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Abbaye de Tamié

Homélie Carême 5

Par Frère Marco
croix d’anne teissé

5ème dimanche de carême
La résurrection de Lazare

En ce dimanche qui précède la semaine sainte, l’Église nous donne de voir et de participer comme témoins au plus grand signe que Jésus ait fait avant sa propre résurrection. À travers la résurrection de Lazare nous vivons déjà une anticipation du mystère de la Pâque du Seigneur, le mystère de l’Amour vainqueur de la mort. Lazare est comme le précurseur du Christ vainqueur de la mort.

La page d’évangile que nous venons d’entendre est d’une richesse incomparable. Je me permets d’en souligner deux aspects.

* Le premier est l’interpellation, voire le reproche de Marthe, la sœur de Lazare : « Seigneur, si tu avais été là, mon frère ne serait pas mort... »

* Le deuxième aspect concerne la rencontre de Jésus avec Lazare et l’appel du Seigneur à son ami : « Lazare viens dehors ! »

1- « Seigneur, si tu avais été là mon frère ne serait pas mort ! » Ces paroles de Marie nous placent avec elle face au drame de la mort, de la mort d’un être cher, un frère, une sœur, un ami, un enfant. Mais plus encore ces paroles de Marie nous place face à l’agir de Jésus, de Jésus qui laisse mourir un ami, son ami. Car c’est délibérément que Jésus a attendu que Lazare meure. « Quand Jésus apprit que Lazare était malade, il demeura deux jours encore dans le lieu où il se trouvait ». Cette mort avait un but : la gloire de Dieu.

Comment comprendre l’attitude de Jésus qui livre son ami à la mort ? Jésus laisse Lazare mourir parce que c’est son ami. C’est comme si c’était seulement à un ami, un ami vrai que Jésus pouvait demander d’endurer une telle épreuve, l’épreuve de la mort, de sorte que Dieu puisse être glorifié. C’est à cause de l’amitié, de la confiance qu’il avait en Lazare que Jésus l’a choisi pour être à travers le drame de la mort, le signe de la vie, signe de la fidélité de Dieu qui n’abandonne jamais ses amis, signe de l’amour plus fort, de l’amour vainqueur. C’est le mystère même que nous célébrerons pendant la semaine sainte où Jésus, sur la croix mourra à cause de son amitié pour nous, pour moi. C’est à cause de l’amitié pour nous que Jésus livrera sa vie entre les mains du Père, dans une totale confiance. Et si nous somme ses amis, ses véritables amis nous pouvons aussi partager sa mort.

 

2- « Lazare viens dehors ! » Sors de ton tombeau ! C’est le deuxième aspect de cet évangile que je veux souligner. « Lazare, viens dehors ! » C’est le cri, l’appel que Jésus fait retentir dans le coeur profond de son ami. C’est une véritable vocation, une vocation à la vie, à re-naître.

« Lazare viens dehors ! » Quitte ton tombeau et va, sois le signe de la gloire de Dieu, le signe que l’amour, l’amitié sont éternels. En Lazare revenu à la vie s’accomplissent les paroles du Cantique des cantiques : « L’amour est fort comme la mort. Les fleuves de la mort ne pourront éteindre l’Amour. Les fleuves de la mort ne le submergeront jamais ! » (Ct 8,6-9)

« À la vue de ce que Jésus avait fait pour son ami Lazare, beaucoup crurent en lui. » Et nous, Frères et sœurs, sommes-nous de ceux qui croient en lui, en Jésus ? Sommes-nous ses véritables amis qui à l’instar de Lazare consentent à livrer leur vie entre les mains du Maître de la Vie ?

En France, comme en d’autres pays d’Occident nos communautés chrétiennes (nos communautés monastiques) vivent la douloureuse épreuve du vieillissement, du manque de vocations, de structures trop lourdes et mal adaptées. Tout cela risque de nous déprimer, risque de nous faire croire que nous ne sommes plus capables d’être signe de quoi que ce soit, à par l’échec.

Notre ami Lazare à quelque chose à nous dire, dans son silence il a une espérance à nous transmettre. Consens à mourir pour vivre à nouveau. Consens à laisser mourir ce qui doit mourir pour que de cette faiblesse jaillisse une vie nouvelle.