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Homélie - Avent 1

Par Frère Antoine

Homélie pour le premier dimanche de l'Avent
Année A

 

1ère lecture : Rassemblement des peuples et paix pour toujours (Is 2, 1-5)
Lecture du livre d'Isaïe

Le prophète Isaïe a reçu cette révélation au sujet de Juda et de Jérusalem : Il arrivera dans l'avenir que la montagne du temple du Seigneur sera placée à la tête des montagnes et dominera les collines. Toutes les nations afflueront vers elle, des peuples nombreux se mettront en marche, et ils diront : « Venez, montons à la montagne du Seigneur, au temple du Dieu de Jacob. Il nous enseignera ses chemins et nous suivrons ses sentiers. Car c'est de Sion que vient la Loi, de Jérusalem la parole du Seigneur. » Il sera le juge des nations, l'arbitre de la multitude des peuples. De leurs épées ils forgeront des socs de charrue, et de leurs lances, des faucilles. On ne lèvera plus l'épée nation contre nation, on ne s'entraînera plus pour la guerre. Venez, famille de Jacob, marchons à la lumière du Seigneur.

Psaume : Ps 121, 1-2, 3-4ab, 4cd-5, 6-7, 8-9
R/
Allons dans la joie à la rencontre du Seigneur

Quelle joie quand on m'a dit :
« Nous irons à la maison du Seigneur ! » 
Maintenant notre marche prend fin
devant tes portes, Jérusalem ! 

Jérusalem, te voici dans tes murs :
ville où tout ensemble ne fait qu'un! 
C'est là que montent les tribus,
les tribus du Seigneur.

C'est là qu'Israël doit rendre grâce
au nom du Seigneur. 
C'est là le siège du droit, 
le siège de la maison de David. 

Appelez le bonheur sur Jérusalem :
« Paix à ceux qui t'aiment ! 
Que la paix règne dans tes murs,
le bonheur dans tes palais ! » 

À cause de mes frères et de mes proches,
je dirai : « Paix sur toi ! » 
À cause de la maison du Seigneur notre Dieu,
je désire ton bien.

2ème lecture : « Le jour est tout proche » (Rm 13, 11-14a)
Lecture de la lettre de saint Paul Apôtre aux Romains

Frère, vous le savez : c'est le moment, l'heure est venue de sortir de votre sommeil. Car le salut est plus près de nous maintenant qu'à l'époque où nous sommes devenus croyants. La nuit est bientôt finie, le jour est tout proche. Rejetons les activités des ténèbres, revêtons-nous pour le combat de la lumière. Conduisons-nous honnêtement, comme on le fait en plein jour, sans ripailles ni beuveries, sans orgies ni débauches, sans dispute ni jalousie, mais revêtez le Seigneur Jésus Christ.

Évangile : « Vous ne connaissez pas le jour où votre Seigneur viendra » (Mt 24, 37-44)

Acclamation :
Alléluia. Alléluia. Montre-nous, Seigneur, ta miséricorde : fais-nous voir le jour de ton salut. Alléluia. (cf. Ps 84, 8)

Évangile de Jésus Christ selon saint Matthieu

Jésus parlait à ses disciples de sa venue : « L'avènement du Fils de l'homme ressemblera à ce qui s'est passé à l'époque de Noé. À cette époque, avant le déluge, on mangeait, on buvait, on se mariait, jusqu'au jour où Noé entra dans l'arche.
Les gens ne se sont doutés de rien, jusqu'au déluge qui les a tous engloutis : tel sera aussi l'avènement du Fils de l'homme. Deux hommes seront aux champs : l'un est pris, l'autre laissé. Deux femmes seront au moulin : l'une est prise, l'autre laissée. Veillez donc, car vous ne connaissez pas le jour où votre Seigneur viendra. Vous le savez bien : si le maître de maison avait su à quelle heure de la nuit le voleur viendrait, il aurait veillé et n'aurait pas laissé percer le mur de sa maison. Tenez-vous donc prêts, vous aussi : c'est à l'heure où vous n'y penserez pas que le Fils de l'homme viendra. »

