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Abbaye de Tamié
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Billet du jour, jeudi 29 novembre

Ap 18, 1-11.15-23 ; 19, 1-9

Après cela, j’ai vu descendre du ciel un autre ange, ayant un grande pouvoir, et la terre fut illuminée de sa gloire.

Il s’écria d’une voix puissante : « Elle est tombée, elle est tombée, Babylone la Grande ! La voilà devenue tanière de démons, repaire de tous les esprits impurs, repaire de tous les oiseaux impurs, repaire de toutes les bêtes impures et répugnantes ! Car toutes les nations ont bu du vin de sa fureur, de sa prostitution ; les rois de la terre se sont prostitués avec elle, et les marchands de la terre se sont enrichis de son luxe insolent. »

Et j’entendis une autre voix venant du ciel qui disait : « Sortez de la ville, vous mon peuple, pour ne pas prendre part à ses péchés et ne rien subir des fléaux qui l’affligent. Car ses péchés se sont amoncelés jusqu’au ciel, et, de ses injustices, Dieu s’est souvenu. Traitez-la comme elle vous a traités, rendez-lui au double selon ses actes ; dans la coupe qu’elle a préparée, préparez-lui le double.

À la mesure de la gloire et du luxe qu’elle a étalés, donnez-lui torture et deuil. Car elle dit dans son cœur : “Je trône, je suis reine, je ne suis pas veuve, je ne verrai jamais le deuil.” C’est pourquoi des fléaux, en un seul jour, viendront sur elle : mort, deuil, famine, et elle sera brûlée au feu, car il est fort, le Seigneur Dieu qui l’a jugée. »

Alors, ils pleureront et se lamenteront sur elle, les rois de la terre qui se sont prostitués avec elle et qui ont partagé son luxe, quand ils verront la fumée de son incendie. Ils se tiendront à distance par peur de ses tortures, et ils diront : « Malheur ! Malheur ! la grande ville, Babylone, ville puissante : en une heure, ton jugement est arrivé ! »

Et les marchands de la terre pleurent et prennent le deuil à cause d’elle, puisque personne n’achète plus leur cargaison : Les marchands qu’elle avait ainsi enrichis se tiendront à distance par peur de ses tortures, dans les pleurs et le deuil.

Ils diront : « Malheur ! Malheur ! La grande ville, vêtue de lin fin, de pourpre et d’écarlate, toute parée d’or, de pierres précieuses et de perles, car, en une heure, tant de richesses furent dévastées ! »

Tous les capitaines de navires et ceux qui font le cabotage, les marins et tous les travailleurs de la mer se tenaient à distance, et ils criaient en voyant la fumée de son incendie.

Ils disaient : « Quelle ville fut comparable à la grande ville ? » Et jetant de la poussière sur leur tête, ils criaient dans les pleurs et le deuil. Ils disaient : « Malheur ! Malheur ! La grande ville, dont l’opulence enrichissait tous ceux qui avaient des bateaux sur la mer : en une heure, elle a été dévastée ! » Ciel, sois dans la joie à cause d’elle, ainsi que vous, les saints, les apôtres et les prophètes, car Dieu, en la jugeant, vous a rendu justice.

Alors un ange plein de force prit une pierre pareille à une grande meule, et la précipita dans la mer, en disant : « Ainsi, d’un coup, sera précipitée Babylone, la grande ville, on ne la retrouvera jamais plus. La voix des joueurs de cithares et des musiciens, des joueurs de flûte et de trompette, chez toi ne s’entendra jamais plus. Aucun artisan d’aucun métier chez toi ne se trouvera jamais plus, et la voix de la meule chez toi ne s’entendra jamais plus. La lumière de la lampe chez toi ne brillera jamais plus. La voix du jeune époux et de son épouse chez toi ne s’entendra jamais plus. Pourtant, tes marchands étaient les magnats de la terre, et tes sortilèges égaraient toutes les nations ! Mais c’est chez toi qu’on a trouvé le sang des prophètes et des saints, et de tous ceux qui furent immolés sur la terre. »

Après cela, j’entendis comme la voix forte d’une foule immense dans le ciel, qui proclamait : « Alléluia ! Le salut, la gloire, la puissance à notre Dieu. Ils sont vrais, ils sont justes, ses jugements. Il a jugé la grande prostituée qui corrompait la terre par sa prostitution ; il a réclamé justice du sang de ses serviteurs, qu’elle a versé de sa main. »

Et la foule reprit : « Alléluia ! La fumée de l’incendie s’élève pour les siècles des siècles. » Les vingt-quatre Anciens et les quatre Vivants se prosternèrent et adorèrent Dieu qui siège sur le trône ; ils proclamaient : « Amen ! Alléluia ! »

Et du Trône sortit une voix qui disait : « Louez notre Dieu, vous tous qui le servez, vous tous qui le craignez, les petits et les grands. » Alors j’entendis comme la voix d’une foule immense, comme la voix des grandes eaux, ou celle de violents coups de tonnerre. Elle proclamait : « Alléluia ! Il règne, le Seigneur notre Dieu, le Souverain de l’univers. Soyons dans la joie, exultons, et rendons gloire à Dieu ! Car elles sont venues, les Noces de l’Agneau, et pour lui son épouse a revêtu sa parure. Un vêtement de lin fin lui a été donné, splendide et pur. » Car le lin, ce sont les actions justes des saints. Puis l’ange me dit : « Écris : Heureux les invités au repas des noces de l’Agneau ! » Il ajouta : « Ce sont les paroles véritables de Dieu. »

 

 

 

 

 

Ce texte a une allure qui nous surprend avec cette grande élégie mais il y a d’autres exemples de ce type de lamentation dans la culture antique.

Et il faut bien mettre en scène le côté impressionnant de la chute d’une cité qu’on croyait éternelle.

Lui donner le nom de Babylone, en ruine depuis belle lurette, ne fait que renforcer l’affaire. D’ailleurs, qu’une ville soit rayée de la carte alors que peu avant elle grouillait de monde n’a rien d’extravagant. Notre époque connaît très bien ce genre d’événements, on a vu les cités allemandes passer du triomphe filmé par Leni Riefenstahl à la désolation de 1945 ou bien un ancien bastion de l’industrie automobile américaine se transformer en une friche parsemée de fantômes. Sans parler de l’effet d’un Tsunami.

Aucune révélation dans cette histoire.

Le neuf, c’est que nos espaces humains peuvent disparaître, mais ils peuvent aussi renaître.

Car la vision de Jean ne s’achève pas dans le désespoir : elle célèbre la survenue d’un jour nouveau, un jour de noces où la multitude des hommes est invitée à participer au repas. Dieu ne joue pas aux jeux de massacre avec nos maisons, il fait du neuf, sans cesse.