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Abbaye de Tamié
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Homélie - Fête de l'amitié

Par Frère Didier
croix - arcabas
29 juillet
Homélie pour la fête des saintes Marthe et Marie
et leur frère Lazare, l'ami de Jésus
Jn, 11, 19-27

 

Ouverture

Notre tradition monastique cistercienne ne fête pas seulement aujourd’hui sainte Marthe, mais aussi sa sœur Marie et leur frère Lazare… Tous les trois, amis de Jésus… Et c’est donc aujourd’hui une fête de l’amitié… Cette amitié que Jésus sanctifie par sa présence, cette amitié dont il fait un sacrement de sa présence, sa présence d’Ami, l’Ami de tous.

Si nous nous sommes éloignés de ton amitié, pardon Seigneur !... Nous voici pour reprendre avec toi la route de l’amitié.

Homélie

Et l’évangile continue… Marie, la sœur de Marthe, vient à la rencontre de Jésus.

Elle est en larmes… Jésus est « bouleversé d’une émotion profonde »,.. il se met à pleurer et les juifs se disent entre eux : « Voyez comme il l’aimait ! »… Notez ces mots, car ce n’est pas tous les jours que saint Jean nous présente les juifs avec un si beau regard : cette reconnaissance de cette grande amitié… Et il me semble que saint Jean pense ici secrètement à l’amitié de Jésus pour lui, le disciple bien-aimé,… et nous dit en filigrane : « Voyez comme il m’a aimé ! » …Et au fond, chacun de nous peut dire aussi : « C’est comme ça qu’il m’aime ! »

Comme elles sont précieuses, ces larmes de Jésus, ces larmes qui sont le signe, la preuve de son amour, ce bel amour d’amitié !... C’est beau les larmes…  Je crois qu’on ne le reconnaît pas assez…

C’est beau surtout quand deux amis sont assez aimants, assez confiants, assez réceptifs au cœur de l’autre, pour pleurer ensemble simplement… C’est une grâce de l’amitié, de cette amitié sans laquelle Jésus ne serait pas lui-même, et sans laquelle l’Evangile ne serait pas l’Evangile… Vraiment, comme le disait frère Christophe, « l’amitié est un fait historique ».

C’est aussi un Mystère théologique : « Dieu est Amitié », proclamait le cistercien saint Aelred, au XIIème siècle, dans son petit traité de l’amitié spirituelle qu’il écrivit pour les moines, faisant ainsi de l’amitié un trésor monastique… Mais elle n’est pas réservée aux moines, cette amitié qui est comme un chemin à la fois bienfaisant et exigeant pour devenir vraiment l’ami de Jésus, …une réalité sacramentelle où l’ami est présence de Jésus offrant l’amitié de son Père : « Je vous appelle amis », disait Jésus, « car tout ce que j’ai entendu de mon Père, je vous l’ai fait connaître. »

Alors en ce jour, en cette eucharistie, pour devenir davantage disciple de Jésus, pourquoi ne pas demander à l’Esprit Saint cette grâce de l’amitié, sa douceur humaine, sa clarté et sa force d’évangile, et sa profondeur mystique  L’amitié, ça va loin, très loin, car vous le savez, « personne n’a de plus grand amour que celui qui donne sa vie pour ses amis. »