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Homélie - Assomption

Par Père Abbé dom Ginepro
vierge visage - arcabas
Homélie pour la fête de la Vierge Marie
 en son Assomption

Évangile de la Visitation de Marie à Élisabeth (Luc 1, 38-56)

En ces jours-là, Marie se mit en route rapidement vers une ville de la montagne de Judée. Elle entra dans la maison de Zacharie et salua Élisabeth.
Or, quand Élisabeth entendit la salutation de Marie, l'enfant tressaillit en elle. Alors, Élisabeth fut remplie de l'Esprit Saint, et s'écria d'une voix forte : « Tu es bénie entre toutes les femmes, et le fruit de tes entrailles est béni. Comment ai-je ce bonheur que la mère de mon Seigneur vienne jusqu'à moi ? Car, lorsque j'ai entendu tes paroles de salutation, l'enfant a tressailli d'allégresse au-dedans de moi. Heureuse celle qui a cru à l'accomplissement des paroles qui lui furent dites de la part du Seigneur. »

Marie dit alors :
« Mon âme exalte le Seigneur,
mon esprit exulte en Dieu mon Sauveur.
Il s'est penché sur son humble servante ; désormais tous les âges me diront bienheureuse.
Le Puissant fit pour moi des merveilles ; Saint est son nom !
Son amour s'étend d'âge en âge sur ceux qui le craignent.
Déployant la force de son bras, il disperse les superbes.
Il renverse les puissants de leurs trônes, il élève les humbles.
Il comble de bien les affamés, renvoie les riches les mains vides.
Il relève Israël son serviteur, il se souvient de son amour,
de la promesse faite à nos pères, en faveur d'Abraham et de sa race à jamais. »

Marie demeura avec Élisabeth environ trois mois, puis elle s'en retourna chez elle.


Homélie
Surprenante rencontre ! La scène ici décrite par l'évangile de Luc nous parle d'une visite, suivie par un dialogue. Et pas n'importe quel dialogue.
D'abord, nous remarquons que cette rencontre est caractérisée, animée, par la joie, une joie vraie, qui vient de l'intérieur. Cette page d'évangile est marquée par une ambiance joyeuse qui traverse le tableau d'un bout à l'autre ; on peut aussi remarquer une sorte de crescendo dans la description, qui nous invite à en cueillir à fond la vraie saveur, la vraie signification.
Ces deux femmes, Marie et Élisabeth, se félicitent l'une l'autre de porter au dedans d'elles un enfant. Cela est déjà beau, mais il y a plus que ça ; car, nous le savons, il s'agit ici de deux destins exceptionnels liés à deux enfants particuliers : l'un c'est Jean Baptiste (et si l'on prête foi aux paroles de Jésus lui-même, « c'est le plus grand parmi ceux qui sont nés d'une femme »). Et l'autre, et bien l'autre, c'est Dieu fait homme. Mystère inouï ! II ne faut donc pas, passer trop vite sur la description de cette rencontre singulière, unique, cette rencontre pas comme les autres entre les deux mamans, et essayer de l'observer de près.
Écoutons Élisabeth : « Comment ai-je le bonheur d'être visitée par la mère de mon Seigneur ? ». Étonnement, donc, qui suscite la louange. Remarquons aussi qu'Élisabeth, elle qui est « la visitée », en accueillant Marie, reçoit, à travers elle, la Parole de Dieu. N'est-ce pas elle-même qui dit que, dès qu'elle a entendu la salutation, dès qu'elle a vu (nous pouvons l'imaginer) Marie,
son enfant a tressailli, a bondit dans son sein. Mystérieux tressaillement !
C'est beau, mais, en quoi cela nous-interpelle-t-il ?
Vous êtes ici, nombreux, pour participer à cette célébration de l'Assomption de Marie. Je vous demande : que cherchez-vous ? Que cherchons-nous ?
D'abord, nous aussi, nous recevons la Parole de Dieu ! Je dis : ce matin, ici-même. - En sommes-nous... vraiment conscients ? Ensuite, une question un peu personnelle, c'est vrai, à laquelle chacun peut répondre dans son intime : est-ce que ça vous arrive, parfois, de tressaillir quand vous êtes ainsi « visités » par la Parole de Dieu? Et, dans ce cas-là, êtes-vous, sommes-nous assez spontanés, assez libres, pour pouvoir répondre ensuite de manière positive ou bien sommes-nous... désabusés au point d'être insensibles, distraits, réfractaires, en un seul mot « ailleurs » avec nos intérêts, avec nos priorités ? Je vous fais remarquer par là qu'il s'agit, donc (aussi), d'une question d'attention, d'intérêt ; de présence à l'avènement, à la vie, au fond. Comment pourrions-nous répondre si nous ne sommes pas présents ?
Ne nous plaignons pas trop vite de nous sentir abandonnés par Dieu, délaissés. Car très souvent, c'est - simplement - notre attention qui est en cause. Souvent, nous sommes simplement distraits, pas intéressés, pas en harmonie avec la vie, pas sur la même fréquence. C'est pour cela que nous ne trouvons pas les bonnes solutions à nos problèmes, pas de réponses convaincantes aux questions fondamentales de notre existence. Souvent nous sommes... à côté, ailleurs ! Et alors, comment pourrions-nous tressaillir ? Comment pourrions-nous reconnaître les merveilles que le Seigneur fait pour nous, et en nous, et ce qu'il fait par nous ? Comment pourrions-nous reconnaître qu'il y a de l'amour autour de nous ? Et pourtant Dieu est présent dans notre histoire personnelle. Quel bonheur de le découvrir !
***
En arrêtant encore notre regard sur Marie, pourquoi l'Église a-t-elle choisi ce texte pour le jour de l'Assomption ?
Parce que le dialogue entre Marie et Élisabeth continue avec nous et Marie nous la sentons proche de nous. La sachant sauvée, elle nous indique le chemin de l'espérance. Nous pouvons avoir avec elle un échange familier et confiant qui nous conduit à l'essentiel de nos vies : être frères de Jésus Sauveur. Marie nous conduit à Jésus. C'est Lui le sauveur. Nous demandons à Marie de prier pour nous, « maintenant et à l'heure de notre mort ». Elle est pour nous Signe d'espérance.
J'ai donc un souhait pour vous : que chacun de vous puisse s'exclamer, avec Marie : « Le Seigneur fait pour moi des merveilles. Saint est son Nom ! ».


