]

Monsieur Lapierre,

La maladie qu’éprouve mon cœur est plus grande que celle que je ressens dans tout mon corps par les différentes maladies qu’il a plu à la Providence de m’envoyer depuis ma détention. Ce qui afflige d’avantage mon esprit c’est de voir toutes les affaires aller comme elle vont voilà les impositions qui vont être augmentées et quasi de moitié et on nous dit encore que c’est pour le temps de paix que devenir dans une guerre que nous allons avoir très probablement. Bellevaux va pus que payer trois cent francs d’imposition cette année. Il me faudra payer la cotte personne de tous les religieux encore cette année c’est 73 fr. Il faut payer les intérêts des sommes dues à M. Rey Chardon, M. Lapierre, car pour vendre présentement il n’y a point moyen d’y penser sans faire tort à mes créanciers et certes ce n’est pas mon intention car je vous dirai qu’on a eu le front de me dire quinze mille francs de Bellevaux parce qu’on me voyait dans la peine on pensait que j’étais ce qu’on avait voulu me dire, j’ai reculé d’horreur à cette proposition ; on m’a demandé Bellevaux pour l’abattre bien entendu en déposant les fonds de la vente chez le notaire pour les créanciers. On ne m’en a pas dit vingt mille francs, deux raisons allaient empêché de faire ce marché la première c’est que je ne pourrais en vendant Bellevaux 20 000 F à faire payer tous mes créanciers, la 2° c’est que le cœur me fait mal de voir abattre ce bâtiment que dans la suite vous pourriez peut-être racheter je suis bien embarrassé je vous le promets, je serais de la dernière utilité chez moi pour faire aller les choses afin de faire des récoltes pour aider à payer les intérêts. Je vous avais prié d’écrire au procureur du roi d’Angers et au seigneur évêque de la même ville pour les assurer que je ne vous avais pas escroqué votre propriété, mais que je l’avais achetée trente un mille francs et vous n’avez rien fait de cela cependant je vous le dis avec vérité c’est dans vos plus chers intérêts que je sorte afin que je puisse faire de bonnes récoltes pour bien payer les rentes, la chose d’avance une lettre de votre part à l’évêque d’Angers et au procureur du roi pour demander ma délivrance à peu près tout si j’avais été un escroc, un voleur, il aurait été facile de faire du tort à mes créanciers en vendant la propriété et déposant le montant chez le notaire qui passerait l’acte. Mais non, je ne demande qu’à travailler et prendre le temps pour vendre favorablement afin que chacun ait le bien, car maintenant dans notre pauvre France ce n’est qu’affliction et misère, pénurie, dénonciation et peines. M. l’abbé Adam m’a écrit je lui ai fait répondre que je n’ai rien reçu j’ai écrit à M. Duret directeur de la Poste à Rioz je vous fais passer sa réponse pour que vous soyez convaincu que je n’ai rien reçu.

Si le tableau de saint Pierre vous fait bien plaisir je vous le donnerai sitôt ma sortie. ætes-vous bien à présent. J’ai beau faire tout ce que je puis je ne puis pardonner au frère Claude de m’avoir dénoncé à Angers avec le brigadier de Rioz priez pour moi afin que la charité rentre dans mon âme soyez convaincu que je ferai tous les sacrifices possibles pour ne pas léser vos intérêts car si j’avais eu 1 500 frs je serais sorti et je n’ai pas voulu léser les intérêts de mes créanciers pour recouvrer ma liberté. Mes créanciers d’Angers ont pris hypothèque sur mes biens de Normandie et d’ici.

J’ai l’honneur de vous saluer et d’être avec une considération distinguée en attendant poste pour poste votre réponse votre serviteur.

Sorin Dulongpray

PS - J’ai la fièvre de 2 jours l’un.

