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Supplique des moines de Bellevaux
au Saint-Père
28 octobre 1817
Plusieurs Religieux de l’abbaye de Sept-Fons, de l’étroite et première observance de l’Ordre de Cîteaux, ont conçu, depuis plusieurs années le plus violent désir de pouvoir se réunir pour observer avec plus de facilité et de perfection leur engagement religieux ; n’osant espérer d’opérer cette réunion dans ladite abbaye qui se trouve aujourd’hui entièrement détruite par l’effet de la Révolution, ces religieux viennent de faire avec l’agrément du Roi l’acquisition de l’abbaye de Bellevaux Ordre de Cîteaux dont les bâtiments ont été en partie conservés set peuvent leur servir pour l’exécution de leur dessein. Cette abbaye se trouve située dans le diocèse de Besançon, éloignée d’environ quatre lieues de cette ville.
Ces religieux n’osent néanmoins réaliser leur entreprise qu’au préalable ils ne se soient m’unis d’une approbation du St-Siège. Ils viennent en conséquence se jeter aux pieds de Sa Sainteté pour la supplier de vouloir bien leur accorder cette approbation et leur permettre :
1° De se réunir dans ladite maison de Bellevaux, pour y vivre en communauté régulière ;
2° D’observer dans cette maison la réforme établie à Sept-Fons en 1663 par Mr de Beaufort, abbé régulier et réformateur de ladite maison, mort en odeur de sainteté en 1709.
Cette réforme avait pour objet de faire revivre, autant que possible, les statuts primordiaux de l’Ordre de Cîteaux, dont les articles principaux étaient un silence rigoureux, uns stabilité et une retraite exacte, le travail des mains, l’abstinence de la chaire hors l’infirmerie, le régime du réfectoire ne devant consister qu’en racines, légumes et laitage, le tout grossièrement apprêté, l’office, les vielles et les autres exercices réguliers comme la Règle l’ordonne ;
3° Qu’il leur soit permis d’admettre à la profession monastique les sujets qu’on jugerait dignes d’être admis aux vœux solennels ;
4° Sa Sainteté est enfin suppliée de recevoir sous sa protection apostolique cette nouvelle maison et de lui accorder les privilèges qu’elle jugerait convenable comme de se choisir ses supérieurs.
Ces religieux qui doivent sous peu de jours de réunir dans le désert de Bellevaux, formeront nuit et jour les vœux les plus ardents pour la gloire de la religion et pour la prolongation des jours précieux de Sa Sainteté qui est suppliée de leur accorder sa bénédiction apostolique.
Ces solitaires supplie de nouveau Sa Sainteté de vouloir bien les décharger des engagements qu’ils auraient pu contracter de suivre un régime plus austère que celui établi par la réforme de r de Beaufort en 1663.
D’une autre écriture
Vu la requête ci-contre, nous soussigné, vicaire général capitulaire du diocèse de Besançon, le siège vacant, approuvons en ce qui nous concerne le projet d’établissement des Sept-Fonistes dans la ci-devant abbaye de Bellevaux, dans la confiance que nous avons, que ces religieux, par la régularité et l’austérité de leur vie, seront pour le diocèse un grand sujet d’édification.* * * * *
D’une troisième écriture
Vu la requête ci-contre, nous soussigné, vicaire général capitulaire du diocèse de Besançon, le siège vacant, approuvons en ce qui nous concerne le projet d’établissement des Sept-Fonistes dans la ci-devant abbaye de Bellevaux, dans la confiance que nous avons, que ces religieux, par la régularité et l’austérité de leur vie, seront pour le diocèse un grand sujet d’édification.
Durand v.g.c.
Le document se trouve en deux exemplaires
Il semble bien que la supplique n'eut pas de suite.
- Mgr de Pressigny, était de tendance gallicane, nommé au siège de Besançon mais non encore installé, il pouvait tout de même donner des instructions au vicaire capitulaire et refuser ainsi qu'une communauté monastique de son diocèse échappât à l'autorité de l'évêque.
