- Des Slovaques à Tamié
- Colloque bouddhistes-chrétiens
- L'Abbé Pierre à Tamié
- Lettre de l'Abbé général OCSO
- Dieu compte sur moi, pour sa joie !
- Lettre annuelle de Tamié - 2007
- Père Anthelme (Gérard Arminjon)
- Tamié dans le Parc régional des Bauges
- Père François de Sales (Paul Berthet - 1926-2008)
- Les reliques de saint Pierre de Tarentaise
- Profession de Frère Antoine
Père François de Sales
Paul Berthet (1926-2008)
Supérieur de Mokoto (1982-1994)
Paul Berthet est né à Frangy (Hte-Savoie) le 26 mai 1926 ; il est le 8e de 12 enfants. Après ses études secondaires au Collège St-Joseph de Thônes, il entre au grand Séminaire d’Annecy en 1944. Longtemps il hésite entre la vocation sacerdotale et un appel à la vie monastique. Après son service militaire, il entre à Tamié en 1947. Il fait Profession solennelle en février 1953 et est ordonné prêtre la même année, le 29 juin. Il est envoyé à Rome parfaire sa théologie à la Grégorienne d’octobre 1953 à juin 1955. Nommé Prieur en juillet 1960, il succède à dom Guérin comme abbé de Tamié en novembre de la même année.
Ses vingt années d’abbatiat ont donné à Tamié un visage nouveau. P. François avait besoin de temps pour adopter une idée nouvelle mais quand il l’avait faite sienne, il la poursuivait avec conviction et prudence. Dès avant sa bénédiction, il reprit le projet de restauration de notre église initié par dom Guérin. La réforme liturgique de Vatican II orientera ce projet vers la pratique de la messe concélébrée. Dans le même temps, l’accueil prit une dimension inattendue que P. François sut gérer avec sagesse. Cet élan donné à l’accueil et à la liturgie s’accompagnait d’une évolution profonde de la vie communautaire. Avec beaucoup de doigté P. François suscita des relations fraternelles plus cordiales et surtout un partage des responsabilités par la création de différentes commissions. Il fut encouragé par l’entrée de nouveaux frères.
Généreusement, il accepta en 1975 de donner P. Irénée, alors cellérier, comme supérieur à l’Abbaye de La Trappe et en 1978 il accueillit favorablement la demande qui lui fut adressée d’envoyer deux frères soutenir le monastère de Mokoto au Zaïre (R.D.C.).
En décembre 1979, après la mort subite de dom Dominique, abbé de Sept-Fons et père immédiat de Tamié, dom Ambrose, Abbé Général, demande à dom François de Sales d’être administrateur de Sept-Fons et de confier le gouvernement de Tamié à P. Jean-Marc, son prieur. Un an plus tard, dom Patrick est élu abbé de Sept-Fons. Dom François de Sales propose alors sa démission. Il y songeait depuis longtemps. La communauté, puis l’Abbé général, ayant donné leur assentiment, une élection a lieu en février 1981 et dom Jean-Marc est élu. Dom François soumet à son nouvel abbé son désir d’aller rejoindre les Frères de Mokoto. P. Albert, supérieur de Mokoto, lui suggère de s’initier à la charcuterie. P. François suivit docilement un stage de formation en ce domaine. Il n’exercera pas ses talents car six mois après son arrivée, en janvier 1982, dom Guerric, abbé de Scourmont, le nomme Supérieur en remplacement de P. Albert qui souhaitait être démis de cette charge vu son âge (76 ans). En 1988, avant que dom Guerric ne donne sa démission, P. François sollicita, avec l’accord de la communauté, l’accession à l’autonomie. Elle fut accordée et Mokoto devint Prieuré majeur. P. François fut élu Prieur pour six ans. À la fin de son mandat, en 1994, il revint à Tamié où il remplit avec une égale disponibilité les fonctions de Prieur ou de sous-maître des novices. Des ennuis de santé nécessitèrent à deux reprises en 2007 un séjour à l’hôpital pour des examens. Pris subitement de malaise au cours de la messe le 30 janvier, il est hospitalisé à nouveau. Lucidement et sereinement il se prépara à rencontrer son Seigneur. Il est mort paisiblement le 4 février à 23 h et a été enseveli au monastère le jeudi 7 février.
Il nous laisse le témoignage de sa fidélité aux exigences de la vie monastique. Il aimait particulièrement saint Bernard et a lu tous ses écrits. Il lisait aussi très assidument saint François de Sales, son patron. Dans sa recherche de la volonté de Dieu, il s’est toujours laissé guider par le sens du devoir et le don de soi aux autres sans calcul. Beaucoup ont été réconfortés par son écoute et sa tendresse paternelle, ses conseils, sa fidélité dans l’amitié, son attention aux plus démunis : enfants, prisonniers, handicapés… En témoigne une correspondance abondante - car il répondait à toutes les lettres reçues - où il laisse transparaître sa foi, sa grande confiance en Marie et la richesse de son affection pour tous.