J’ai fait semé tout le Vaverey en arrière et j’emploie le terrain du mieux possible. Priez pour moi. Vous avez toujours eu le cœur bon, soyez sûrs que je n’ai pas perdu la foi et que je suis plus à plaindre qu’à blâmer je pense que vous ferez tout ce qui sera en votre pouvoir pour me procurer la liberté. Je doute que vous ayez reçu ma dernière lettre elle était affranchie et on se presse pas de les envoyer.


4 Juillet 1831 - Posat

Témoignage des habitants de Posat, préfecture de Fargny, au canton de Fribourg en Suisse, en faveur des RRPP trappistes.

Nous, habitants de la commune de Posat, croyant devoir céder à l’ardent désir que nous avons de manifester les profonds sentiments d’estime, d’amour et de reconnaissance dont nous sommes et serons toujours pénétrés pour les RRPP trappistes, faisons d’un commun accord la déclaration suivante :

Nos pères instruits par la renommée du genre de vie si édifiant et si extraordinaire des pieux cénobites de la Trappe accueillirent avec transport la demande qu’ils leur adressèrent au commencement de la Révolution de France, de pouvoir se réfugier dans le canton de Fribourg et les autorisèrent à s’aller fixer dans le monastère de la Valsainte. Personne n’ignore les immenses et nombreux avantages qui résultèrent de leur admission. Il nous suffira de dire que tous les malheureux avaient là un asile et des ressources assurées dans leur extrême misère, qu’un grand nombre de familles peu fortunées du canton trouvèrent dans la charité sans bornes des Trappistes de la Valsainte le moyen de donner à leurs enfants une éducation soignée et surtout éminemment chrétienne. Leur départ fut une véritable calamité pour le pays, comme leur arrivée avait été le sujet de la plus grande joie, par les heureuses espérances qu’elle fit naître dans tous les cœurs. Qui peut ignorer qu’elles se réalisèrent bien au-delà de ce qu’on s’était promis !

Nous habitants de cette commune, héritiers de toute la religion de nos pères, avons, comme eux, tressailli d’allégresse lorsque nous avons vu paraître les RRPP trappistes au milieu de nous et surtout lorsque nous les avons vus fixer leur domicile à Posat même. Nous avons appris par nous-mêmes ce que jusqu’alors nous ne savions que par le récit de nos compatriotes, c’est-à-dire que ces bons solitaires portent partout avec eux la paix et tous les dons du Ciel. Dignes enfants des anciens Trappistes, ils sont comme eux pleins de charité, doux, affables, joyeux même au milieu de leurs privations et de leurs sacrifices. Les souffrances et les austérités ne les rendent pas tristes ni mélancoliques, ils n’en sont au contraire que plus contents et plus heureux.

Les premiers jours de leur arrivée nous avons pourvu à leur nécessaire qu’une fuite précipitée ne leur avait guère permis de porter avec eux. Ils nous ont abondamment dédommagés de ces premiers secours que nous leur avons fournis. Les pauvres ont ressenti les heureux effets de leurs libéralités et nous avons tous profité des secours spirituels qu’ils n’ont pas cessé de nous prodiguer depuis qu’ils sont dans cette commune.

Si nous éprouvons un regret, ce n’est pas assurément de leur avoir donné l’hospitalité, c’est au contraire de les voir quitter ce pays qui était heureux de les posséder. Que ne nous est-il donné de pouvoir les retenir et les fixer irrévocablement au milieu de nous ! Que nous ferions volontiers de grands sacrifices pour obtenir d’eux de ne pas nous abandonner ! Hélas ! Pourquoi faut-il les perdre si tôt ? Pourquoi faut-il que notre joie et notre bonheur se changent si vite en une profonde tristesse, en un deuil plein d’amertume et de regret ? Ne pouvant nous consoler autrement de leur perte, pourquoi nous refuserions-nous ce qui peut seul adoucir notre peine, consoler un peu notre affliction ? Oui, nous nous sentons un peu déchargés de ce poids de douleur qui nous accable, à mesure que nous traçons ces lignes, parce qu’elles sont un hommage à la haute vertu des RRPP trappistes, un témoignage de l’estime que nous leur portons et l’expression de nos vifs regrets.