- Ou bien la supplique fut arrêtée au niveau du Nonce à Paris : une communauté isolée ne pouvant pas être autorisée directement par le pape, mais elle devait effectuer cette démarche auprès de l'Ordinaire du lieu, ce que la communauté réalisa et obtint par sa démarche de mai 1818.
*-*-*-*-*-*-*-*-*-*-*
Supplique des moines de Bellevaux
à l'archevêque de Besançon
le 16 mai 1818
À Monseigneur de Pressigny, Archevêque de Besançon
Monseigneur,
Les religieux de Sept-Font retirés à l’abbaye de Bellevaux supplient Votre Grandeur :
- De vouloir bien autoriser leur réunion, leur permettant de mener une vie régulière autant que les circonstances actuelles peuvent le permettre ;
- De vouloir bien admettre sous sa protection cette maison et de daigner s’en regarder comme le premier supérieur ;
- De vouloir bien encore nommer et désigner provisoirement un supérieur particulier ;
- De permettre à ces religieux de recevoir des sujets et de les admettre à la profession religieuse après les épreuves et le noviciat ordonné par l’Église ;
- De leur permettre de prendre un costume religieux établi dans l’Ordre de Cîteaux et selon la réforme de Mr de Beaufort abbé réformateur de Sept-Font ;
- L’église de Bellevaux se trouvant détruite, Votre Grandeur est suppliée de permettre à ces religieux de consacrer une aile de leur cloître en chapelle privée pour y célébrer le service divin ;
- De consacrer également dans l’emplacement à peu près de l’église détruite un terrain pour y former un cimetière ;
- De vouloir bien nommer une personne de confiance pour bénir les lieux réguliers de Bellevaux et notamment la chapelle et le cimetière.
L’un des principaux devoirs de ces religieux sera celui d’adresser au Ciel les vœux les plus sincères pour demander les plus heureux succès des entreprises de Votre Grandeur et la prolongation de ses jours précieux pour [le bonheur de tout ce diocèse et celui de toute l’Église
J’ai l’honneur d’être avec un très profond respect, Monseigneur, de Votre Grandeur, très humble, très obéissant et très soumis serviteur. d. Eugène Huvelin, ancien religieux de Sept-Fons, fondé de pouvoir].
La partie entre [] provient de la copie des archives de l’Archidiocèse de Besançon.
D’une autre écriture
Monseigneur de Pressigny ancien évêque de St-Malo, nommé à l’archevêché de Besançon pair de France, nous ayant renvoyé la pétition ci-contre, en notre qualité d’administrateur du diocèse, nous suivrons les intentions que Sa Grandeur nous a manifestées dans la lettre dont elle nous a honorée à ce sujet.
1° Nous approuvons en ce qui nous concerne, sa réunion dans la ci-devant abbaye de Bellevaux, d’un certain nombre de religieux dits de Septfonds, qui se proposent d’y suivre les voies de perfection retracées par leur St Réformateur, autant que les circonstances pourront le permettre.
2° Nous autorisons selon nos pouvoirs les dits religieux à recevoir des sujets, à les admettre à la profession religieuse, après les épreuves ordonnées par l’Église ;
- À reprendre leur ancien costume ;
- À ériger une chapelle pour y célébrer le service divin, à la faire bénir ainsi que les lieux claustraux et un cimetière ;
- Enfin à se choisir provisoirement un supérieur jusqu’à la prise de possession de Monseigneur l’archevêque à qui ils en demanderont un autre ou la confirmation du premier.
À Besançon le 20 mai 1818.
Durand, vicaire capitulaire.
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Confirmation par l’Archevêque
Vu la présente autorisation et plein de confiance dans la sagesse de Monsieur le Vicaire général capitulaire qui la donnée, nous la confirmons dans tout son contenu.
À Besançon le 15 novembre 1819
+ G. Archiepiscopus Bisuntinus
