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Abbaye de Tamié

Homélie - 11ème TO

Par Frère Jean

logo tamiéHomélie - 11ème dimanche ordinaire - C

Isaïe 12, 7-13 - Galates 2, 16-21 - Luc 7, 36-50


Nous sommes rassemblés au nom du Père et du Fils et du Saint Esprit. Découvrons les merveilles que Dieu nous révèle par son pardon. Et pour cela commençons par nous ouvrir à sa miséricorde .

Homélie

    Dans les évangiles combien de fois nous voyons Jésus rencontrer une multitude de gens très divers et sa manière de les accueillir peut nous conduire à de très riches méditations. Il y a dans l’évangile selon saint Jean une parole de Jésus qui peut nous éclairer, et nous aider à découvrir les richesses de ces rencontres. “ Nul ne peut venir à moi, nous dit Jésus, si le Père qui m’a envoyé ne l’attire” (Jn 6,44). Dans la lumière de cette parole regardons l’évangile de ce jour.

Deux personnes “viennent à Jésus” : le pharisien Simon qui l’invite à sa table et une femme pècheresse, qui comme beaucoup de malades vient à lui en voyant en lui un signe du Dieu Sauveur.

    Simon est membre de cette confrérie des pharisiens. Ceux-ci, par une stricte fidélité à la Loi s’efforçaient d’être des “ purs” dans la Foi au Dieu d’Israël. Ils voulaient ainsi se préparer à entrer dans le royaume du Messie à venir. Jean-Baptiste et Jésus par leurs paroles et par leurs actes interpellent ces pharisiens qui ne savent qu’en penser. La majorité d’entre eux sont restés à l’écart de Jean-Baptiste et n’ont pas reçu son baptême. De plus comme beaucoup de gens rigides avec eux-mêmes ils ont tendance à juger facilement les autres. Certains s’approchent de Jésus, comme ce Simon qui l’invite à sa table. D’autres épient les actes et les paroles de Jésus pour vérifier s’il est bien un envoyé de Dieu. Simon, le pharisien est un peu partagé entre l’accueil et la méfiance et il limite son accueil au stricte minimum, en oubliant les actes de l’hospitalité ordinaire de ce temps-là en ne versant pas d’eau sur les pieds de son invité, en ne lui donnant pas le baiser de paix, en ne lui versant pas de parfum sur la tête.

    La femme pècheresse, comme n’importe quel passant, peut entrer et s’approcher des pieds des dineurs, mais Simon se met à juger Jésus en lui-même et à douter que Jésus puisse être un prophète. Aux yeux du pharisien, cette femme en touchant Jésus le rend impur et Jésus ne semble pas s’en rendre compte, or, pense Simon, “s’il est vraiment prophète il devrait le deviner”.

    Simon et la femme, en venant à Jésus manifestent l’action du Père en eux “qui les attire vers Jésus”. A la mesure de leur foi en Jésus, ils s’ouvrent à lui et donc aussi au Père comme le dit Jésus en saint Jean : “Qui m’accueille, accueille Celui qui m’a envoyé” Jn 13,20). Et quand Dieu entre dans un homme Il le rend juste, Il l’ajuste à Lui par son pardon. Mais Simon veut et pense être juste par ses propres forces, par sa pratique méticuleuse de la Loi. Il semble rester peu de place dans sa vie presque parfaite, pour se laisser bousculer par l’Amour dont Dieu l’aime. Il est ce débiteur de la parabole qui pense ne pas avoir beaucoup de dettes envers Dieu. Le peu d’amour manifesté par Simon dans sa manière d’accueillir Jésus, révèle la petitesse de sa Foi et de sa relation à Dieu.

    La femme pècheresse, celle que tout le monde montre du doigt, elle, elle est totalement disponible à la miséricorde de Dieu, consciente de sa dette immense à l’égard de Dieu, elle aspire à ce pardon qui peut transformer sa vie. Sa Foi en Jésus est telle qu’elle peut recevoir cet amour purificateur de Dieu et par ses actes cette femme manifeste la recréation que Dieu réalise en elle par son Pardon. Par ses larmes et ses cheveux, elle dévoile son humilité et sa repentance, et par le parfum elle manifeste sa joie de cette nouvelle vie reçue. Jésus constate l’oeuvre du Père, comme il le dit :  « Le Fils ne peut rien faire de lui-même, qu’il ne le voit faire au Père ». « Le Père aime le Fils et lui montre tout ce qu’il fait » (Jn 5, 19,20).

      Mais la scène ne s’arrête pas là, Jésus va révéler à ses deux interlocuteurs que par lui c’est le Père lui-même qui les a visités. Pour leur foi en Jésus, le Père les a rendus justes par son pardon et il les a conduits à Jésus, selon sa parole : « Nul ne peut venir à moi si le Père qui m’a envoyé ne l’attire vers moi ». Ainsi Jésus constate l’œuvre du Père dans les vies de Simon et de cette femme. Et donc, contrairement à ce que certains croient, la femme n’a pas acheté son pardon par ses larmes, ses cheveux et son parfum, mais ces gestes sont la manifestation de l’irruption de l’Amour sauveur dans sa vie. C’est ce que Jésus lui révèle : « Ta Foi t’a sauvée, va en paix ! ».

      Comme le pharisien Simon et la pècheresse, nous sommes dans l’incapacité de rembourser nos dettes vis-à-vis de Dieu. Prenons-nous assez conscience de la gratuité des pardons et des dons de Dieu ? Avons-nous assez conscience que Lui seul peut nous faire entrer dans cette joie de vivre qui peut nous submerger ? En recevant plus souvent son pardon, laissons-nous envahir par sa joie que procure son Amour Sauveur.