Puisse cette déclaration solennelle de nos sentiments leur être agréable et se graver dans leur souvenir partout où le Ciel voudra qu’ils paraissent, pour bénir son nom et donner des exemples de toutes les vertus chrétiennes et religieuses. Nous prenons la plus grande part à leur entreprise et nous serons toujours comblés de joie en apprenant qu’elles prospèrent malgré les efforts de l’Enfer.

Ajouterons-nous que ces bons pères absolument étrangers aux affaires du monde, aux nouvelles du siècle et aux intrigues de la politique, s’occupent exclusivement des devoirs de leur état ? Tous savent qu’ils ont entièrement oublié la terre pour ne penser qu’à la grande affaire de leur salut et au bonheur qui les attend dans le Ciel. Mais cet abandon paraît si difficile aujourd’hui où chacun ne sait vivre que de nouvelles et d’affaires, qu’on ne peut se lasser de l’admirer dans ceux qui l’ont fait et qui savent jouir du plus grand calme au milieu du trouble et de la confusion qui règnent dans la société et d’en parler comme d’un phénomène du premier ordre.

Et avons les principaux habitants, signé la présente déclaration au nom de toute la commune comme il suit, à Posat le premier juillet mil huit cent trente et un.

Reynaud, député au grand Conseil, Joseph Paris ex-syndic, Baptiste Movel gouverneur, Jacques Paris ex-administrateur, Moullet secrétaire

Vu pour légalisation des signatures ci-dessus, à Farvagny le quatre juillet 1831

Chollet préfet.

 

8 septembre 1831 - Géronde en Valais

Déclaration des Trappistes aux habitants de Posat

La Sainte Volonté de Dieu

Voici ce que dit Notre Seigneur : « Heureux ceux qui ont des entrailles de charité pour leurs frères, parce que Dieu aura pour eux des entrailles de miséricorde. Heureux ceux qui se réjouissent ici-bas de leur pauvreté, parce qu’un jour ils se réjouiront dans le ciel de leur abondance. »

Les soussignés, religieux trappistes de Bellevaux, singulièrement édifiés de l’accueil favorable et des importants services qu’ils sont reçus des habitants de Posat, à leur arrivée et pendant leur séjour dans cette commune, se plaisent à marquer sur cette feuille ce que la reconnaissance a gravé dans leur cœur, c’est-à-dire le tendre et précieux souvenir qu’ils conservent de ces excellents chrétiens et de leurs bons offices. Daigne le Ciel accorder à leur charité la double récompense qu’elle mérite ! Que jamais les fléaux de la colère céleste ne frappent ni leur récolte ni leurs bestiaux ni leurs maisons ni leurs personnes ; qu’ils arrivent aux biens du Ciel après une douce et sainte jouissance des biens de ce monde ; qu’ils continuent à les partager, ces biens périssables, avec les pauvres et les infortunés, puisque selon la parole de Dieu même, c’est un moyen sûr pour entrer dans le paradis.

Les PP trappistes ont, de leur côté, tâché de se rendre utiles à Posat, de fournir autant qu’ils l’ont pu des secours spirituels à cette commune et aux environs. Ils auraient bien désiré s’y fixer pour toujours, pour la bonne volonté des habitants par des œuvres journalières de zèle et de charité, continuer de faire retentir avec eux les voûtes de ND de Posat de chants de louanges en l’honneur de cette Mère de toute grâce, la prier en commun d’être toujours leur commune et tendre mère ; mais il était dans les desseins de la Providence qu’ils allassent habiter une nouvelle terre et de nouveaux cieux.

Ils se sont consolés de leur séparation d’avec des chrétiens aussi bons et aussi charitables par la pensée qu’ils ne perdraient jamais le souvenir les uns des autres, qu’ils s’aimeraient toujours en JC, qu’ils auraient le bonheur de se revoir un jour réunis dans la bienheureuse et commune Patrie.

