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Abbaye de Tamié

Homélie - Unité

Par Frère Marco
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Messe pour l'unité des chrétiens

1ère lecture : « Parle, Seigneur, ton serviteur écoute » (1 S 3, 3b-10.19)
Lecture du premier livre de Samuel
En ces jours-là, le jeune Samuel était couché dans le temple du Seigneur à Silo, où se trouvait l’arche de Dieu. Le Seigneur appela Samuel, qui répondit : « Me voici ! » Il courut vers le prêtre Éli, et il dit : « Tu m’as appelé, me voici. » Éli répondit : « Je n’ai pas appelé. Retourne te coucher. » L’enfant alla se coucher.
De nouveau, le Seigneur appela Samuel. Et Samuel se leva. Il alla auprès d’Éli, et il dit : « Tu m’as appelé, me voici. » Éli répondit : « Je n’ai pas appelé, mon fils. Retourne te coucher. »
Samuel ne connaissait pas encore le Seigneur, et la parole du Seigneur ne lui avait pas encore été révélée.

 De nouveau, le Seigneur appela Samuel. Celui-ci se leva. Il alla auprès d’Éli, et il dit : « Tu m’as appelé, me voici. »
Alors Éli comprit que c’était le Seigneur qui appelait l’enfant, et il lui dit : «Va te recoucher, et s’il t’appelle, tu diras : “Parle, Seigneur, ton serviteur écoute.” »
Samuel alla se recoucher à sa place habituelle. Le Seigneur vint, il se tenait là et il appela comme les autres fois : « Samuel ! Samuel ! » Et Samuel répondit : « Parle, ton serviteur écoute. »

 Samuel grandit. Le Seigneur était avec lui, et il ne laissa aucune de ses paroles sans effet.

 

Psaume : 39 (40)

R/ Me voici, Seigneur, je viens faire ta volonté.

D’un grand espoir, j’espérais le Seigneur :
il s’est penché vers moi.
En ma bouche il a mis un chant nouveau,
une louange à notre Dieu.


Tu ne voulais ni offrande ni sacrifice,
tu as ouvert mes oreilles ;
tu ne demandais ni holocauste ni victime,
alors j’ai dit : « Voici, je viens.


« Dans le livre, est écrit pour moi
ce que tu veux que je fasse.
Mon Dieu, voilà ce que j’aime :
ta loi me tient aux entrailles. »


Vois, je ne retiens pas mes lèvres,
Seigneur, tu le sais.
J’ai dit ton amour et ta vérité
à la grande assemblée.

 

2ème lecture : « Vos corps sont les membres du Christ » (1 Co 6, 13c-15a. 17-20)    Lecture de la première lettre de saint Paul apôtre aux Corinthiens   Frères, le corps n’est pas pour la débauche, il est pour le Seigneur, et le Seigneur est pour le corps ; et Dieu, par sa puissance, a ressuscité le Seigneur et nous ressuscitera nous aussi. Ne le savez-vous pas ? Vos corps sont les membres du Christ. Celui qui s’unit au Seigneur ne fait avec lui qu’un seul esprit. Fuyez la débauche. Tous les péchés que l’homme peut commettre sont extérieurs à son corps ; mais l’homme qui se livre à la débauche commet un péché contre son propre corps.

 Ne le savez-vous pas ? Votre corps est un sanctuaire de l’Esprit Saint, lui qui est en vous et que vous avez reçu de Dieu ; vous ne vous appartenez plus à vous-mêmes, car vous avez été achetés à grand prix. Rendez donc gloire à Dieu dans votre corps.

 

Evangile : « Ils virent où il demeurait, et ils restèrent auprès de lui » (Jn 1, 35-42)
Acclamation :    Alléluia. Alléluia. En Jésus Christ, nous avons reconnu le Messie : par lui sont venues la grâce et la vérité. Alléluia.

Évangile de Jésus Christ selon saint Jean
En ce temps-là, Jean le Baptiste se trouvait avec deux de ses disciples. Posant son regard sur Jésus qui allait et venait, il dit : « Voici l’Agneau de Dieu. » Les deux disciples entendirent ce qu’il disait, et ils suivirent Jésus. Se retournant, Jésus vit qu’ils le suivaient, et leur dit : « Que cherchez-vous ? » Ils lui répondirent : « Rabbi - ce qui veut dire : Maître , où demeures-tu ? » Il leur dit : « Venez, et vous verrez. »
Ils allèrent donc, ils virent où il demeurait, et ils restèrent auprès de lui ce jour-là. C’était vers la dixième heure (environ quatre heures de l’après-midi).

 André, le frère de Simon-Pierre, était l’un des deux disciples qui avaient entendu la parole de Jean et qui avaient suivi Jésus. Il trouve d’abord Simon, son propre frère, et lui dit : « Nous avons trouvé le Messie » - ce qui veut dire : Christ. André amena son frère à Jésus. Jésus posa son regard sur lui et dit : «Tu es Simon, fils de Jean ; tu t’appelleras Kèphas » - ce qui veut dire : Pierre.

© AELF, Paris 2013

Homélie

La belle fête du Baptême du Seigneur dimanche dernier a marqué la fin du temps de Noël et inauguré l'entrée de Jésus dans son ministère publique, après trente année de vie cachée à Nazareth.