 Homélie

Au début de chaque nouvelle année, on se fait des vœux. Par l’intermédiaire de l’évangile d’aujourd’hui, Jésus nous fait les siens en nous disant : « Veillez »

1)   Qu’est-ce que « veiller » ? St Matthieu  en développe le sens dans les chapitres 24 et 25 dans la parabole du serviteur fidèle, celle des dix vierges ou celle des talents. Il ne s’agit pas de se barricader, d’accumuler les sécurités (Cf. murs de Berlin ou de Jérusalem) mais d’être là pour faire face aux événements, prêts à prendre ses responsabilités. Bref, ne pas se laisser surprendre Comme un ordinateur en « veille » repart immédiatement, ainsi veillons-nous, en maintenant le contact avec la source de notre vie, même si nous dormons ! « Je dors, mais mon cœur veille ».

2)   Pourquoi « veiller » ? « Parce que vous ne connaissez ni le jour ni l’heure  où le Seigneur viendra » Ignorance qui manifeste que notre vie finalement nous échappe .Depuis toujours, depuis Noé, l’homme non averti vit dans l’inconscience. Il se préoccupe de l’immédiat manger, boire, se marier (ce qui n’est même plus le cas aujourd’hui) ; « On » ne se doutait de rien ». Inconscience des enjeux de notre vie : qu’est ce qu’on fait sur terre ? Notre société contemporaine  contribue, comme celle du temps de Noé, à endormir beaucoup de monde par son progrès matériel. Dans un sondage récent cité par le journal La Croix (18/11/2010 p. 27), 64% des parents estiment que la valeur essentielle à transmettre aux enfants est d’abord le respect de l’autre, loin devant la foi en Dieu. Combien ? 4%. Ce qui est en jeu dans cette affaire, c’est notre condition filiale, notre qualité de fils. Ne pas savoir ni le jour ni l’heure fait partie de notre condition de «fils » qui se vit dans la confiance au Père, dans la Parole de Jésus qui nous avertit. Une conviction fondamentale de la Bible c’est que l’histoire des hommes n’est pas absurde malgré les déluges. Ne sachant ni le jour ni l’heure, chaque instant du temps humain devient, ou peut devenir,le temps de l’éveil à la plénitude parce que le temps touche l’éternité comme une tangente touche un cercle, l’humain touche le divin. C’est l’avènement du divin, dans nos vies d’hommes, possible à tout moment grâce à la foi.

3)   Comment « veiller » ? En se convertissant, c'est-à-dire en se plaçant ou en se replaçant toujours devant le Seigneur pour garder le cap de nos vies comme le navigateur  en mer se situe par rapport aux constellations célestes. Par la foi, je suis en lien avec le temps et l’éternité. Pour essayer d’exprimer cette éternité, nous la rejetons à la fin de notre vie ou à la fin du monde. Ce n’est pas dynamisant ! On s’habitue à croire qu’on a du temps devant soi. Et voilà que survient un déluge moderne, un tsunami, un divorce, un deuil… qui viennent secouer notre inconscience, pour un temps. Mais l’éternité ne se situe pas à l’extrémité du temps. En réalité, c’est à chaque instant que je peux toucher l’éternité parce que à chaque instant je peux me tenir devant Dieu, être conscient de sa présence permanente dans ma vie. C’est le rôle de la prière. Si nous prenons l’habitude d’être en lien avec «  Celui qui vient », nous ne serons pas surpris lorsqu’Il viendra !

      En célébrant l’eucharistie, nous sommes, ensemble, communauté de frères et de fils, pour célébrer la présence actuelle du Ressuscité dans nos vies de terriens. Nous venons non seulement rendre gloire à Dieu notre Père mais nous venons apprendre à vivre notre vie d’hommes. Quel gâchis ce serait d’être inconscients de notre identité, de notre vocation, sans nous tenir prêts à la rencontre de Celui qui non seulement est venu et viendra, mais qui vient, maintenant.