Les Pères trappistes désirent que le présent écrit soit conservé dans les archives de la commune et lu dans une assemblée générale, afin que les habitants de Posat aient la satisfaction d’apprendre tous et par eux-mêmes quels seront toujours à leur égard les sentiments de ces religieux qui ont signé comme il suit.

F. Stanislas prieur indigne, F. Jérôme prêtre, F. Théophile, F. Antoine, F. Dosithée, F. Bernard, F. Maurice, F. Hyppolite, F. Claude, F. Pierre, F. Antoine, F. Marc, F. Pacôme, F. Hilarion, F. Pierre Joseph

Fait au monastère de ND de Géronde en Valais, ce 8 septembre 1831

 

S.d - Géronde

Lettre d’association

Lettre d’association de l’abbaye de Bellevaux, de la première observance de l’Ordre de Cîteaux, de la réforme de M. de Rancé, située dans le diocèse de Besançon à une lieue de Rioz

[...]

Délivrée à son Excellence Monseigneur l’Avoyer en charge. (…)

Signé : F. Stanislas prieur indigne, par mandement du très révérend père prieur, F. Martin secrétaire.

 [Un moine fait profession selon la règle de saint Benoît et fait voeu de stabilité dans le lieu ou la communauté (RB 4 ; 58). Habituellement la communauté habite un lieu précis dont elle est propriétaire. Par suite de circonstances exceptionnelles, guerres, troubles sociaux ou économiques, les moines perdent leur propriété, mais leur voeu de stabilité est toujours rattaché à la communauté d'origine. Ainsi les moines en exil en Suisse, n'ayant pas de biens leur appartenant, se situaient juridiquement encore comme membres de la communauté de Bellevaux, ils utilisaient en le seau dans leurs actes officiels. À partir de l'acquisition du Val-Sainte-Marie, ils changeront le nom de leur lieu de stabilité, mais non leur voeu.]

 

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26 mars 1831 - Posat - État du personnel


 

  Année de prise d'habit  Année de profession
  Monastère d'origine
Dom Stanislas LAPIERRE     prêtre - prieur Le Gard
Père Jérôme VERNIOLLE     prêtre Le Gard

F. Martin HERMSEN

1820 1821  diacre Le Gard
F. Hyppolite MINET 1787 1788 Choriste
Val-des-Choux
F. Théophile MENESTRET 1820 1821  Choriste  Bellevaux
F. Antoine GROSSE 1824 1825 Choriste
 Bellevaux

F. Dosithée SAUGET

1825 1826 sorti en 1831  Bellevaux

F. Marie Bernard GAND

1829 1830 Cellérier, 1830-37  Bellevaux

F. Maurice DUBRET

1830 1832 prêtre 1831  Bellevaux

F. Claude FLEURY

1819 1820 convers  Bellevaux

F. Pierre BRIGAUDET

1819 1820 convers    Bellevaux

F. Pacôme RUCHOT

1825 1826 convers    Bellevaux

F. Hilarion DENIZOT

1826 1827 convers    Bellevaux

F. Marc AUBÉ

1821 1822 convers    Le Gard

F. Pierre Joseph LEGER

1829 1830 convers    Le Gard

F. Antoine DECHANGE

1821 1822 convers    Le Gard

F. Maur BRASSEUR

       

 

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18 mai 1831 - Registre des délibérations du grand Conseil de Fribourg -

Délibération sur la demande des trappistes de Bellevaux à s’établir à la Valsainte (…)

