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Homélie
pour le 26ème dimanche
du temps ordinaire



« Que pensez-vous de ceci ? »
C'est ainsi que commence l'évangile de ce jour : « Que pensez-vous de ceci ? »

Je suis touché par cette façon de faire de Jésus, respectueuse de la liberté, il procède par interrogation afin de provoquer une réflexion personnelle.

« Que pensez-vous de ceci ? Un homme avait deux fils...»

On pourrait dire un homme avait deux coeurs, car ces deux fils sont notre propre coeur divisé, un coeur qui dit « oui » et un coeur qui dit « non».

Un coeur qui dit et se contredit. C'est au fond l'expérience de Paul : « Je fais ce que je ne veux pas faire et ce que je veux faire, je ne le fais pas ».

Oui, la Parole de Jésus ce matin nous fait prendre conscience que notre coeur est malade, car divisé, de cette maladie vieille comme le monde et dont le psalmiste demandait la guérison... « Seigneur donne-moi un coeur intègre, unifie mon coeur. Fais que ne n'aie pas deux coeurs, qui se font la lutte. Seigneur donne-moi un coeur unifié, un seul coeur. »

La Parole du Seigneur aujourd'hui nous donne aussi le remède pour guérir, et ce remède s'appelle le « repentir ». Le repentir pour croire à la Parole du Seigneur. « Il se repentit » dit Jésus en parlant du fils qui avait d'abord refusé d'aller travailler à la vigne du Père.

« Oui ! Je peux me repentir, je peux changer de vie. « Seigneur, tu es celui qui donne la grâce de changer de vie. Tu nous rappelles que la grâce peut davantage. »

Quelque soit notre passé, si lourdes soit nos fautes, si entremêlées soient les situations dans lesquelles nous sommes impliqués, tout est encore possible. Rien n'est jamais perdu !

Nous pouvons nous relever et repartir à nouveau. Il n'y a pas de fatalisme, il n'y a pas de destin tracé une fois pont toutes. Avec Dieu il est toujours possible de repartir, de faire du neuf. Et l'évangile de ce jour, comme pour nous en convaincre, nous présente des situations extrêmes de repentir : les publicains, les prostituées. Pensons à Zachée, à Mathieu, ou encore à Marie Madeleine, ou à la femme de Samarie que Jésus rencontre au puits de Jacob. Dans un premier temps, ils ont dit « non » par leur incapacité à suivre les exigences de l'Alliance avec Dieu. Mais, restés assez disponibles et affamés de paix et d'amour, ils se mettent pauvrement en route et apprennent peu à peu à laisser Dieu transformer leur « non » en « oui » jailli du fond du coeur.

Je pense en particulier à l'histoire de Michelle que Jacques Loew a racontée dans un beau livre. Cette femme prise dans l'engrenage de la prostitution et qui peu à peu arrive à s'en sortir...

Je pense aussi au très beau film « L'enfant » des frères Dardenne où les réalisateurs mettent en scène avec beaucoup de réalisme et de délicatesse le lent rachat de Bruno, trop jeune père irresponsable, qui va jusqu'à vendre son propre fils de quelques mois, jusqu'aux sanglots finals de sa bouleversante conversion où il assume sa paternité...

Oui ! « Désormais les plus souillés des êtres savent qu'il leur appartient d'être les plus aimés parce qu'ils ont été les plus souillés » a écrit magnifiquement François Mauriac.

Jean-Paul II en s'adressant aux jeunes lors des J.M.J. de Toronto leur disait :

« Nous ne sommes pas la somme de nos faiblesses et de nos échecs. Au contraire nous sommes la somme de l'amour du Père pour nous et de notre capacité réelle à devenir l'image de son Fils »,

Oui ! Aujourd'hui le Seigneur nous offre le repentir pour guérir notre coeur de la duplicité, de la contradiction, de la tendance que nous avons à juger d'après les apparences alors que le Seigneur Lui voit le coeur.

Le repentir, c'est le coeur qui pleure, non pas les larmes stériles de la culpabilité mais des larmes fécondes de la douloureuse joie du repentir qui purifient le coeur et l'enracine dans une inébranlable confiance en cette main tendue du Seigneur que nous pouvons saisir en toute liberté.

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