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Fleurir en liturgie
Tamié - Juillet 2007
Moine à l'Abbaye de Tamié, j'accueille avec émerveillement la beauté de la création et je me réjouis de pouvoir la magnifier par des compositions florales. Ce sont des "jardins d'Épiphanie", où Dieu peut manifester sa bonté par la beauté, nous dire son "je t'aime".
S'il est vrai que chaque étincelle de beauté est un sourire entre nous, chaque composition florale est un bel espace de rencontre où nous pouvons nous aussi dire à Dieu "je t'aime". Afin que l'art floral soit le plus possible en harmonie avec le mystère de la liturgie, je m'efforce d'œuvrer selon trois directions :
1 - Le respect de la nature et l'accueil de son message, afin de laisser la parole à Dieu. Je reçois comme une loi de beauté vraie la phrase de Blaise Pascal, "au-delà du grand art, il y a le naturel". C'est un chemin d'écoute, d'humilité, de silence.
2 - La méditation en profondeur des écritures sacrées, afin d'éviter toute lecture superficielle qui entraînerait la réalisation de bouquets figuratifs et non plus symboliques. C'est toujours le mystère de Pâques qui doit être évoqué afin que chacun soit invité à renaître et à faire Alliance avec l'Amour même... Merveilleux chemin de dépouillement et d'engagement.
3 - La simplicité : j'aime à dire qu'une seule fleur suffit... car l'essentiel est au-delà. Les espaces libres sont bien plus importants que les espaces pleins. Le visible est au service de l'invisible. Quelle puissance d'expression, quand on peut dire le plus avec le moins ! C'est encore un chemin d'humilité et de contemplation.
Au coeur de l'espace liturgique, les compositions florales, avec leur parfum de Paradis, offrent paix et joie, car en elles, selon la grande tradition cistercienne, se trouvent réconciliés : Amour, Beauté et Vérité. Reflet et invitation à vivre de ce mouvement de vie spirituelle fait d'accueil, de transfiguration et d'offrande, de grâce reçue dans la reconnaissance et d'action de grâce.