Le premier orateur qui se fait entendre annonce qu’il ne s’attachera pas à examiner si la corporation religieuse demande d’être admise à la Valsainte pour y rendre des services sous le rapport spirituel. Il examinera ce qu’on été les trappistes qui ont déjà habité cette contrée et ce que l’on peut attendre d’après cela de ceux qui se présentent ; l’expérience et des actes nombreux qui déposent aux Archives de l’État prouvent jusqu’à l’évidence que cette corporation a été une source d’embarras et désagréments pour le gouvernement, qu’elle n’a point été fidèle à ses engagements et qu’elle a montré en maintes occasions un esprit d’insubordination et de résistance à l’autorité. À l’appui de ces assertions, l’orateur cite une série de faits qui se trouvent consignés dans les registres du gouvernement et dont il demande que l’on vérifie l’exactitude si on ne le croit pas sur parole. On ne connaît point encore, il est vrai, les nouveaux trappistes qui s’annoncent, mais peut-on espérer mieux d’eux que de ceux qui les ont précédés. Une fois qu’on a fait une si fâcheuse expérience, ne serait-il pas imprudent de s’exposer par une nouvelle admission aux mêmes désagréments ? Il conclut en conséquence au rejet de la proposition qui tend à les admettre.

Un honorable député trouve que l’on a donné beaucoup trop d’importance à cette affaire. De quoi s’agit-il ? de recevoir une vingtaine de pauvres religieux qui effrayés des secousses politiques dont leur pays a été agité, sont venus chercher un asyle dans le nôtre. Que demandent-ils ? Rien, absolument rien, sauf d’aller se confiner dans un désert pour y vaquer à leurs exercices de piété et y vivre tranquilles et retirés. On craint qu’ils n’y forment un foyer d’intrigues et qu’ils ne soient dangereux au nouvel ordre des choses établi dans ce canton. Pour que cela fût, il faudrait que nos nouvelles institutions eussent poussé de bien faibles racines, mais l’opinion publique est trop prononcée chez nous pour qu’il puisse être permis d’avoir à cet égard la moindre inquiétude. En écartant la demande de ces religieux, on refuse de satisfaire au vœu exprimé par toute une contrée du canton. L’assemblée voudra-t-elle après que le Conseil d’État s’y est montré favorable, assumer à elle tout l’odieux de ce refus et d’exposer à toutes les interprétations de la malveillance ? L’orateur pense donc qu’il est de la politique du gouvernement d’admettre la demande des trappistes et adopte en conséquence la proposition du conseil d’État.

Un autre honorable membre voit dans l’arrivée des trappistes dans ce pays une preuve de leur éloignement pour le système nouveau de gouvernement qui s’est installé en France. Aucune persécution n’a été dirigée contre eux, ils sont partis spontanément, un motif politique a pu donc seul les y déterminer. L’ancien Conseil d’État a accordé un séjour temporaire dans ce canton, et quoique disposé à proposer au grand Conseil leur admission, il a cherché à temporiser pour ne pas exister la méfiance du gouvernement français comme aussi peut-être pour ne pas de dépopulariser davantage.

(…)

En vain cherchera-t-on à émouvoir la pitié en leur faveur, rien ne les empêchait de rester dans leur propre pays s’ils en avaient eu la volonté et dès lors plus de motif pour leur accorder ici un asyle, au lieu d’appeler de nouveaux étrangers, tenons-nous en, dit l’orateur, à nos anciens Ordres religieux à eux qui ont fait preuve de leur nationalité et qui tout en nous édifiant par leurs exemples, se montrent sincèrement attachés à nos institutions actuelles. L’orateur termine par indiquer que l’un des individus sur la déclaration desquels les passeports des trappistes qui sont à Posant ont été délivrés, est un nommé Dulongpré, qui en 1827 a été condamné ici pour escroquerie et profanation à un bannissement de 20 ans hors du territoire de la confédération et que l’identité de ce personnage se trouve bien réellement constatée par une correspondance de l’ancien directeur de Police centrale avec ces religieux.

(…) Un autre orateur dit qu’il a vu ces religieux qui habitent maintenant sa paroisse, qu’on est édifié de leur conduite et trouve qu’on doit déférer au vœu de la vallée de Charmey.

Le tour d’appel étant fini, le rapporteur de la commission en prenant la parole trouve que les raisons qui ont été arguées contre l’admission des trappistes sont tellement convaincantes qu’elles le dispensent d’entrer dans de plus amples développement. Il se borne à réfuter sommairement les principaux motifs qui ont été avancés en leur faveur.

