Billet du jour, jeudi 15 octobre
Lc 11, 47-54
À celui qui l’avait invité, Jésus disait : « Quel malheur pour vous, parce que vous bâtissez les tombeaux des prophètes, alors que vos pères les ont tués. Ainsi vous témoignez que vous approuvez les actes de vos pères, puisque eux-mêmes ont tué les prophètes, et vous, vous bâtissez leurs tombeaux. C’est pourquoi la Sagesse de Dieu elle-même a dit : Je leur enverrai des prophètes et des apôtres ; parmi eux, ils en tueront et en persécuteront.
Ainsi cette génération devra rendre compte du sang de tous les prophètes qui a été versé depuis la fondation du monde, depuis le sang d’Abel jusqu’au sang de Zacharie, qui a péri entre l’autel et le sanctuaire. Oui, je vous le déclare : on en demandera compte à cette génération.
Quel malheur pour vous, docteurs de la Loi, parce que vous avez enlevé la clé de la connaissance ; vous-mêmes n’êtes pas entrés, et ceux qui voulaient entrer, vous les en avez empêchés. »
Quand Jésus fut sorti de la maison, les scribes et les pharisiens commencèrent à s’acharner contre lui et à le harceler de questions ; ils lui tendaient des pièges pour traquer la moindre de ses paroles. »
Les pharisiens et les docteurs de la loi font tout ce qu’ils peuvent pour se tenir à l’écart du péché et à l’écart de l’histoire des péchés d’Israël. En eux la mémoire du châtiment des infidélités de l’époque royale, avant la déportation à Babylone reste un repoussoir.
Mais avec la discipline de fer qu’ils imposent, les mille règles d’interprétation de l’Écriture, ils deviennent comme des assiégés dans une forteresse. Inaccessibles. Et le drame est là : le peuple est confiné au-dehors, il n’a pas accès à la parole de vie devenue affaire de spécialistes.
Ils font fausse route car Dieu attend de nous, certes, une volonté qui s’engage mais il attend surtout la reconnaissance de notre insuffisance.
« Les honnêtes gens ne mouillent pas à la grâce » disait Péguy et « La morale enduit l’homme contre la grâce. »
Avec l’orgueil de ceux qui veulent fabriquer leur pureté de leurs propres mains, la mort a planté sa tente dans le pays. Voilà pourquoi la seule réponse qui sera faite à Jésus, et elle commence à s’organiser sous nos yeux, c’est la mort.
