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Croix - Arcabas
Homélie pour le 17ème dimanche
du temps ordinaire

Après le récit de Jésus chez Marthe et Marie que nous avons écouté dimanche dernier, l'Evangile d'aujourd'hui nous introduit dans le mystère de la prière.

« Un jour quelque part Jésus était en prière »

Je ne sais pas s'il en est de même pour vous, mais je dois reconnaître que c'est pour moi toujours émouvant de voir quelqu'un prier, cela me touche profondément et ravive en moi le désir de prier.

Le père Duval dans son livre L'enfant qui jouait avec la lune, témoigne que c'est en voyant prier son père et sa mère qu'il a appris à prier... « Les mains de mon père, les lèvres de ma mère, elles m'ont appris sur la prière bien plus que mon catéchisme »

Un des grands maîtres spirituels de notre époque le père André Louf décédé récemment avait ainsi dédicacé son premier livre sur la prière : « A mon père et à ma mère que j'ai vus souvent prier et de qui j'ai appris à prier -  À mes frères en Jésus-Christ qui m'ont montré le chemin vers mon coeur »

Pour nous introduire dans le mystère de la prier Luc, ne part pas d'abord d'un enseignement mais d'une expérience, il met sous nos yeux Jésus... Jésus qui prie...

Les disciples ont été témoin de cette prière. Quelle scène extraordinaire !

Luc n'en rend compte qu'en une simple phrase... Un jour quelque part Jésus était en prière... Simple phrase qu'en dit suffisamment pour qu'on comprenne que les disciples sont restés en silence durant tout le temps de la prière de Jésus... Oui, quel scène extraordinaire, quel silence étonnant transparaît de ce récit... Silence de Jésus qui prie, silence des disciples à ses côtés.

Si un homme, ou une femme qui prient révèlent quelque chose de la Présence de Dieu, combien plus grande sera cette révélation si celui qui prie n'est autre que Jésus... plus que quiconque Jésus révèle quelque chose du mystère de Dieu... « Qui m'a vu a vu le Père »

« Un jour quelque part Jésus était en prière »

Par cette simple introduction Luc nous invite à nous approcher de Jésus qui prie... cela me rappelle une autre scène aussi bouleversante... le récit du buisson ardent dans le livre de l'Exode... De même que le buisson ardent avait attiré Moïse, de même Jésus en prière allume dans le coeur des disciples le feu, le désir de la prière... « Seigneur apprends-nous à prier ! »

Sans doute les disciples comme tout bon juif savaient prier, mais « à la vue de Jésus en prière, un désir nouveau est né dans leur coeur le désir d'une prière semblable à la sienne, une prière de disciples de Jésus. .Celui-ci va donc leur enseigner comment prier à sa manière... « Quand vous priez dites : Père ! »

Père : C'est une invocation simple, directe, chargée d'affection, de tendresse. Elle révèle immédiatement le visage du Dieu auquel nous nous adressons. Dieu est certes Saint, Créateur et Sauveur, mais Jésus nous invite à l'invoquer comme Père/Abba, diminutif affectueux qui dans la langue de Jésus signifie ... papa, père bien-aimé (E. Bianchi). Personne avant Jésus n'avait osé s'adresser ainsi à Dieu !

Intéressant de savoir que l'Ancien Testament, utilise 15 fois le terme de Père pour désigner Dieu, tandis que dans les Évangiles ce terme se trouve 180 fois sur les lèvres de Jésus quand il est question de Dieu

Père... Quel étonnant vocatif... quelle force, quelle intimité, mais surtout quelle audace ! c'est pourquoi la liturgie introduit la prière du Notre Père par ces mots : « Comme nous l'avons appris du Sauveur et selon son commandement nous osons dire... Père! »

Nous ne mesurons jamais assez la profondeur l'audace de ce mot. « Il a voulu (écrit saint Cyprien de Carthage) que nous fassions notre prière en présence de Dieu, de telle sorte que nous donnions au Seigneur le nom de Père, et que nous nous désignons comme ses fils, de même que le Christ est le Fils de Dieu. Aucun de nous aurait osé employer ce nom dans la prière, si lui-même ne nous avait autorisé à prier ainsi »

Pouvoir dire à Dieu Père/Abba, papa bien-aimé c'est le grand Don que Jésus nous a fait. Immense don qui nous dévoile quelque chose du mystère de Dieu.

Par ce seul mot : Père Jésus ouvre nos yeux sur Dieu-un père, mon père et il ouvre nos yeux sur notre propre mystère, notre identité devant Lui ses fils et ses filles.

Il faut cependant reconnaître que pour certains la grande consolation contenue dans ce mot, n'est pas évidente, car l'expérience du père est souvent soit totalement absente, soit obscurcie par la défaillance des pères... Oui, tout langage humain sur Dieu a ses limites et ses ambiguïtés, malgré cela ,si, nous osons dire à Dieu, Père, nous osons le dire, parce que c'est Jésus qui nous l'a demandé.

C'est donc de Lui, de Jésus, que nous avons à recevoir ce nom. Si nous voulons découvrir le vrai visage du Père c'est dans le coeur de Jésus qu'il faut le chercher.... Ce n'est pas notre conscience filiale qui nous conduit au Père, mais c 'est celle de Jésus....

« Quand vous priez dites, Père » Tel est le premier mot donné par Jésus à ceux qui désirent apprendre à prier. C'est un commencement...

« Comme un homme parle à son ami, comme un enfant se tient près de son père, Jésus priait. Les disciples regardaient, témoins silencieux : un grand désir les a saisis

« Seigneur apprends-nous à prier » - Il leur dit : « Quand vous priez dites, Père »

 



 
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