(…) Un autre orateur relève l’inexactitude d’un fait dont on veut tirer une fâcheuse induction à l’égard de ces religieux, il a été avancé que leur départ de France avait été spontané, il peut assurer le contraire d’après des renseignements qu’il a dans le temps obtenus comme fonctionnaire public.

Le rapporteur de la commission prend à son tour la parole pour exprimer sa propre opinion. Il donne d’abord lecture d’une déclaration du préfet de la Haute-Saône qui porte que les trappistes de Bellevaux se sont retirés en pleine liberté, ce qui détruit l’observation qui vient d’être faite à cet égard. Il récapitule du reste les principaux points de la discussion qui font voir qu’il y aurait tout au moins grand danger de recevoir les trappistes sans aucune chance d’utilité et conclut que le grand Conseil ne saurait hésiter un instant à prendre le parti de plus sûr qui est de refuser leur demande.

La discussion est là-dessus déclarée close et la question de l’admission ou du rejet de la proposition du Conseil d’État ayant été mise aux voix, elle est décidée négativement par 44 suffrages contre 32.

*-*-*-*-*-*-*

L’abbé Breuillot né en 1758, ordonné en 1784, refuse le serment constitutionnel, reste sur place, est arrêté en juillet 1796, libéré au printemps de 1797. En 1800 il ouvre des écoles et travaille au grand séminaire de Besançon où il meurt le 22 février 1837.

15 août 1831 - Lettre du P. Stanislas, prieur à Géronde, à M. Breuillot, directeur et économe au Séminaire de Besançon.

La Sainte Volonté de Dieu - Monsieur,

J’ai reçu avec une vive reconnaissance les six cents quarante francs que vous avez eu la bonté de m’envoyer. Je pense comme vous que je puis, sans difficulté, prendre les six cents francs, mais pour les quarante, j’ai quelques doutes parce que sa maison pour qui ils ont été destinés subsiste encore. Mais il me suffira d’en écrire un mot au supérieur de cette maison. Vous me permettrez de vous donner un petit avis à l’occasion de la voie par laquelle vous avez cru pouvoir me faire passer cette somme.

Il y a malheureusement beaucoup de prétendus trappistes qui courent le monde et chercher à tromper la pieuse et charitable confiance des honnêtes gens. Pour une fois que vous réussissez, vous y serez pris mille fois. Il y en a tant qui ont si bonne mine, si bonne langue, même de si bons certificats et qui néanmoins sont des vauriens, que le plus sûr c’est de se défier prudemment de tous.

Je vous remercie encore des détails que vous avez bien voulu me donner sur notre malheureuse affaire [vente de Bellevaux] et je profiterai de l’adresse de la sœur du misérable [Sorin Dulonpray] pour lui écrire selon votre conseil.

M. Pidoux m’avait écrit qu’il trouvait onze mille francs de notre obligation et m’avait demandé s’il devait la livrer à ce prix et je lui avais répondu que puisqu’il fallait perdre et même très probablement bien davantage, en attendant la vente, je consentais volontiers à ce marché. Il paraîtrait, d’après votre honorée que je viens de recevoir, que celui qui avait présenté ces onze mille francs se serait dédit. Veuillez donc faire savoir à ce bon et charitable bienfaiteur, que quand même il ne trouverait pas cette somme quand même il en trouverait une bien moindre, puisque nous sommes en danger de tout perdre, il ne balance pas un instant, toujours cependant Salva fide et conscientia et c’est ce qu’il n’est pas besoin de faire remarquer à une personne si religieuse.

Veuillez renouveler à M. Pidoux et à Monsieur Baud l’assurance de ma parfaite reconnaissance. Veuillez agréer pour vous-même, l’hommage de la plus profonde vénération avec laquelle j’ai l’honneur d’être, Monsieur, votre très humble et très obéissant serviteur.

                                                                                                       F. Stanislas prieur indigne


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