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Histoire de Tamié
d'après des documents d'archives
inédits ou difficiles d'accès


L'histoire de l'Abbaye de Tamié
de 1132 à 1793

L'histoire de l'Ordre de Cîteaux
Quelques documents

L'histoire des Trappistes au 19ème siècle

L'histoire de la communauté depuis Bellevaux en 1817
et actuellement à Tamié

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L'histoire de l'Abbaye de Tamié

de 1132 à 1793

Présentation des documents

Geoffroy d'Auxerre (mort vers 1175) écrivit la vie de saint Pierre (1102-1174) premier abbé de Tamié (1133-1141) ensuite évêque de Tarentaise. Ils firent tous deux le voyage à Rome en 1165. Le biographe put disposer ainsi de renseignements de première main. Le premier abbé de Tamié fut canonisé et fut l'objet d'un culte. Ses reliques eurent une histoire mouvementée. Il est encore très vénéré à Tamié.

L'évêque de Moûtiers eut l'initiative d'une fondation cistercienne dans son diocèse, étant lui-même ancien abbé de La Ferté. Il chercha un lieu et demanda aux propriétaires de le lui céder. Une notice ancienne relate l'événement de 1132. Geoffroy signale que le monastère était gêné par la proximité d'une route fréquentée. L'évêque trouvait que le lieu ne suffisait pas à une communauté et demanda au comte voisin de céder d'autres terres. On peut en déduire que Tamié n'était pas ce qu'il y avait de mieux. Les historiens se sont plus à décrire l'activité des moines défricheurs. On peut cependant se poser des questions sur les données anciennesLe contexte de cette fondation est à approfondir.

Le savant cistercien autrichien Léopold Janauschek dans Origines cisterciennes donne les notices des abbayes de moines. Tamié figure à la date 1134.

Que peut-on dire sur un demi-millénaire d'histoire d'une abbaye cistercienne ?

Les archives de l'abbaye de Tamié d'avant 1792 ont disparu. Il faut remonter à 1727 pour qu'un sénateur de Chambéry vienne prospecter les documents de l'abbaye pour y chercher des preuves éventuelles du droit du roi de Piémont-Sardaigne de nommer l'abbé de Tamié. Il copié les pièces qui faisaient allusion aux anciens comtes de Maurienne et Savoie, trouva peu de choses et fit son rapport en juillet 1727. Il subsiste aux archives du Sénat (cote ADS : B 1692), s'étalant de 1132 à 1572. Duparc trouva un fragment de cartulaire de Tamié entre 1162 et 1210 et le publia.

En 1654 l'abbé de Tamié fit confectionner un Inventaire général des titres de l'abbaye, à partir des pièces d'archives. Un second notaire révisa le travail, il y adjoignit entre autre des allusions à la Fondation 1132. Des chercheurs actuels trouvent que certaines donations sont plus récentes.

 

Les cisterciens furent présents en Savoie en de nombreux monastères.

 

Un dessin de l'ancienne et de l'actuelle abbaye fut exécuté en 1710, alors que les vieux bâtiments avaient servi de carrière de pierres pour le nouveau. La figuration risque fort d'avoir été oeuvre d'imagination ou tout au moins d'imprécisions. Des fouilles furent entreprises au 20ème siècle pour dégager les fondations de l'ancien monastère. Le plan en fut dresser, il recoupe difficilement le dessin. La première église de Tamié comporte des particularités qui font émettre une hypothèse sur sa première forme à nef unique qui de son extension par deux nefs latérales.


Ancienne Abbaye de Tamié

Ancienne abbaye de Tamié (d'après un dessin de 1706)

 

Au long des siècles

Une visite en 1633 de l'archevêque de Tarentaise donné l'occasion d'une description de la Ssacristie de Tamié.

Lors d'une visite en 1633 l'archevêque de Tarentaise laissa une description de la sacristie de Tamié.

L'état de la communauté laissa peu à peu à désirer. La réforme fut introduite en 1677 par dom Jean-Antoine de la Forest de Somont et dom Jean-François Cornuty qui se traduisit par la construction de l'actuel monastère.

Nouvelle Abbaye de Tamié

Nouvelle Abbaye de Tamié (d'après un dessin de 1706)


 

A la mort des abbés entre 1659 et 1727 le duc de Savoie se croyait investi du droit de nommer le nouvel abbé. Cette usurpation nous a valu les procès-verbaux de visites-saisies, celle de 1659, celle de 1701, celle de 1707, celle de 1727 effectuées à ces occasions, donnant de nombreux renseignements matériels.

Ce point fait allusion à la commende : nomination de supérieur de monastère par l'autorité civile, pour jouir des revenus financiers, sans beaucoup de préoccupation spirituelle. Tamié n'y échappa pas, mais les moines luttèrent contre le pouvoir en vue de faire valoir leur droit de nommer eux-même leur abbé.

 

Le duc de Savoie fit plusieurs séjours à Tamié, la relation de celui de 1711 a été conservée.

 

Des descriptions de Tamié sont conservées, ainsi que des documents échappés à la destruction.

 

La Révolution

La Révolution française provoqua des remous en Savoie. 1790 il y eu une révolte des paysans de Mercury en 1790 et après l'invasion de la Savoie par les troupes françaises, en 1792, les lois civiles furent adoptées en bloc et les moines n'eurent qu'à quitter le pays.

L'abbé était dom Gabet. Il envisagea avec sa communauté de se réfugier en Piémont après l'invasion de la Savoie par les troupes révolutionnaires le 22 septembre 1792. En 1801 il fut demandé par un certain Buonaparte pour tenir un hospice au col du Mont-Cenis entre la France et l'Italie, ce général devenu empereur put dire au supérieur de la communauté, en passant par là : "Eh dire, Gabet que tu es le seul abbé de mon Empire !"

Après le départ des moines les Favre, anciens fermiers de l'abbaye à Malapalud s'occupèrent des bâtiments et se démenèrent pour permettre le retour d'une communauté religieuse. Ils y parvinrent et leurs actions sont relatées dans le Manuscrit Favre, écrit par Jean-François et dans Les Sauveurs de Tamié, que P. Jérôme Verniolle composa à partir des souvenirs recueillis après le retour des moines en 1861.

 

La restauration

Le monastère racheté par le roi Charles-Félix en 1825 passa au diocèse puis aux Frères de la Sainte-Famille de Belley qui y célébrèrent une liturgie propre à attirer les gens des environs. Des curés se plaignirent auprès de l'évêque qui lança l'interdit en 1859 n'autorisant plus les habitants des hameaux voisins d'assister à la messe du dimanche, mais les obligeant à aller dans leur paroisse.

 

Les moines de la Grâce-Dieu rachetèrent Tamié et une douzaine le repeuplèrent à partir d'octobre 1861. Une communauté autonome y vécu jusqu'en 1909, date du repliement de celle de la Grâce-Dieu et les deux fusionnèrent en 1911. Peu de documents sont conservés de cette période. Par contre l'histoire des moines qui arrivaient a pu être largement reconstituée. Ils avaient commencé à Bellevaux en 1817.
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