Prière universelle

A l'initiative du Cardinal Vingt-Trois et en guise de « signe national à l'occasion du 15 août », une prière est proposée par les évêques de France. Le but de cette « formule unique » est premièrement de remettre en Marie, la France et les « probables projets législatifs du gouvernement sur la famille ». Mais il s'agit aussi de frapper les esprits des fidèles et des parlementaires parmi eux.
Frères et Soeurs,

En ce jour où nous célébrons l'Assomption de la Vierge Marie, sous le patronage de qui a été placée la France, présentons à Dieu, par l'intercession de Notre-Dame, nos prières confiantes pour notre pays :


1. En ces temps de crise économique, beaucoup de nos concitoyens sont victimes de restrictions diverses et voient l'avenir avec inquiétude ; prions pour celles et ceux qui ont des pouvoirs de décision dans ce domaine et demandons à Dieu qu'il nous rende plus généreux encore dans la solidarité avec nos semblables.

2. Pour celles et ceux qui on été récemment élus pour légiférer et gouverner ; que leur sens du bien commun de la société l'emporte sur les requêtes particulières et qu'ils aient la force de suivre les indications de leur conscience

3. Pour les familles ; que leur attente légitime d'un soutien de la société ne soit pas déçue ; que leurs membres se soutiennent avec fidélité et tendresse tout au long de leur existence, particulièrement dans les moments douloureux. Que l'engagement des époux l'un envers l'autre et envers leurs enfants soient un signe de la fidélité de l'amour.

4. Pour les enfants et les jeunes ; que tous nous aidions chacun à découvrir son propre chemin pour progresser vers le bonheur ; qu'ils cessent d'être les objets des désirs et des conflits des adultes pour bénéficier pleinement de l'amour d'un père et d'une mère.

Seigneur notre Dieu, nous te confions l'avenir de notre pays. Par l'intercession de Notre-Dame, accorde-nous le courage de faire les choix nécessaires à une meilleure qualité de vie pour tous et à l'épanouissement de notre jeunesse grâce à des familles fortes et fidèles. Par Jésus, le Christ, Notre Seigneur.