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Abbaye de Tamié

Billet du jour, jeudi 15 novembre

Phm 4-20

À tout moment je rends grâce à mon Dieu, en faisant mémoire de toi dans mes prières, car j’entends parler de ton amour et de la foi que tu as pour le Seigneur Jésus et à l’égard de tous les fidèles.

Je prie pour que ta communion dans la foi devienne efficace par la pleine connaissance de tout le bien qui est en nous, pour le Christ. En effet, ta charité m’a déjà apporté beaucoup de joie et de réconfort, car grâce à toi, frère, les cœurs des fidèles ont trouvé du repos.

Certes, j’ai dans le Christ toute liberté de parole pour te prescrire ce qu’il faut faire, mais je préfère t’adresser une demande au nom de la charité : moi, Paul, tel que je suis, un vieil homme et, qui plus est, prisonnier maintenant à cause du Christ Jésus, j’ai quelque chose à te demander pour Onésime, mon enfant à qui, en prison, j’ai donné la vie dans le Christ.

Cet Onésime (dont le nom signifie « avantageux ») a été, pour toi, inutile à un certain moment, mais il est maintenant bien utile pour toi comme pour moi. Je te le renvoie, lui qui est comme mon cœur.

Je l’aurais volontiers gardé auprès de moi, pour qu’il me rende des services en ton nom, à moi qui suis en prison à cause de l’Évangile. Mais je n’ai rien voulu faire sans ton accord, pour que tu accomplisses ce qui est bien, non par contrainte mais volontiers.

S’il a été éloigné de toi pendant quelque temps, c’est peut-être pour que tu le retrouves définitivement, non plus comme un esclave, mais, mieux qu’un esclave, comme un frère bien-aimé : il l’est vraiment pour moi, combien plus le sera-t-il pour toi, aussi bien humainement que dans le Seigneur. Si donc tu estimes que je suis en communion avec toi, accueille-le comme si c’était moi. S’il t’a fait du tort ou s’il te doit quelque chose, mets cela sur mon compte.

Moi, Paul, j’écris ces mots de ma propre main : c’est moi qui te rembourserai. Je n’ajouterai pas que toi aussi, tu as une dette envers moi, et cette dette, c’est toi-même.

Oui, frère, donne-moi cette satisfaction dans le Seigneur, fais que mon cœur trouve du repos dans le Christ. Confiant dans ton obéissance, je t’écris en sachant que tu feras plus encore que je ne dis.

En même temps, prévois aussi mon logement, car j’espère que, grâce à vos prières, je vous serai rendu. Épaphras, mon compagnon de captivité dans le Christ Jésus, te salue, ainsi que Marc, Aristarque, Démas et Luc, mes collaborateurs. Que la grâce du Seigneur Jésus Christ soit avec votre esprit.

 

 

 

Ce court billet de Paul nous projette dans un monde où les relations sociales sont bien différentes des nôtres. Un homme possède des esclaves et a des doits sur eux.

Paul inscrit sa demande dans ce contexte sans le remettre directement en cause. Il ne propose donc pas de tout révolutionner mais, cependant, de traiter un esclave fugitif comme un frère. Il n’invoque pas un principe abstrait mais la conscience que ce maître doit garder : il a lui-même été racheté par pure grâce. La révolution est encore plus grande.