Un regard, une question ouvrent le ministère public de Jésus.

D'abord, un regard. « Jean Baptiste posant son regard sur Jésus qui allait et venait dit : « Voici l'Agneau de Dieu ! »

Arrêtons -nous quelques instants sur ce regard "contemplatif de Dieu" a écrit France Quéré, Jean Baptiste est le premier à scruter le Christ. Dès que parait Jésus, Jean devient le bonheur infini d'un regard, il ne le perd plus des yeux, il s'abreuve à la fraîcheur de la source... ». Oui, nous aussi abreuverons-nous à la fraîcheur de la source...

Ensuite, une question.
Le premier mot de Jésus, ouvrant son ministère public c'est une question...
« Que cherchez- vous ?»

Impossible de ne pas faire le rapprochement avec l'Evangile selon saint Luc et à cette première parole de Jésus qui est aussi une question, question qu'il pose à Joseph et à Marie : « Pourquoi me cherchez-vous ?... »

Question qui reviendra vers la fin de l'Evangile de Jean quand Jésus ressuscité s'adressant à Marie... à Marie Madeleine pleurant près du tombeau vide... « Marie qui cherches-tu ? » « Qui cherches-tu... ? »

Question essentielle qui interpelle l'homme, le moine que je suis, qui interpelle tout homme toute femme qui a décidé de suivre Jésus.

«Que cherchez-vous ? » c'est-à-dire : quel est ton désir, ton désir profond

Oui, ce matin, l'Évangile nous interpelle, nous interpelle tous et chacun.

Que cherchons-nous ? Que cherches-tu... ? Question qui nous met en vocation de chercheur, de marcheur... « ainsi celui qui se met en marche sur les traces de Jésus doit chercher à répondre avant tout à cette question... et doit essayer de connaître son propre coeur, pour être conscient de ce qu'il désire et de ce qu'il cherche. » (E. Bianchi)

A la question de Jésus, les disciples répondent à leur tour par une autre question : « Maître où demeures-tu ? » - « Venez et vous verrez » leur répond Jésus.

En effet, ils sont allés, ils ont vu, à vrai dire on ne sait pas quoi, on ne sait pas ce qu'ils ce sont dit, mais l'étonnant, oui, l'étonnant c'est qu'après avoir demeuré ce jours-là auprès de Lui, c'était environ quatre heures du soir... ils sont sortis, les deux disciples... ils sont sortis ces chercheurs de Dieu et ils sont devenus chercheurs d'hommes... » (Fr. Christian de Chergé)

André trouve son frère Simon et lui dit : « Nous avons trouvé le Messie » et André amène son frère à Jésus... »

Frères et soeurs, le Seigneur Jésus aujourd'hui nous parle à travers l'Evangile sa voix, sa question franchit le temps et l'espace et nous répète : « Pourquoi, me cherchez-vous... ?« Que cherchez-vous... ? Qui cherchez-vous ? »

(D'après diverses sources : Benoît XVI, Enzo Bianchi, Christian de Chergé)

 

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Demander l'unité

À l'occasion de la Semaine de prière pour l'unité des chrétiens, ce sont les chrétiens du Brésil qui nous invitent à méditer sur le récit de la rencontre entre Jésus et la Samaritaine (in 4,1-42). Cette rencontre nous montre qu'il est bon d'accepter de boire l'eau d'un puits qui n'est pas le nôtre pour découvrir que la diversité, parfois déroutante, enrichit si l'on accepte d'entrer dans le dialogue.

« Donne-moi à boire ». C'est une demande que font tous les êtres humains. Dieu, qui se fait homme dans le Christ (cf. Jn 1,14) et se dépouille lui-même pour partager notre humanité (cf. Ph 2,6-7), est capable de demander à la Samaritaine : « Donne-moi à boire ». Et ce Dieu qui vient à notre rencontre est en même temps celui qui propose l'eau vive : « L'eau que je lui donnerai deviendra en lui une source jaillissant en vie éternelle » (in 4,14).

 

La rencontre entre Jésus et la Samaritaine nous invite à goûter l'eau d'un puits différent, et également à en proposer du nôtre. La diversité nous enrichit réciproquement. La semaine de prière pour l'unité chrétienne est un moment privilégié pour prier, nous rencontrer et dialoguer. C'est une occasion de reconnaître la richesse et la valeur présentes chez l'autre, celui qui est différent, et de demander à Dieu le don de l'unité.

 

Dire « Donne-moi à boire » suppose que Jésus et la Samaritaine se demandent l'un à l'autre ce dont ils ont besoin.

 

Dire « Donne-moi à boire » nous pousse à reconnaître que les personnes, les communautés, les cultures, les religions et les populations dans leur diversité ont besoin les unes des autres.

 

Dire « Donne-moi à boire » implique un acte d'ordre éthique par lequel nous reconnaissons que nous avons besoin les uns des autres pour vivre la mission de l'Eglise. Nous sommes ainsi poussés à transformer notre attitude et à nous engager pour rechercher l'unité dans notre diversité, en nous ouvrant à une diversité de formes de prière et de spiritualités chrétiennes.

Conseil pontifical pour la promotion de l'unité des chrétiens et Conseil oecuménique des Eglises