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Abbaye de Tamié

Homélie - 4ème Pâques

Par Frère Marco
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Homélie pour le 4ème dimanche de Pâques
Le bon Pasteur


Après nous avoir présenté pendant trois dimanches la résurrection du Seigneur à travers les récits de ses manifestations aux disciples, la liturgie de ce 4ème dimanche de Pâques, nous invite à le contempler sous les traits du Bon Pasteur vivant au milieu de son Église.

Pour comprendre l'importance de ce thème dans l'histoire d'Israël il faut se rappeler que la plus grande partie du territoire de Galilée était un haut plateau au sol rocailleux, plus adapté à l'élevage de moutons qu'à l'agriculture. L'herbe était rare et le troupeau devait se déplacer en permanence ; il n'existait pas de murs de protection et pour cette raison, la présence constante du pasteur au milieu de son troupeau était nécessaire.

Un voyageur du siècle dernier nous a laissé un portrait du pasteur palestinien de l'époque :

« Quand je le vis sur un pâturage des hauteurs, fatigué, le regard scrutant au loin, exposé aux intempéries, appuyé sur son bâton, toujours attentif aux mouvements du troupeau, je compris pourquoi le pasteur a acquis une telle importance dans l'histoire d'Israël, au point qu'ils ont donné ce titre à leur roi et que le Christ l'a choisi comme emblème du sacrifice de soi ». 

Dans l'Ancien Testament, Dieu lui-même est représenté comme pasteur de son peuple. «Le Seigneur est mon berger : je ne manque de rien» (Ps 22, 1). «Il est notre Dieu ; nous sommes le peuple qu'il conduit, le troupeau guidé par sa main» (Ps 94,7).

Ou encore en Isaïe : «Comme un berger, il conduit son troupeau, son bras rassemble les agneaux, il les porte sur son coeur et il prend soin des brebis qui allaitent leurs petits » (Is 40, 11).

L'image du pasteur m'a fait penser à ce que me partageait Benjamin un jeune parisien qui pendant plusieurs étés est venu garder un troupeau de brebis en Maurienne, il me disait : "Tu sais, une relation presque personnelle se développe entre le pasteur et le troupeau. Des journées entières passées ensemble dans des lieux solitaires à s'observer, sans autre présence permet au pasteur de tout savoir de chaque brebis ; de son côté elle reconnaît et distingue parmi toutes les voix, celle du pasteur qui parle souvent avec ses brebis.»

Cette image du pasteur Jésus l'a faite sienne... Il est le bon pasteur qui va à la recherche de la brebis perdue ; il a pitié du peuple car il le voit « comme des brebis sans berger » (Mt 9, 36) ; il appelle ses disciples « le petit troupeau » (Lc 12, 32)

 

De l'Évangile je soulignerai deux caractéristiques de Jésus bon pasteur.

* La première concerne la connaissance mutuelle entre la brebis et le berger : «Mes brebis écoutent ma voix ; moi, je les connais et elles me suivent». Il faut savoir qu'en Israël les brebis sont élevées essentiellement pour la laine et le lait. Cela veut dire qu'elles demeuraient pendant de longues années en compagnie du berger qui finissait par connaître le caractère de chacune et par leur donner un nom affectueux.

Ce que veut dire Jésus à travers ces images est clair. Il connaît ses disciples (et, en tant que Dieu, tous les hommes), il les connaît par «leur nom». Il les aime d'un amour personnel qui atteint chacun comme s'il était le seul à exister devant lui. Comme le disait quelqu'un : « Jésus ne sait compter que jusqu'à un, et ce un c'est chacun de nous. »

 

* La deuxième caractéristique : Il donne sa vie aux brebis et pour les brebis.

Les bergers en Israël redoutaient les loups et les bandits qui constituaient une menace permanente dans des lieux aussi isolés. C'est là que l'on voyait la différence entre le véritable pasteur – celui à qui appartiennent les brebis - et l'employé qui se met au service de quelque berger uniquement pour le salaire qu'il reçoit en retour. Face au danger, le mercenaire fuit et abandonne les brebis à la merci du loup ou des bandits ; le véritable pasteur affronte courageusement le danger pour sauver ses brebis. C'est pour cela que la liturgie nous propose l'Évangile du bon Pasteur pendant le temps pascal : A Pâques, Jésus a montré qu'il était le bon pasteur qui donne sa vie pour ses brebis.

Je termine ces quelques mots par le témoignage de Jean-Paul II à l'occasion du 25ème anniversaire de son pontificat :

«...Mes pensées, mes prières et mes actions ont été animées par un unique désir : témoigner que le Christ, le Bon Pasteur, est présent et à l'oeuvre dans l'Église. Il est à la recherche continuelle de la brebis perdue, il la ramène au bercail, il panse ses blessures ; il veille sur la brebis faible et malade et il protège celle qui est robuste (Ez 34,16). Voilà pourquoi, dès le premier jour, je n'ai jamais cessé d'exhorter : « N'ayez pas peur d'accueillir le Christ et d'accepter sa puissance ! » Je le redis aujourd'hui avec force : « Ouvrez, ouvrez toutes grandes les portes au Christ ! Laissez-vous conduire par lui. Ayez confiance en son amour !»

 

Oui, « Le Seigneur est mon berger : je ne manque de rien, si je traverse les ravins de la mort je ne crains aucun mal, car tu es avec moi. »